COMBINAISONS ANILIQUES DE L’ÉTAIN
L’étain donne deux composés aniliques qui ont été découverts et étudiés par M. Hugo Schiff: le stannosanile
C^lP'SnAz Az ' Sn
et le stannicanile
Ç 24 ll ls SnAz s = Az 2 H 2 ( Su
§ 259. — STANNOSANILE
Le chlorhydrate de stannosanile Az[(C 12 H 6 )HSnjHCI s’obtient en mélangeant
équivalents égaux de protochlorure d’étain et d’aniline» On observe une faible élévation de température, et, au bout de quelques heures, on obtient une masse cristalline, un peu soluble dans l’eau froide et dans l’alcool, mais que ces liquides décomposent à chaud. La combinaison sèche est inaltérable à l’air ; sous l’influence de la chaleur, elle fond sans se décomposer, et se prend par le refroidissement en une masse de petites aiguilles disposées en gerbes; quand on chauffe davantage, la masse se colore, et l’alcool en extrait des traces de chlorhydrate de rosaniline qui peuvent être attribuées à la formation d’une très faible quantité de bichlorure d’étain.
§ 260. — STANNICANILE
Le chlorhydrate de stannicanile Az*[(C 1, H 5 ) î H 3 Sn]HCl s’obtient en combinant î équivalents d’aniline avec 1 de bichlorure d'étain ; il se dégage une très grande quantité de chaleur, et, pour éviter des explosions, il faut maintenir dans un mélange réfrigérant le vase où se fait l’opération ; en prenant cette précaution, on obtient une masse cristalline parfaitement blanche, mais on y réussit difficilement.
Il est plus simple d’ajouter l’aniline goutte à goutte à une solution de bichlorure d’étain dans la benzine; on voit se déposer immédiatement une poudre blanche cristalline de chlorhydrate de stannicanile, insoluble dans la benzine. Il se dissout dans l’aniline, qui par évaporation le dépose en fines aiguilles, inaltérables à l’air ; l’eau le décompose et précipite du bioxyde d’étain hydraté.
Si l’on chauffé une petite quantité de chlorhydrate de stannicanile, on peut le fondre sans le décomposer; sur une masse un peu plus forte on observe une destruction accompagnée de la formation de plusieurs produits : des chlorhydrates d’ammoniaque, d’aniline et de rosaniline, de l’aniline libre, et du protochlorure d’étain. Le chlorhydrate de stannicanile, chauffé dans un courant d'acide carbonique bien sec et bien privé d’oxygène, donne naissance à de la fuchsine.
MÉTALLUUGIE DE L’ÉTAIN