‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 125 sur 233 · PRÉPARATION DES MINERAIS · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES MINERAIS

Le bioxyde d’étain naturel ( cassitérite) a une densité comprise entre 6,8 et 7. Mais il est accompagné d’un certain nombre de minéraux qu’il faut avant tout éliminer. Ce sont les pyrites de fer (densité 5,0), les pyrites de cuivre (densité 4,8), Yarsêniure de fer (densité 6), les cuivres gris ou sulfoarstnites et sulfoantimonites de fer, zinc, cuivre et argent (densité 5,5), le tvolfra n, le sulfure de molybdène, la galène, la blende, l’oxyde magnétique de fer; qi ant à la gangue, elle est formée principalement de quartz, sable, spath flu i r et mica.

Lavage du minerai. — On commence par trier et bocarder les minerais, puis on les soumet au lavage sur des tables, pour séparer les gangues pierreuses qui les accompagnent. Ce lavage se fait ou bien sur des tables dormantes, ou bien sur de* i. des tournantes; on emploie surtout à cet effet en Angleterre une table de forme particulière, le rund-buddle. C’est une sorte de table dormante circulaire, à surface conique; le minerai et l’eau arrivent au sommet du cône, et la forme conique, diminuant la vitesse de l’eau à mesure qu’on s’éloigne du sommet, facilite le dépôt des minerais par ordre de densité ; la surface conique est constamment balayée par une toile ou par des balais qui la touchent suivant une génératrice, et qui reçoivent un mouvement de rotaiion

m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

autour de l’axe du côue. On donne parfois à cet appareil des dimensions énormes, ce qui permet de laver des quantités considérables de minerais, mais leur classement est complexe et assez défectueux, et il ne présente pas la netteté de celui que fournissent les tables tournantes.

Les minerais d’alluvions soigneusement lavés acquièrent une richesse suffisante pour être immédiatement soumis à la réduction; ceux qui contiennent \/i pour 100 d’oxyde, peuvent être amenés à renfermer après lavage jusqu’à 50 pour 100 d’étain.

Lavage c< grillage combinés. — Il n’en est pas de même des minerais de filons auxquels on doit enlever d’abord autant que possible le fer, le soufre et l’arsenic. Pour cela faire, les minerais au sortir de la table sont soumis à un grillage soigné dans des fours à réverbère; les pyrites cuivreuses, ferrugineuses et arsenicales sont décomposées, et l’on recueille l’arsenic sous la forme d’acide arsénieux dans des chambres de condensation interposées entre le four de grillage et sa cheminée. Le grillage dure environ sept heures, après lesquelles on soumet le minerai grillé à un nouveau lavage sur les tables ; celui-ci a pour effet de séparer les matières altérées par le grillage, et l’oxyde de fer pulvérulent, qui sont devenus plus légers. Il arrive cependant que le minerai bien lavé renferme encore souvent, surtout dans ses parties les plus fines, de l’oxyde de fer magnétique sous la forme d’une poudre brune presque aussi lourde que le minerai ; mais, si l’on a à sa disposition de l’acide chlorhydrique, on peut se débarrasser à peu de frais de cet oxyde, en évitant les grillages et lavages répétés qui sont toujours longs et dispendieux. Pour cela on chauffe le minerai d’étain dans un four, et on le jette tout chaud dans un réservoir en pierre siliceuse contenant de l’acide chlorhydrique concentré, jusqu'à ce que le tout arrive à l’ébullition ; on couvre alors les réservoirs et on laisse digérer pendant douze heures ; l’acide chlorhydrique dissout une grande partie de l’oxyde de fer, et ce qui reste, devenu plus volumineux et plus léger, est facilement séparé par un lavage mécanique.

Séparation a» wolfram. — Les minerais de Saxe, de Bohême et de Cornouailles renferment des quantités notables de wolfram ; après les avoir lavés et grillés comme on vient de le dire, on les étend en couches sur la sole d’un four à réverbère, puis, quand le minerai est au rouge vif, on y jette 10 pour 100 de son poids de carbonate de soude ; on brasse bien et l’on maintient le mélange au rouge pendant trois ou quatre heures. Le minerai d’étain n’est pas attaqué, mais le wolfram donne naissance à du tungstate de soude, que l’on extrait en traitant la matière refroidie par de l’eau bouillante.

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