‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 142 sur 233 · PURIFICATION DE L’ANTIMOINE · texte numérisé non relu

PURIFICATION DE L’ANTIMOINE

L’antimoine obtenu par les méthodes précédentes est en général très impur. Les méthodes de purification diffèrent suivant les impuretés contenues dans le métal.

I. Nous indiquerons d’abord comment on peut débarrasser l’antimoine métallique de l’arsenic seulement, puis comment on le purifie complètement :

1° Supposons que l’on veuille enlever l’arsenic, ce qui peut avoir une grande importance quand l’antimoine doit servir aux préparations pharmaceutiques.

On mélange 4 parties d’antimoine pulvérisé avec 5 parties de nitre et 2 parties de carbonate de potasse sec, l’on chauffe le tout au rouge.

La masse brûle lentement ; la combustion achevée, on tasse la matière et on chauffe plus fortement pendant une demi-heure jusqu’à ce qu’elle devienne pâteuse, sans fondre cependant. La matière est retirée du creuset quand elle est encore à l’état pâteux, puis pulvérisée et bouillie avec de l’eau. On lave d’abord par décantation, ensuite sur un filtre. La poudre blanche qui reste est de l’antimoniate de polasse; l’arséniate de potasse formé en même temps étant soluble, reste dans les eaux de lavage.

L’antimoniale ainsi obtenu est fondu avec 1/2 partie de son poids de bitartrate de potasse. Le culot métallique qu’on obtient ainsi est pulvérisé, puis bouilli avec de l’eau pour le débarrasser du potassium qu’il renferme toujours. Si l’antimoine contenait du plomb, il se retrouverait à l’état d’antimoniate de plomb colorant en jaune le sel de potasse.

Celte, méthode est bonne pour enlever totalement l’arsenic, mais trop coûteuse et inapplicable en grand, à cause de la difficulté qu’on éprouve à laver convenablement l’antimoniate de potasse. Il reste même dans l’antimoine, ainsi préparé, du fer, du cuivre, et même du potassium (Wohler, Gôttling).

2° On fond l'antimoine grossièrement pulvérisé successivement : 1° avec la moitié de son poids de carbonate de potasse ; 2® avec le quart de son poids de salpêtre; 3“ avec le tiers de son poids d’acide antimonique, et enfin 4® avec un tiers de son poids de carbonate de polasse. On a ainsi un culot d’antimoine métallique débarrassé d’arsenic (Martius).

3° Si l’antimoine contient beaucoup d’arsenic, on fond 32 parties du métal avec 4 parties de salpêtre ; la scorie contient beaucoup d’arséniale de potasse. On fond 30 parties du métal ainsi obtenu avec 3 parties de nitre; puis une troisième fois 27 parties de métal avec 2 parties de salpêtre. L’antimoine ainsi obtenu est exempt d’arsenic.

On emploie de préférence le nitre, parce que, par fusion, il enlève plus facilement l’arsenic que le carbonate de potasse (Buchner).

4° On peut aussi chauffer 1 partie d’antimoine finement pulvérisé avec la moitié de son poids d’acide sulfurique concentré dans une capsule de porcelaine, en remuant constamment et aussi longtemps qu’il se dégage de l’acide sulfureux. On ajoute ensuite de l’eau, par petites portions, jusqu’à ce qu’on ait précipité tout l’antimoine à l’état de sulfate basique. Ce précipité est mélangé dans une capsule d’antimoine avec de 0,2 à 0,4 de son poids de fluorure de calcium bien pulvérisé et de 0,4 à 0,8 parties d’acide sulfurique; on chauffe, en remuant constamment, aussi longtemps qu’il se dégage de l’acide fluorhydrique et du fluorure d’arsenic.

Le dépôt est lavé alors par décantation jusqu’à ce que l’eau n’ait plus de réaction acide. Le sulfate basique d’antimoine restant est réduit par sa fusion dans un creuset fermé, avec 1/2 partie de bitartrate de potasse. Si l’on prenait une capsule de plomb, les sels d’antimoine et d’arsenic seraient réduits en partie, et l’antimoine ne serait pas exempt d’arsenic (Duflos, Buchner et Herberger).

5° D’après Liebig, on purifie économiquement l’antimoine de la façon sui-

ANTIMOINE

vante : On fond dans un creuset de Hesse 16 parties d’antimoine métallique, avec 1 partie de sulfure, 2 parties de carbonate de soude sec, et l’on chauffe pendant une heure. On casse ensuite le creuset et l’on sépare soigneusement le culot de la scorie ; on fond ce culot avec une fois et demie son poids de carbonate de sonde sec et l’on chauffe encore pendant une heure. On répète une troisième fois cette opération en n’employant plus qu’une partie de carbonate. Lorsqu’on fait la troisième fusion, il est bon d’ajouter de temps en temps un peu de nitre (Schiel).

Suivant Bensch, l’arsenic n’est enlevé par ces fusions répétées que si l'antimoine renferme du fer, ce qu’on reconnaît à la couleur noire de la scorie, et c’est pour cela qu’il conseille d’ajouterO,02 de sulfure de fer avant la troisième fusion.

6° La méthode de Wôhler, modifiée par Mayer, consiste à mélanger intimement, puis à fondre ensemble 1 partie d’antimoine arsenical, mais exempt de plomb, de cuivre et de fer, avec 11/4 partie d’azotate et 1/2 partie de carbonate de soude.

On obtient ainsi un mélange d’arséniate et d’antinaoniate de soude. La masse pulvérisée est débarrassée par lavage de l’arséniate de soude. L’antimoniate restant est séché, puis réduit par fusion avec la moitié de son poids de bitartrate de potasse.

IL D’après Liebig, on débarrasse l’antimoine métallique de tous les métaux qu’il peut renfermer (à l’exception du plomb) en opérant de la façon suivante : On fond 16 parties d’antimoine grossièrement pulvérisé avec une partie de sulfure d’antimoine et 2 parties de carbonate de soude; la fusion est maintenue pendant une heure en évitant avec le plus grand soin de faire tomber dans le creuset des parcelles de charbon. Le culot d’antimoine qui se trouve au fond du creuset est séparé avec soin de la scorie, pulvérisé une deuxième fois, puis fondu avec 1 1/2 partie de carbonate de soude. On renouvelle cette opération une troisième fois, mais en n’employant plus que 1 partie de carbonate de soude.

Dans la première fusion, le sulfure d’antimoine a cédé son soufre aux métaux contenus dans l’antimoine, et ces sulfures métalliques, se combinant au sulfure de sodium, forment alors la scorie.

Le carbonate de soude en excès sert à enlever l’arsenic.

Toutes ces méthodes de purification de l’antimoine sont très imparfaites.

Pour obtenir l’antimoine bien pur, il faut réduire par le charbon de l’oxyde d’antimoine pur, en évitant de mettre, comme fondant, un carbonate alcalin qui cède toujours du métal à l’antimoine.

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