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Î ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

forme de petites masses demi-globulaires ou d’amas hémisphériques, à structure rayonnée, d’une couleur orange ou rouge-brique. Ces amas décrépitent quand on les chauffe et se transforment en une multitude d’aiguilles soyeuses. La densité de ce minéral est 6,36. Sa dureté varie de 2 à 3, et il se laisse facilement réduire en une poudre jaune.

§ 65. — URANATES DE PLOMB

Urnnntc acide (2 U*0 3 ,PbO). — Wertheim l’a obtenu en faisant bouillir une dissolution d’acétate d’uranyle avec du carbonate de plomb récemment précipité jusqu’à l’apparition d’un dépôt jaune rouge; celui-ci, bouilli avec une solution d’acétate d’uranyle pour le débarrasser du carbonate de plomb en excès, constitue une matière qui, séchée et calcinée, est brun rougeâtre, et qui redevient jaune rouge au bout de quelque temps; elle se dissout difficilement dans l'acide acétique. Quand on la chauffe dans un courant d’hydrogêne, il reste un mélange pyrophorique de plomb métallique et de protoxyde d’uranium.

tiranate neutre (U 2 0 3 ,Pb0). — On précipite par l’ammoniaque caustique un mélange de nitrates d’uranyle et de plomb dissous ; le précipité lavé est séché, puis chauffé au rouge. On l’obtient encore en calcinant l’oxalate double d’uranyle et de plomb. C’est une poudre brun-cannelle, entièrement soluble dans l’acide chlorhydrique.

Urnnate basique (2 U*0 8 ,3 PbO). —L’oxyde vert d’uranium est attaqué à chaud par le chlorate de plomb, comme il l’est par les chlorates alcalins et al calino-lerreux, et il se forme une poudre rouge orangé qui reste empâtée dans du chlorure de plomb fondu. On désagrège cette masse compacte en la fondant avec du chlorure de potassium, puis on traite par l’eau bouillante qui dissout les chlorures ; le résidu est lavé successivement avec de l’acétate neutre de plomb, de l’eau sucrée et de l’eau pure pour enlever l’oxyde de plomb qui pourrait s’y trouver mélangé ; enfin on le sèche.

L’uranate ainsi obtenu présente la formule2U J 0 3 ,3Pb0; c’est une poudre jaune orangé, entièrement soluble dans l’acide azotique étendu. Il fond au rouge vif en un liquide brun foncé qui se prend par refroidissement en une masse brune à cassure rayonnée.

5 66. — URANATE D’ARGENT

Il se précipite sous la forme d’une poudre rouge, quand on fait bouillir une dissolution d’acétate double d’uranyle et d’argent.

On l’obtient aussi en faisant digérer de l’oxyde d’argent hydraté avec de l’azotate d’uranyle.

§ 67. — URANATES DE PROTOXYDE D’URANIUM

Urnnate neutre OU oxyde vert d'urniiinin (U 2 0 3 ,U0 = U 3 0*). — On obtient facilement cet uranate en soumettant l’uranium, ou l’un quelconque de ses oxydes, à l’action de l’oxygène à la température du rouge sombre ; il se produit encore lorsqu’on chauffe du protoxyde d’uranium dans un courant de vapeur d’eau.

L’oxyde vert d’uranium ainsi préparé est d’une couleur olive foncée et d’un aspect velouté ; sa densité varie de 7,10 à 7,35 ; chauffé dans un courant d’hydrogène, ou bien avec du sodium ou du charbon, il se transforme en protoxyde. Les acides chlorhydrique et sulfurique étendus l’attaquent à peine, mais ils le dissolvent aisément quand ils sont concentrés. L’acide azotique l’oxyde et le transforme en azotate d’uranyle.

Fortement calciné, l’oxyde vert d’uranium se décompose et se transforme en un autre uranate U 2 0 3 ,2U0 =U‘0 5 en perdant de l’oxygène, mais quand cet uranate (oxydenoir) arrive en se refroidissant à la température du rouge sombre, il absorbe de l’oxygène et se transforme, au moins partiellement, en oxyde olive U 3 0* ; le passage de l’un à l’autre de ces corps est tellement facile, qu’il est à peu près impossible d’obtenir l’un d’eux sans qu’il contienne une petite quantité de l’autre.

Oxyde vert hydraté. — L’oxyde vert d’uranium dissous dans l’acide chlorhydrique ou dans l’acide sulfurique concentrés, donne une liqueur, qui étendue d’eau est colorée en vert foncé; en ajoutant alors de l’ammoniaque, l’oxyde vert se précipite en flocons hydratés et bruns, et ceux-ci, lavés et séchés à 100 degrés, conservent une notable quantité d’eau, qu’ils'ne perdent qu’à une température plus haute, et en devenant verts. L’hydrate récemment précipité se dissout avec une grande facilité dans les acides étendus, mais si on le lave dans l’eau pendant quelques heures, ou si on le chauffe au sein de l’eau, il s’agglomère en une poudre lourde bien moins volumineuse que les flocons primitifs, et que les acides n’attaquent qu’avec quelque difficulté.

