TERRAINS ENCAISS.ANTS
La coupe géologique exacte du terrain encaissant n’est guère connue, cela va sans dire, que par les travaux d’approfoudissement de chaque mine, car les couches étant horizontales et la contrée à peu près plate, sauf les quelques éminences provenant des épanchements de roches éruptives, on ne pourrait utiliser comme indications que les bords plus ou moins escarpés du Vaal, de la. Hart ou de la Modder, qui se sont creusé un lit assez profond à travers la plaine : l’examen de ces bords a en effet fourni quelques renseignements, mais incomplets et insuffisants. Je vais par conséquent donner comme type la coupe de la mine de Kimberley, qui est la plus profonde de toutes et avec laquelle toutes les autrso auraient certainement une très grande analome.
A Kimberley, la série des terrains traversés de haut eu has est la suivante (fig. 90) :
1° Le red soz’Z ou formation de sable rouge contemporaine qui couvre la surface du sol sur une très grande étendue en Afrique, et qui provient de la décomposition de certaines diorilestrès grenues; ce sable, dans les tempêtes de vent si fréquentes dans le pays, est transporté à de grandes distances et couvre parfois le sol sur plusieurs pieds d’épaisseur. 11 y en avait deux à trois sur remplacement même de la mine, et la planche XI, représentant la raine de De Beer’s, en montre encore un lambeau ;
2“ Une éjpaisseur de 12 à 15 mètres de schistes gris-verdâtres d’abord, puis
LE DIAMANT
jaunâtres et grisâtres, à divers degrés de dureté, qui appartiennent à la partie supérieure de l’étage moyen triasique ei-dessus décrit;
5° Des schistes noirs analogues aux schistes houillers européens, et qui portent à Kimberley le nom de Black Sliale. Ces schistes, à lits très divisés, contiennent de minces couches de carbonate de chaux, des bancs argileux noirs avec nodules de carbonate de fer et même de petits fdets de charbon. C'est peut-être ce charbon qui a produit le grisou qu’on a quelquefois rencontré dans la mine : cependant le fait n’est pas certain, car on l’a également trouvé à un niveau inférieur, au contact du mélaphyre. Certains lits sont fortement imprégnés de pyrite qui se présente soit sous forme de mouches, soit sous forme de rognons concrétionnés, et prennent feu spontanément lorsque, par suite des éboulements dus à l’exploitation, l’air vient à pénétrer dans la masse par des fissures.
Ces schistes ont une épaisseur totale de 69 mètres, c’est-à-dire qu’ils forment actuellement plus de la moitié des parois de la mine.
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Fig. 90. — Coupe théorique de la mine de Kimberley.
4“ Au-dessous se présente une nappe de mélaphyre amygdaloïde, dont l’existence avait déjà été constatée par un puits de recherche, mais tenue absolument secrète en 1878, lorsque les travaux n’atteignaient pas encore ce niveau. La roche, ici comme partout, est dure, élastique, de couleur variable du vert au brun et au gris, à amandes très inégalement disséminées. Elle n’a pas présenté <ie phénomènes particuliers au conlact des schistes noirs.
Quelle est l’épaisseur de cehard rock, comme on l’appelle à Kimberley? C’est là une assez grosse question, mais dont il ne faut pas s’exagérer l’importance. Autrefois, lorsque le hard rock n’était pas encore découvert et que beaucoup pensaient que c’était le charbon des schistes encaissants qui avait fourni la hiatière nécessaire à la formation du diamant, on s’était figuré pour cette raison que le diamant ne se trouverait dans la cheminée qu'au niveau des schistes noirs, et on avait soigneusement caché l’existence du mélaphyre. Mais mainte-
nant qu’on sait mieux à quoi s’en tenir, on est sûr qu’une pareille éventualité n’est point à redouter : en revanche, on ne sait pas si la cessation du hard rock en profondeur n’amènera pas une variation soit en bien, soit en mal, dans la section de la colonne, et surtout si cette nappe mélaphyrique, légèrement inclinée puisqu’elle vient affleurer sur les bords du Yaal à quelques dizaines de kilomètres de là, ne forme pas une couche imperméable aux eaux sous-jacentes, qui jailliraient et se répandraient dans la mine dès qu’on serait venu à la percer.
Dans tous les cas, le hard rock a une épaisseur minima bien reconnue de 70 mètres : on dit même que c’est son épaisseur exacte, qu’on serait arrivé à sa base par un puits de recherche qui aurait rencontré de l’eau et qu’on aurait été forcé d’abandonner les travaux.
C’est tout ce que l’on sait de positif sur la composition des roches encaissantes ; les seules données que l’on ait sur les terrains sous-jacents proviennent d’abord de l’élude de la géologie générale de la contrée (mais on sait combien peu les renseignements fournis par des coupes observées à de grandes distances sont vérifiés quelquefois par les faits), puis des débris ou fragments de roches, entraînés et remontés par la matière éruptive elle-même qui les a arrachés aux parois sur son trajet. Mais ces fragments proviennent-ils des bords mêmes de la cheminée et n’ont-ils subi qu’un simple transport vertical, ou ont-ils été soumis à un transport horizontal plus ou moins long avant d’être remontés.'* c’est ce qu’il serait difficile de dire: On peut supposer cependant qu’il y a de grandes chances pour qu’ils donnent une idée assez nette des assises inférieures que les travaux auront successivement à traverser : je ferai connaître un peu plus loin les données que l’on possède sur ce point.
Telle est, en résumé et d’une façon générale, la coupe de la mine de Kimberley, et, on peut le dire aussi probablement, des trois autres, savoir Old de Beer’s, Du Toit’s Pan et Bultfontein, beaucoup moins étudiées à cause de leur moindre profondeur, ainsi que de leur moindre importance, au moins en ce qui concerne le passé; cependant il est intéressant de noter quelques particularités que j’ai omises pour n’envisager que les grandes lignes d’ensemble et sur lesquelles je vais revenir brièvement.
A Kimberley, les schistes clairs supérieurs ont été remplacés en certains points par un épanchement doléritique: M. draper en signale un autre de 60 centimètres à peine d’épaisseur, injecté à la partie inférieure des schistes noirs, au niveau de 85 métrés.
De plus, le contact peut ne pas être immédiat entre la paroi et la roche diamantifère, ce qui donne lieu soit à des poches de dimension assez considérable, tapissées de beaux cristaux de carbonate de chaux, soit à un remplissage formé par les débris de la roche et du terrain encaissant. Ony a trouvé, comme je l'ai dit, des gaz explosifs, chose très digne de remarque et sur laquelle j’aurai 1 occasion de revenir. La séparation entre ce remplissage et le minerai est toujours très nette d’après M. Moulle, et constitue un véritable contact géologique avec stries verticales qui prouve l’existence d’un glissement de la roche diamantifère, dû soit à un étirage, soit à une sorte de retrait.
A Old de Beer’s, une coulée doléritique qui se trouve à la partie .supérieure
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a pris un développement assez considérable sur la portion sud-sud-est et nordest, où elle atteint une épaisseur de 50 à 75 pieds. Elle forme un mur vertical plus ou moins sillonné de cannelures de même direction, et comme coupé à l’emporte-pièce.
A DuToit’s Pan, les schistes ont également cédé la place, en quelques points, à des matières cristallines éruptives, notamment au nord et au nord-ouest.
A Bultfontein au contraire, les parois semblent être complètement schisteuses : en revanche, du côté est, les schistes sont très tourmentés et font parfois un angle de 60° avec l’horizon, etc., etc.
Toutes ces observations pourraient être multipliées à l’infini et je ne donne ici que les principales.