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D. — DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

11 serait très difficile, pour ne pas dire impossible, de donner la liste complète des points où le diamant est et surtout a été exploité au Brésil ; cette liste tiendrait plusieurs pages et d’ailleurs serait probablement toujours incomplète et sûrement inutile. Je me contenterai donc de donner ici les principaux centres d’exploitation. Autant qu’on peut le savoir par les dires des personnes qui les ont visités, ou par les mineurs eux mêmes dont les observations n’ont jamais eu de caractère scientifique, la plupart rentrent dans la catégorie des gisements d’alluvions, soit de rivières, soit de plateaux, et présentent, tant au point de vue de leur allure qu’à celui des minéraux associés, une très grande analogie, sinon même une similitude complète avec ceux que je viens de décrire ; je noterai au fur et à mesure les quelques différences, bien faibles et d’ailleurs souvent mal observées, par conséquent peu dignes d attention, qu’ils paraissent présenter avec les autres.

Le diamant a été trouvé au Brésil dans les provinces de Minas Geraes, Bahia, Goyaz, Mato Grosso, Parana et Saint-Paul, occupant ainsi une immense étendue comprise entre les 12“' et 26”' parallèles sud, et entre les 58“' et 58”' degrés de longitude ouest.

Dans ces trois dernières provinces il n’y a jamais eu que des exploitations sans importance, aujourd’hui probablement presque abandonnées et sur lesquelles on manque à peu près complètement de détails ; peut-être cependant faut-il noter celles de la rive droite du Guyabà, province de Mato Grosso (15°^ lat. S., 56“ long. 0. ‘), qui aurait donné naissance à la ville de Diamantino, aux sources mêmes du Paraguay.

1. Ces positions géographiques ne sont qu’approximatives et je les donne simplement po^ qu on puisse trouver les emplacements sur une carte détaillée, l.es longitudes sont compi a partir du méridien de Greenwich.

LE DIAMANT

Kluge cite notamment, comme centres principaux d’exploitation, le Rio Diaraantino, le Rio do Ouro, puis le Rio Santa Anna avec ses affluents, Rios dos Areios, S. Francisco de Paulo et S. Francisco-Xavier, ainsi que. le Rio Soumidoro, affluent du Rio dos Areios.

Dans la province de Goijaz, il n’y a guère eu également que des travailleurs isolés, ou faücadores ; l’exploitation paraît y avoir eu cependant un peu plus d’importance, notamment du côté du Rio Claro, à l’ouest de Goyaz (Ifl^lOflat. S., SO^SO' long. 0.).

Mais en somme, on peut dire qu’il n’y a eu d’exploitations véritablement importantes que dans les provinces de Minas Geraes et de Rahia, sur toute l’étendue desquelles on a cherché le diamant avec plus ou moins de succès, et où l'on en trouvera certainement do nouveaux gîtes encore inconnus aujourd’hui ; pour le moment, on peut citer six groupes ou centres, dont les quatre premiers sont situés dans la province de Minas, et les deux autres dans la province de Rallia (flg. 88).

1" Le premier et le plus important est celui de Diamantina (18° 10' lat. S., 45" 50' long. 0.), que je viens de décrire. Je rappelle qu’on y trouve le diamant sur un plateau bordé par la Serra do Espinhaço et dont dépend le gisement décrit de Sào Joâo, ainsi que dans un grand nombre des rivières qui en découlent et dont la plus célèbre, parce que c’est aussi la plus importante, est le fameux Jequitinhonha, formé par la réunion du Jequitinhonha do Campo et du Jequitinhonha doMato ou Rio dasPedras : il prend sa source dans les environs du Serro, et après avoir coulé du S.-O. au N.-E., va se jeter dans l’Atlantique par le 16“® degré environ de latitude australe ; il contient des diamants depuis sa source jusqu’aux environs de Mendanha. Ses affluents de droite, Rio Gapivary et Rio Manso, dont les sources ne sont pas placées sur le plateau de Diaraantina, n’ont jamais contenu beaucoup de diamants, mais ses affluents de gauche, Ribeirâo do Inferno, Rio Pinheiro, Rio Caéthé Mirim, sont beaucoup plus riches : les autres rivières dont le lit est diamantifère, quoiqu’à un moindre degré, sont le Rio Arassualiy, affluent important du Jequitinhonha et qui a un cours très long parallèle à lui vers le N.-E. avant de le rejoindre, puis, vers l’ouest, le Rio das Datas, le Rio do Ouro fino, le Rio Pardo Pequeno et le Rio de Parauna, affluents directs ou médiats du Rio das Vellias qui va se jeter dans le San Francisco, lesquels appartiennent par conséquent à un bassin complètement différent, mais descendent du même plateau.