Nous avons vu (§ 9) qu’une solution d’oxalate d’uranyle exposée à la lumière solaire se trouble, et dépose d’abord une matière floconneuse brun violacé, qui finit par se transformer en hydrate jaune de sesquioxyde d’uranium. Le produit violacé est un hydrate d’oxyde vert ; lavé à l’eau bouillante, puis séché dans le vide sur un corps chaud, on obtient une matière noire très cohérente, à cassure conchoïdale et éclatante, qui ressemble beaucoup à certaines variétés de pechblende ; sa poussière est noire. Chauffée dans un courant d’azote, cette matière se contracte légèrement sans changer d’aspect, mais sa poussière devient verte.

L’oxyde vert est, comme le protoxyde, capable de précipiter l’argent de ses dissolutions, mais bien plus lentement que le protoxyde ; il serait aussi tout à fait impossible de distinguer dans cette réaction les deux phases que nous avons

reconnues (§ 9) dans l’action du protoxyde d'uranium sur une solution de nitrate d’argent.

L’oxyde vert d’uranium doit être envisagé comme un oxyde salin, c’est-à-dire comme un uranate de protoxyde d'uranium; si par exemple on le dissout dans de l’acide sulfurique, et si à la liqueur vert foncé que l’on obtient ainsi on ajoute de l’alcool, il se précipite du sulfate de protoxyde d’uranium, tandis qu’il reste dans la liqueur du sulfate d’uranyle. La dissolution d’oxyde vert dans l’acide sulfurique concentré en excès donne, quand on la chaude, du sulfate d’uranyle et un dégagement d’acide sulfureux.

La dissolution dans l’acide chlorhydrique, additionnée d’alcool, se comporte comme la solution sulfurique ; enfin le carbonate d’ammoniaque, en agissant sur l’hydrate d’oxyde vert, donne un dépôt de protoxyde, et l’on trouve du carbonate double d’uranyle et d’ammoniaque dans la liqueur.

Pechblende ou pechurane, uranpecherz (pierre de poix). —C’est le plus abonantd des minerais d’uranium, et c’est une substance fort complexe que l’on regarde comme de l’oxyde vert impur. La pechblende se rencontre à Joachimslhal et à Przibraun (Bohême), à Schneeberg (Saxe), Rezbanya (Hongrie) avec des minerais de plomb et d’argent. On en trouve également près d’Andrinople et à Redruth dans le Comwall.

L’oxyde vert d’uranium constitue la partie dominante de la pechblende, mais on y trouve en petite quantité un grand nombre de substances étrangères ; celle de Joachimslhal, par exemple, renferme, avec 40 centièmes environ d’oxyde vert d’uranium, de Y arsenic , du soufre, du molybdène avec un peu de vanadium, du tungstène, de la silice, et des oxydes de fer, manganèse, aluminium, cobalt, nickel, cuivre, bismuth,plomb, argent, magnésium et calcium; Rammelsberg a trouvé dans un échantillon aussi pur que possible et préalablement lavé avec de l’acide chlorhydrique étendu pour le débarrasser des carbonates erreux :

Oxyde vert d’uranium. 79,148

Silice. 5,301

Plomb. 6,204

Fer. 3,083

Chaux. 2,808

Magnésie. 0,457

Arsenic. 1,126

Bismuth et cuivre. 0,618

Eau. . 0,363

Perte. 0,913

Ebelmen a trouvé pour la composition d’un échantillon provenant des mines de Joachimslhal, et trié avec le plus grand soin :

L’DRANIüM et ses composés.

Oxyde noir d’uranium. 75,23

Sulfure de plomb. 4,82

Silice. 3,48

Chaux. 5,24

Magnésie. 2,07

Soude. 0,25

Protoxyde de fer. 3,10

Protoxyde de manganèse:. 0,82

Acide carbonique. 3,32

Eau. 1,85

La pechblende se présente très rarement en cristaux, appartenant au ystème cubique; le plus souvent elle est en masses compactes, dont la structure est parfois lamelleuse ; elle est opaque, d’un éclat gras, quelquefois faiblement métallique.

Sa couleur mal définie est un noir verdâtre, grisâtre ou brunâtre, et elle présente souvent des enduits jaunes ou verts (sulfate, § 26, carbonate, § 36) ; sa cassure est conchoïdale.

