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ÉPUISEMENT ET ENLÈVEMENT DU REEF

Comme accessoires, mais accessoires indispensables, de l’extraction, je dirai quelques mots de deux services importants, Vépuisement et l’enlèvement du reef.

On comprend que, dès les premiers temps, de graves difficultés ne tardèrent pas à naître sur ces deux points.

Les propriétaires les plus actifs et qui, pour cette raison, étaient en avance sur les autres et travaillaient au niveau le plus bas, recevaient toutes les eaux de la mine ; les propriétaires des daims qui se trouvaient en bordure recevaient toutes les chutes de reef, qui devinrent bientôt considérables. 11 est évident cependant qu’ils ne devaient pas être seuls à pâtir de ces inconvénients, et qu’il y avait là des servitudes que. la communauté devait prendre à sa charge. C’est ce qui se*fit en effet par les soins du mining board, je dirai plus loin à l’aide de quels règlements, ne m’occupant ici que du côté technique de la question.

l,'épuisement se. fait simplement à l’aide des tubs mêmes qui servent à l’extraction ou de tubs semblables : on recueille l’eau dans des puisards et elle est enlevée à l’aide des gears par quelques compagnies qui se sont chargées en quelque sorte de ce service à l’entreprise : il n’y a jamais eu de difficultés de ce chef, la quantité d’eau étant relativement très faible.

11 n’en est pas de même pour l'enlèvement du reef, qui a été et est encore la plus grosse difficulté que présente l’exploitation des mines et qui finirait par l’arrêter définitivement si l’on n’y appliquait un remède héroïque en rompant complètement avec les errements suivis.

Pendant les quelques années qui suivirent la découverte, la situation fut encore tenable et le mining board put faire marcher l’enlèvement du reef de pair avec le creusement de la mine ; mais pour maintenir aux parois de l’excavation le talus nécessaire pour qu’elles ne vinssent pas à s’ébouler dans le fond, talus qu’on avait primitivement fixé à 45“, j’ai déjà dit qu’il fallait enlever une quantité de reef croissant plus vite que le carré de la profondeur : on fut bientôt en retard, et l’approfondissement augmentant sans cesse, il se produisit des éboulements, faibles d’abord, puis de plus en plus considérables, auxquels il fallut absolument remédier.

«... Autrefois, lorsque les parois étaient presque verticales, dit M. Moulle, on avait de véritables chutes, le reef se détachant par masses et tombant au fond de la mine : ces chutes n’atteignaient jamais de fortes proportions, et dépassaient rarement 20 000 loads.

Depuis quelques années, par suite même de l’inclinaison des parois, qui atteint en certains endroits 40°, So” et même moins, il n’y a plus de chute à proprement parler, mais des glissements de masses immenses. Le reel descend généralement lentement, comme un véritable glacier, entraînant et broyant avec une force irrésistible tout ce qu’il rencontre sur son passage.

Certaines coulées ont dépassé dans leur ensemble 1 million de loads et se sont avancées bien au delà du centre de la mine. Elles arrachent alors le Mue ground laissé contre les parois de la cheminée, et viennent recouvrir les daims du bord de la mine, quelquefois sur une hauteur de près de 100 pieds. La première glissée s’arrête toujours quand le reef s’est avancé suffisamment loin pour que les parties inférieures de l’éboulement fassent obstacle à 1 avan-

LE DIAMANT

générales ou partielles. Chaque fois il faut enlever la matière, recréer de nouvelles plates-formes, couper des tranchées dans le reef éboulé pour ouvrir le passage aux tubs, faire un nouvel ancrage pour les câbles avec des sacs de terre, le sol ferme manquant, en un mot accomplir des travaux lents et coûteux, et pendant tout le temps que demande l’enlèvement du reef, le terrain diamantifère recouvert ne peut être travaillé (planche XIV).

Quelquefois deux ou trois descentes de reef peuvent coïncider, et alors la mine presque tout entière est recouverte et l’exploitation du minerai complètement arrêtée dans son ensemble. »

On voit par ces quelques lignes quelle est l’importance de la question, qu’on comprendra encore mieux si j’ajoute qu’à Kimberley, depuis l’origine jusqu’à la fin de 1882, il a été extrait environ 10 000 000 de loads de reef, soit environ 3 000 000 de mètres cubes : elle a été résolue d’abord par un procédé tout à fait analogue à celui qui est employé pour le minerai, je veux parler du procédé par passes et tunnels, rendu ici d’un emploi bien plus avantageux par la nature friable du reef éboulé, qui donne beaucoup plus de facilité à son abattage et le fait couler avec la plus grande facilité dans les cheminées au bas desquelles on le charge ; on le remonte ensuite à l’aide des gears.

Mais les deux compagnies les plus puissantes de Kimberley ont recours depuis quelques années à un système plus rationnel et plus économique d’extraction représenté par la fig. 99; voici en quoi il consiste : à une distance assez grande de la cavité pour être sûr de ne pas être inquiété, de longtemps tout au moins, par les éboulements, elles ont foncé un puits allant jusqu’au hard rock, puis, au contact du hard rock avec les schistes, un tunnel allant déboucher au jour dans la mine; des galeries de niveau partent de ce tunnel, à droite et à gauche, au contact du blue et de la roche encaissante. Si l’on imagine maintenant un système quelconque de passes venant aboutir à ce tunnel, on voit que l’on a là une installation permanente qui permet d’y établir des moyens de roulage et d’extraction plus perfectionnés et plus puissants, et qui réalise sur l’ancien système une amélioration considérable.

L’extraction du reef par un puits est arrivée à dépasser régulièrement 2200 loads par jour et a même atteint 2400 loads, soit plus de 1500 tonnes : c’est un chiffre considérable.

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