La région diamantifère forme une vaste ellipse dont le grand axe, dirigé N--S., aurait environ 80 kilomètres de la ville du Serro au Caéthé Mirim, et 1 autre plus de 40 kilomètres depuis le Jequitinhonha jusqu’à une ligne parallèle au Rio das Velhas et passant au-dessous des villages de Parauna et de Datas.

A ce groupe peuvent se rattacher d’abord les dépôts du Jequitahy et de la Serra de Cabrai, situés au N.-O. de Diamantina, découverts dans ces dernières années et séparés des gisements précédents par une bande stérile ; puis une petite exploitation singulière, pratiquée dans le lit du Jequitinhonha même, à plus de 100 kilomètres en aval de Diamantina et en un point où la rivière est déjà devenue un grand fleuve. Les diamants que Fou rencontre à celte distance

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des sources sont naturellement fort petits, mais le cascalho diamantifère se trouve à la surface même du lit. Des plongeurs, sans appareil aucun, vont

rapidement remplir sous l’eau des sacs dont ils viennent laver le contenu s h surface. Peut-être pourrail-on, avec des dragues, donner une certaine extension à cette tentative.

Uô

Il faut signaler ici également la localité de Cocaës, à 12 lieues seulement au nord d’Ouro Preto et par conséquent beaucoup plus au sud des gisements précédents, comme ayant fourni un certain nombre de petits diamants et formant une tache assez remarquable au milieu de la zone aurifère de la province de Minas.

2° Le second groupe est celui de Grào Mogor, dont j’ai donné la description plus haut et où le diamant se trouve dans des conditions complètement différentes des précédentes, puisqu’on ne peut le considérer comme un gisement d’alluvion; il a fort peu d’importance au point de vue de la production.

5“ Le groupe de Bagagem, à l’ouest de la province (18“401at. S., 47“ long. 0.), a fourni de beaux diamants et notamment la fameuse Étoile du Sud, la plus grosse pierre trouvée au Brésil ; mais on manque sur lui de renseio-nemenis précis.

4“ Le groupe de YAbaélhé est situé entre Bagagem et Diamantina, vers 18“ 50' lat. S. et 45“4 d' long. 0. L’Abaéthé est un affluent direct du Rio San-Francisco.

Ces deux derniers districts sont situés de part et d’autre de la Serra daMata da Corda et comprennent ensemble une vaste étendue de terrain de 400 kilomètres de largeur sur oOO de longueur. De nombreuses rivières les traversent et vont confondre leurs eaux avec celles du San Francisco; ce sont le Bambuy, l’Indaià, le Borrachudo, l’Abaéthé, et le Paracatû avec ses grands affluents (rivières de Santo Antonio, d’Alrnas, do Sornno, de Catinga, de Prata), etc. Ils furent envahis en 1785 par une armée de garimpeiros, ou exploitants clandestins, qui furent bientôt suivis d’une expédition officielle d’exploration, à la suite de laquelle une exploitation régulière de 1200 travailleurs fut établie en 1791. Mais celte exploitation ne paraît pas avoir fait ses frais, et elle fut abandonnée en 1795, puis reprise en 1807 pour un an. Depuis ce temps-Ià, il n’y a guère là que des travailleurs isolés.

5“ Dans la province de Bahia, l’exploitation des diamants est beaucoup plus récente ; mais les renseignements qu’on possède sur leurs gisements dans cette province sont fort incomplets. F. dos Santos dit qu’on en avait trouvé dès 1754 à Minas Novas (Nossa Senhora de Bom Successo de Minas Novas do Fanado), qui appartenait alors à la province de Bahia, mais en fut distrait en 1757, pour être réuni au district diamantifère de Tijuco; ce n’est qu’en 1814 qu’un esclave, en gardant des troupeaux, découvrit le gisement aujourd’hui important de Cincora : un an après, il y avait déjà, dit-on, 25000 travailleurs sur les lieux; leur nombre a bien diminué depuis lors.

