TAILLE, USAGES ET COMMERCE DU DIAMANT
Si l’on récapitule ce qui a été dit au sujet des divers gisements du globe, qui ont été étudiés en détail dans les chapitres 111, IV, V et VI, on verra que l’évaluation de leur production totale est impossible à faire d’une façon tant soit peu exacte.
Cependant, comme l’Afrique australe ne doit pas avoir produit moins de 6Ü00 Idl. depuis quinze ans ni le Brésil moins de 2500 kil. depuis 160 ans, il est permis de croire que cette production ne peut être estimée à moins de 12000 kil., soit un peu moins de quatre mètres cubes, dont la valeur, à cause de la qualité supérieure des diamants de l’Inde, est certainement comprise entre deux et trois milliards de francs.
Sauf une très pêtite proportion appliquée, dans ces dernières années principalement, aux usages industriels, en ce qui concerne les pierres de très mauvaise qualité et mieux encore le carbon, cette énorme valeur no représente qu’un objet de luxe et de parure ; en Orient, le diamant est et surtout était employé à orner les vêtements, les meubles, et même les chevaux ou les éléphants de parade, et dans les temples, les statues des divinités du pays : en Occident, il fut dans les premiers temps employé à la décoration des habits de cérémonie, des couronnes, coffrets, reliquaires, etc., et ce n’est que sous le règne de Charles VII que mis à la mode par Agnès Sorel, il aurait servi pour la première fois à la parure des femmes. Cette mode ne tarda pas, comme on le pense bien, à se développer : sous François F" elle avait déjà pris des proportions considérables et ce fut vainement que Charles IX et Henri IV essayèrent de mettre un frein à cette passion qui n’a fait qu’augmenter depuis lors.
De nos jours le diamant employé à la parure est taillé à facettes de diverses façons, de manière à renvoyer dans un grand nombre de directions les rayons réfléchis et réfractés de la lumière qui l’éclaire : mais il n’en a pas toujours été ainsi, et l’invention de la taille proprement dite n’a pas suivi de près, tant s en faut, la découverte de la pierre dont elle rehausse tant l’éclat.
ENCYCI.OPÉDtE CHIMIQUE.
i. TAILLE DU DIAMANT