Sa densité varie de 6,4 à 8 ; sa dureté est 5,5 ; la poussière conserve la couleur du minéral, quoique un peu plus claire.

La pechblende est infusible au chalumeau, ou fond à peine sur les bords ; elle est attaquée facilement par l’acide nitrique en donnant du nitrate d’uranyle et un résidu de matières insolubles.

Gummite. — La gummite tire son nom de son aspect semblable à celui de de la gomme, c’est une variété de pechblende qui retient environ 15 pour 100 d’eau, et en outre un peu d’acide phosphorique ; la coracite est un mélange de pechblende et de gummite.

Vrauatc basique, OU oxyde noir d’nranliim (IP0 3 ,2 U0=U 4 O 6 ). — Oll le prépare en calcinant fortement au contact de l’air, de l’azotate d’uranyle, de l’uranate d’ammoniaque, ou un oxyde quelconque d’uranium ; nous l’avons vu se former cristallisé, mais mélangé de protoxyde, quand on attaque l’oxyde vert par des chlorures en fusion (§ 51). L’oxyde noir d’uranium est indécomposable par la chaleur, mais en se refroidissant il absorbe de l’oxygène et se transforme en oxyde vert ; l’hydrogène au rouge le ramène à l’état de protoxyde. C’est encore un oxyde salin qui au contact des acides concentrés donne un mélange de sels d’uranyle et de protoxyde d’uranium.

OXYDES INTERMÉDIAIRES D'URANIUM

Ce sont les oxydes salins, que nous venons de décrire en les considérant comme des uranates de protoxyde d’uranium:

L’oxyde vert U 3 0* = U*0 3 ,[JO L’oxyde noir U*0 5 = U*0 3 ,2[i0,

PEROXYDES D'URANIUM

§ 68. — ACIDE UIUNIQtE

Il se produit, d’après Guyard, quand on fait agir sur une dissolution de nitrate d’argent un uranate alcalin, ou de l’hydrate de sesquioxyde d’uranium ; dès qu’on chauffe, le sesquioxyde s’oxyde aux dépens de l’acide azotique du nitrate d’argent, et donne de l’acide urauique, qui se combine à une portion de l’oxyde d’argent. On obtient alors une poudre cristalline noire, brillante, qui, d’après l’auteur, est constituée par de l’uranate d’argent 2(U 2 0 5 ),Ag0 (1) ; la réaction qui lui donne naissance serait la suivante :

2 (U s 0 3 ),K0 + 2(AgO,AzO s )=2 (U s 0 5 ),AgO + KOAzO 3 + AgO.AzO 3 .

Si au contraire on fait agir de l’oxyde d’argent récemment précipité sur une dissolution d’azotate d’uranyle, on n’obtient que de l’uranate d’argent 2 (U 2 ü 3 ),AgO, sous la forme d’un précipité insoluble, d’un beau rouge orangé.

§ 69. — ACIDE HYPERURAN1QÜE

Quand on mélange de l'acétate ou du nitrate d’uranyle avec de l’eau oxygénée pure, il se forme un précipité blanc ou jaunâtre qui, lavé à l’eau et séché à 100 degrés, présente la formule U0 2 ,2 HO, mais que l’on doit envisager non pas comme du bioxyde d’uranium, mais bien comme un sel d’uranyle dont l’acide serait un acide hyperuranique UO 3 : le précipité contiendrait alors U0 3 ,(U S 0 S )0,2II0. Si en effet on le traite par un alcali, il se décompose, donne un dépôt insoluble d’hydrate de sesquioxyde d’uranium, et en même temps il se forme un sel d’acide hyperuranique.

Si par exemple à une solution d’hydrate de sesquioxyde d’uranium dans de la soude on ajoute de l’eau oxygénée, puis de l’alcool, on voit apparaître un précipité formé de petites aiguilles jaune d’or qui contiennent U0 3 ,Na0,2 IIÜ. On obtient le même composé en versant de la soude concentrée dans un mélange de nitrate d’uranyle et d’eau oxygénée en excès, jusqu’à ce que le précipité formé d’abord se soit redissous; en ajoutant alors de l’alcool l’hyperuranate de soude se précipite à l’état cristallin.

L’hyperuranate de potasse s’obtient de même, mais il est bien moins stable que le sel de soude.

L’hyperuranale d’ammoniaque se dépose sous la forme d’un précipité jaune orangé, quand on ajoute de l’alcool à un mélange d’azotate d’uranyle, d’eau oxygénée et d’ammoniaque (Fairley).

(1) Si l’acide uranique U ! 0 5 existe, le nom d ’uraniates sera réservé à ses sels ; les combinaisons du sesquioxyde U’O’ avec les bases, deviendraient dans ce cas des uranites.

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