Ce groupe, dont Lençôes est le chef-lieu, est situé environ par 12“ lat. S. et ■41“ 50 long. O. On arrive à Lençôes en prenant à Bahia un bateau à vapeur qui mène à Cachoeira en quatre heures de navigation, dont deux dans la baie de fodos os Santos et deux dans le rio Paraguassii. Il y a de là 400 kilomètres environ jusqu’à Lençôes par un mauvais sentier de mulets.

On trouve dans le compte rendu du voyage d’Agassiz que, d’après le rapport (le Aicolay, les diamants de la région se présentent dans un lit de grès (?) qui tnt partie de la grande formation s’étendant sur toute la contrée jusqu’à laeobina, où les diamants furent découverts pour la première fois en 1755. Oc grès ressemblerait tout à fait à celui qui repose sur les argiles dans le bas-

sin du Jequilinhonha. Les sables diamantifères paraissent résulter de la désagrégation des grès de la Chapada (plateau élevé).

Sur le côté Est de la grande Cliapada est le district diamantifère, embrassant les sources du Paraguassii et de ritapicurii, formant une aire irrégulière de 150 milles de long du nord au sud.

La Chapada de Cincora se trouve à quelques lieues vers le sud-est de la Serra de Chapada propre. D’après Helmreichen et Tschudi, le caractère géologique est le même que celui de la Serra de Grâo Mogor. Enfin Castelnau rapporte qu’on trouve dans la rivière de Paraguassù des caldeiràes de vingt-cinq brasses de profondeur et une ou deux brasses de largeur.

Les principaux centres diamantifères paraissent être ceux de Yeneno, Anderahy, Santa Isabel, Palmeiros, Santo Antonio et Santo Ignacio.

6“ Enfin, le dernier groupe est celui de Salobro, découvert en 1881 (16“ 20 lat. S. ; 59" 30 long. 0.) ; il porte dans le commerce le nom de Canavieiras, petit port de mer situé à deux lieues de l’embouchure du Rio Pardo, et à deux jours de navigation de Bahia : c’est là qu’on aborde lorsqu’on se dirige vers le district diamantifère et deux journées de marche suffisent pour s’y rendre.

Ce gisement aurait, paraît-il, les caractères d’un gisement de plateau, car on y trouve le diamant dans un cascalho rougeâtre situé presque à fleur de sol ou à 50 centimètres de profondeur sous un terrain d’alluvion ; on l’y a rencontré également dans des gupiarras situées à flanc de coteau, sur les bords du Rio Salobro et du Rio Salobrinlio, affluents du Rio Pardo.

M. Gorceix, qui a étudié récemment ce cascalho dont on lui avait envoyé des échantillons, dit que les minéraux qui accompagnent le diamant- y sont bien moins abondants que dans tous les autres gisements de Diamantina, Bagagem, Abaétlié, etc., où l’argile est toujours en petite quantité tandis quelle est très abondante ici.

Il y a reconnu les espèces suivantes :

Quartz,

Silex (en très grande abondance)

Jlonazite,

Zircon,

Disthène,

Staurotide,

Après le quartz, c’est la monazite (phosphate de Ce, La, Th) qui domine. On n’y voit ni oxydes de titane (rutile, anatase, etc.), ni alumine ou acide tita* nique hydratés avec acide phosphorique, oxyde de cérium, etc., ni tourmaline, comme dans les gisements de Diamantina.

Le gisement de Salobro n’est pas éloigné de la longue chaîne de montagnes granitiques ou giieissiques qui constitue la Serra do Mar boi'dant les côtes du Brésil; M. Gorceix ne croit pas cependant qu’on puisse en conclure que sables de Salobro proviennent de la destruction de ces roches, car, à une distance relativement peu considérable, elles sont traversées par de nombreux filons de quartz et de pegmatite, très riches en pierres colorées telles que : cjuno-

Grenat almandin, Corindon,

Fer oxydulé.

Fer titané.

Pyrite martiale.

LE DIAMAÎiT.

phane, triphane, andalousite dichroïque, béryl, dont les débris ne se trouvent pas dans les graviers diamantifères.

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