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FORMES HÉMIÉDRIQüES

LTiémiédrie est une particularité propre à certains cristaux, qui, par suite d’un abaissement de symétrie de leur structure interne, peuvent présenter des formes simples dont le nombre de faces est seulement la moitié de celui que les mêmes formes simples présentent dans les cristaux holoédriques.

Le système cubique admet plusieurs modes d’hémiédrie : celui que beaucoup d’auteurs attribuent au diamant est celui qu’on désigne sous le nom d’antihémiédrie, ou hémiédrie tétraédrique. Dans ce mode d’hémiédrie, le cristal cesse d’avoir un centre et les faces ne possèdent plus de faces parallèles opposées.

Si l’on prend par exemple l’octaèdre, le prolongement des faces adjacentes donnera un tétraèdre, lequel peut être ou simple (fig. 28), ou tronqué par les faces du tétraèdre qui serait formé par le prolongement des autres faces de l’octaèdre et qu’on appelle pour cette raison le conjugué du précédent (fig. 29).

Fis- 29.

L’hémiédrie parfaite et bien déterminée est très rare dans le diamant, au

50 ESCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

moins pour les formes simples (on verra plus loin qu’elle est au contraire très fréquente dans les cristaux liémitropes) ; le tétraèdre pur, ou liémioctaèdre, n’existe pas dans la nature ; on peut, il est vrai, s’en procurer facilement par clivage, puisque le clivage du diamant est parallèle à a' et qu’on peut diriger l’opération de manière à rendre dominante n’importe quelle face : mais dans les rares cristaux bruts tétraédriques composés qu’on rencontre, le tétraèdre est toujours tronqué par son conjugué : Sadebeck prétend même qu’il n’a jamais été trouvé que deux cristaux franchement tétraédriques, le premier, qui forme un curieux groupement, signalé par Sartorius de Waltershausen et dont il sera question plus bas. le second, décrit par M. Weiss et provenant du

Cap, qui est limité d’une façon prédominante par les quatre faces du télraèdre, mais dont les coins sont biseautés par des faces d’iiémihex octaèdre et les arêtes par celles de l’hémitrioctaédre correspondant. La figure| 50 en donne la représentation théorique.

Fig. 32.

Toutefois, on trouve aussi des hémihexoctaèdres ou hexalétraèdres (Sadebeck, Glocker, Dana), soit à faces planes (fig. 31), soit surtout à faces convexes (lig. 32), ou des combinaisons de celui-ci avec le précédent (fig. 33, Dana); enfin, on aurait trouvé des hémitrioctaèdres ou tritélraèdres (Lapparent, fig. 34) ; mais ils paraissent fort rares, car Sadebeck en nie l’existence.

LE DIAMANT

Souvent l’un des axes ternaires s’allonge et devient prédominant dans un

Fig. 53. • Fig. 5i.

cristal ; on arrive alors à des formes qui ne paraissent plus rien avoir de la symétrie cubique et qui sont cependant extrêmement fréquentes dans les cristaux

On reconnaît d’ordinaire plus ou moins nettement, dans ces cristaux, des faces hexoctaédriques, se faisant opposition aux deux extrémités de l’un des axes

ternaires devenu prédominant, et reliées entre elles par une sorte de prisme à facettes triangulaires ou parallélogrammiques allongées dont l’ensemble, à cause de la différence de longueur des arêtes liexoctaédriques, forme souvent une série de chevrons sur le pourtour du cristal, à la manière de la figure 38. Les numéros 5 et 6 de la planche I représentent au naturel celte même forme, et on les appelle dans le commerce des cristaux deux •pointes, ainsi que je l’expliquerai plus loin en parlant de la taille.

C’est cette prédominance de l’un des axes ternaires et cette anomalie complète aux lois du système cubique qui, jointe aux phénomènes de biréfringence, pourraient faire supposer, ainsi que je l’ai déjà dit, que la véritable symétrie du diamant est la symétrie rhomboédrique.

J’ajouterai enfin que certains cristaux de l’Afrique du Sud présentent le phénomène de Vhémimorphisme, c’est-à-dire que des combinaisons bien développées à l’une des extrémités d’un axe de symétrie y font complètement défaut à l’autre.

La figure 58, reproduite d’après Sadebeck, montre celte coexistence, sur un seul et même individu, de formes holoédriques et héraiédriques ; à l’extrémité supérieure on peut voir en effet un octaèdre émarginé par les faces del’hexoctaèdre, tandis qu’à l’extrémité inférieure on ne trouve plus que les faces d’hexoctaèdre des octants alternants, c’est-à-dire celles de l’hexatétraèdre.

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