ESSAI DES MINERAIS
Les minerais d’étain sont constitués par de l’acide stannique mélangé avec une certaine quantité de substances étrangères.
1° Le minerai, réduit en poudre impalpable, est additionné de 3 fois son poids de soufre et d’autant de carbonate de soude sec, puis le mélange, introduit dans un creuset de porcelaine, est chauffé, doucement d’abord, pour chasser l’excès de soufre, puis plus fort jusqu’à ce que la matière soit en fusion. On traite le creuset refroidi par de l’eau qui désagrège son contenu, on filtre pour séparer les sulfures insolubles, et la liqueur claire, qui renferme tout l’étain à l’état de sulfostannate, est sursaturée par de l’acide chlorhydrique étendu. Le bisulfure d’élain se précipite avec un peu de sulfure d’arsenic, on le sèche et on le grille ; l’arsenic se volatilise, et l’étain reste sous la forme de bioxyde qu’il n’y a plus qu’à peser.
2° On traite par l’eau régale 5 grammes de minerai finement pulvérisé, puis on calcine le résidu avpc du charbon, et la masse réduite en poudre est reprise par de l’acide chlorhydrique qui dissout tout l’étain. Cette liqueur, dans laquelle on plonge une lame de zinc, y dépose tout son étain sous la forme d’une
matière grise, spongieuse, qui s’en détache facilement ; après l’avoir bien lavée on la fond sous une couche d’acide stéarique, et on pèse le bouton d’étain ainsi obtenu. On peut aussi fondre l’étain réduit, avec du cyanure de potassium.
La précipitation de l’étain par le zinc se fait rapidement, et peut s’effectuer dans une solution encore fortement acide ; on obtient, suivant le degré de concentration de la liqueur, des aiguilles brillantes, des écailles unies ou à bords dentelés, des feuilles de fougère, enfin une mousse ou un dépôt boueux qui, traversé par les bulles d’hydrogène, a tout à fait l’aspect d’une éponge grise ; ce dernier état, qui correspond à une dissolution très étendue d’étain, caractérise toujours la fin d’une précipitation. 11 est bon de prendre le zinc sous la forme d’un bouton suspendu par un fil de cuivre au sein du liquide; l’étaiu se précipite sur lui en formant une enveloppe non adhérente, de laquelle on sépare très aisément le zinc retenant à sa surface les impuretés correspondantes à la partie dissoute ; cet étain lavé, puis comprimé, est fondu sous une couche d’acide stéarique.
Cette méthode d’essai est applicable aux minerais les plus divers ; les roches encaissantes qui font partie des gangues ( granit, porphyre, schistes, etc.), les minéraux pierreux ( quartz, feldspath, tourmaline, micas, fluorine, chlorite ), les minéraux métalliques (pyritede fer, mispickel, cuivre pyrileux, cuivre sulfuré, blende, oxyde de fer, wolfram), ne s’opposent pas à sou application.
3" Le minerai finement pulvérisé est traité par l’eau régale, puis desséché, enfin on calcine avec un mélange de charbon et de cyanure de potassium. On obtient immédiatement ainsi un culot d’étain métallique que l’on pèse.