PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
L’antimoine à froid n’est pas attaqué par l’oxygène sec, il conserve son éclat dans l’eau et dans les solutions alcalines.
Projeté dans l’air à l’état fondu, l’antimoine s’oxyde et brûle avec un .grand éclat en répandant d’épaisses fumées d’oxyde d’antimoine. C’est une des plus brillantes expériences que l’on puisse faire relativement à la combustion des métaux.
Le soufre chauffé avec de l’antimoine le transforme en trisulfure SbS : ‘. La combinaison a lieu à froid lorsqu’on fait intervenir une pression de GOUÜ atmosphères (Spring).
Ce dernier résultat a été contesté.
Le chlore, le brome, l’iode attaquent l’antimoine très facilement. Ce métal projeté en poudre fine dans le chlore y brûle avec production de fumées blanches, qui sont un mélange de proto et perchlornres d’antimoine.
Le phosphore fondu avec l’antimoine s’y combine eu donnant un alliage blanchâtre, qui, chauffé légèrement, brûle à l’air avec une flamme verte.
L’eau n’agit pas sur l’antimoine à la température ordinaire, elle est décomposée cependant, quand on la fait passer ea vapeur sur de l’antimoine chauffé au rouge blanc (Régnault).
L’acide azotique, à froid comme à chaud, attaque l’antimoine.
Le produit résultant varie suivant la température et la concentration de l’acide; il est, en général, un mélange d’antimoniate d’oxyde d’antimoine (SbO*) et d’acide antimouique SbO 5 .
L’acide sulfurique concentré n’attaque pas l'antimoine à froid; à chaud, il doime uu sulfate, en dégageant de l’acide sulfureux. Une solution d’acide sulfureux chauffée à 200 degrés, en tube scellé avec de l’antimoine métallique, donne du sulfure cristallisé (Geitner).
L’acide chlorhydrique étendu ou concentré attaque, mais très faiblement, l’antimoine cristallisé. L’attaque n’est plus négligeable quand le métal est finement divisé comme celui que l’on obtient par la précipitaliou d’un de ses sels
par le zinc ou le fer. D’après Gmelin, à l’ébullition avec l’acide chlorhydrique concentré il ne se dégage pas d’hydrogène.
L’eau régale dissout très facilement l’antimoine en donnant un mélange de proto et perchlorures.
Les alcalis n’attaquent pas l’antimoine ; mais, s’il est très divisé, il peut se dissoudre dans les polysulfures alcalins en donnant des sulfantimoniates.
Le mélange de chlorate de potasse et d’antimoine chauffé ou frappé fortement détonne.