‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 69 sur 233 · HYDRATE DE PROTOXYDE D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

HYDRATE DE PROTOXYDE D’ÉTAIN

Le protoxyde d’étain hydraté se produit quand on ajoute à une solution de protochlorure d’étain, ou d’un sel quelconque de protoxyde, de la potasse, de la soude, ou un carbonate alcalin ; c’est un précipité blanc qui se rassemble avec facilité, et qu’on peut laver aisément par décantation tant que la liqueur renferme une certaine proportion de sel marin ou de chlorure de potassium. Il n’en est pas de même lorsque le lavage devient plus complet, l’hydrate reste très longtemps en suspension dans la liqueur qui, même après plusieurs jours de repos, demeure trouble et laiteuse ; l’emploi d’un filtre est incommode pour le lavage de l’hydrate, qui s’y colle et en bouche les pores à la façon des matières gélatineuses.

L’hydrate de protoxyde d’étain pur est parfaitement blanc et très altérable, même si on le conserve sous une couche d’eau ; au bout de quelques mois il se transforme, on le voit se colorer en quelques points, les taches s’accroissent peu ii peu et finalement l’hydrate se transforme en une matière cristallisée ; le long des patois du flacon se trouvent de petites houppes formées de fines aiguilles qui rayonnent d’un centre commun, tout l’hydrate est transformé alors en oxyde anhydre. 11 faut noter que' des traces de potasse ou de soude peuvent déterminer cette transformation et, étant donnée la difficulté que l’on éprouve

A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS. 1tl

à laver l’hydrate, on ne peut guère être sûr de lui enlever les dernières traces de l’alcali qui a servi à le précipiter.

Cet hydrate mis en suspension dans de l’eau et bouilli avec elle, commence à s’altérer au bout d’une heure ou deux; un voile noir très léger apparaît à la surface du liquide et augmente peu à peu, mais même après plusieurs heures d’ébullition, une faible quantité seulement de l’hydrate s’est transformée ei oxyde anhydre et noir.

L’hydrate blanc placé dans le vide à 14degrés sur de l’acide sulfurique, se change en une poudre jaune brun non cristallisée renfermant 22,94 d’eau, ce qui correspond à la formule SnO,2HO. Étalé en couche mince à la surface d’une capsule de porcelaine et chauffé à 110 degrés environ, il se transforme en petites écailles brunes faciles à réduire en une poudre jaune avec nuance rougeâtre ; elle n’est pas cristallisée, mais elle constitue un nouvel hydrate défini, renfermant 8,87 d’eau, ce qui correspond à la formule 3SnO,2HO.

L’hydrate de protoxyde d’étain est formé avec dégagement de chaleur à partir de 3es éléments, on a:

Sn + O + Eau = SnO hydraté -f 34,9 calories.

Action des acides sur l’hydrate de protoxyde d étain. — Cet hydrate

se dissout dans les acides en donnant des sels (§ 28 à 42), mais les choses se passent d’une façon différente, quand la quantité d’acide introduite est très faible par rapport à celle d’hvdrate employé.

Acide chlorhydrique. — Lorsqu’à une quantité quelconque d’hydrate de protoxyde d’étain en suspension dans l’eau bouillante, on ajoute une goutte d’acide chlorhydrique pur, on voit l’hydrate se dissoudre au point où elle est tombée, et presque instantanément la couleur de l’oxyde se modifier; il devient rose, puis verdâtre, puis noir, et après quelques instants d’ébullition, tout est transformé en protoxyde anhydre cristallisé. Il est facile de se rendre compte du phénomène; le premier effet de l’acide chlorhydrique est de former une certaine quantité de protochlorure d’étain, en laissant libre seulement la quantité d’acide qui correspond à la dissociation du protochlorure par l’eau, dans les conditions de l’expérience; d’autre part, le chlorpre d’étain formé, se combinant à l’oxyde en excès, donne un oxychlorure que l’eau décompose (§ 101), en produisant de l’oxyde anhydre cristallisé. A mesure, que l’eau détruit l’oxychlorure, celui-ci se reforme aux dépens de l’hydrate, et bientôt, grâce à des réactions successives effectuées entre de très faibles quantités de matière, tout l’hydrate est changé en oxyde anhydre cristallisé.

Si la quantité d’acide ajoutée est un peu plus grande, la même transformation a lieu ; mais elle demeure incomplète, et il reste dans la liqueur un nuage ou un trouble blanc, d’autant plus sensible que la proportion d’acide ajoutée est plus forte; c’est qu’alors la quantité de cet acide qui se trouve dans la liqueur esf suffisante pour y permettre l’existence d’un oxychlorure (§ 101), et la preuve en est qu’en ajoutant de l’eau et continuant à faire bouillir, le précipité blanc disparaît en totalité, se transformant en crislaux olivâtres d’oxyde anhydre, qui présentent souvent l’aspect de paillettes transparentes d’un éclat argenté.

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