PRÉCIPITATION DU COBALT A L’ÉTAT DE SULFURE
1° Par l’ammoniaque et le sulfhydrate d’ammoniaque. — On verse dans la liqueur de l’ammoniaque et un excès de sulfhydrate; on agite vivement pendant quelques minutes; on bouche la fiole ou le vase à précipité et on attend que le sulfure de cobalt soit entièrement déposé. On décante la liqueur et on lave avec de l’eau légèrement chargée de sulfhydrate ; on agite encore pendant quelques minutes, on décante la liqueur claire et on reçoit le sulfure sur un filtre. Il est inutile de multiplier les lavages, mais il est indispensable d’employer pour ceux-ci de l’eau faiblement teintée par le sulfhydrate. Il est essentiel de verser dans la liqueur acide, avant l’addition du sulfhydrate, la quantité d’ammoniaque strictement suffisante pour neutraliser les acides, le sulfure de cobalt imprégné d’ammoniaque s’altérant facilement à l’air.
Comme le sulfure de cobalt retient par adhérence des sels ammoniacaux et notamment du sulfhydrate, il est nécessaire, avant de le peser, de le soumettre à la calcination. Quand il a été desséché à l’étuve de 100 degrés, on le délache du filtre, dont on fait les cendres à part, puis on verse cendres et précipité dans un creuset de porcelaine avec une petite quantité de soufre pulvérisé. On chauffe ce creuset au rouge à l’abri de l’air. Pour atteindre ce résultat, on peut employer la disposition suivante : on place le creuset de porcelaine dans un creuset de terre plus grand et on garnit l’intervalle entre les deux couvercles de morceaux de charbon : la calcination est d’abord conduite avec lenteur, afin que les sels ammoniacaux et le soufre en excès puissent être expulsés sans entraîner de sulfure de cobalt; on chauffe ensuite pendant dix minutes au rouge presque vif. En opérant ainsi, on obtient le sulfure métallique parfaitement pur, répondant rigoureusement à la formule CoS, on n’a pas à craindre de pertes appréciables : le dosage est très exact (Rivot).
L’augmentation de poids peut être considérée comme représentant le poids du sulfure CoS, qui contient 64,76 pour 100 du métal.
D’après Rose, on ne peut pas peser le cobalt à l’état de sulfure. De nombreuses expériences ont démontré que, en calcinant ce sulfure dans une atmosphère d’hydrogène, en ajoutant ou non de petites quantités de soufre, ou dans une atmosphère d’hydrogène sulfuré ou de gaz carbonique, on ne peut obtenir le cobalt à un degré constant de sulfuration pour déduire avec certitude la quantité de métal. Suivant la température à laquelle la calcination a été faite, on obtient les sulfures CoS 2 ,Co*S 2 ,CoS, et même au rouge blanc Co 2 S, ou des mélanges de ces sulfures. On doit donc transformer le sulfure de cobalt de manière à pouvoir l’amener à l’état métallique.
2 „ Précipitation par l'hydrogène sulfuré. - Le cobalt ne peut être préci- Dité par l’hydrogène sulfuré dans une dissolution qui contient d’autres acides nue l’acide acétique, à l’état de liberté. Ou neutralise d’abord l’acide azotique ou l'acide chlorhydrique par l’ammoniaque, et on sature l’excès de cet alcali par l’acide acétique jusqu’à ce que la liqueur rougisse faiblement le papier de tournesol. On fait ensuite arriver un courant rapide d’hydrogène sulfuré, en ayant soin d’agiter très fréquemment à mesure que le sulfure métallique se dépose. Quand la liqueur est saturée d’hydrogène sulfuré, on recouvre le vase à précipité et on laisse le gaz agir pendant an moins vingt-quatre heures, en agitant très fréquemment, pour qu’une partie du sulfure de cobalt ne l'este pas adhérente aux parois du vase. On décante la liqueur et on lave le sulfure par décantation avec de l’eau chargée d’hydrogène sulfuré, en agitant vivement pendant quelques minutes; on parvient presque toujours à détacher ainsi des parois le sulfure qui est adhérent. On recueille le précipité sur un filtre et on le sèche à 100 degrés, on le calcine comme dans le cas précédent.
Si, malgré les précautions recommandées, il était demeuré du sulfure adhérent au vase, on le dissoudrait dans quelques gouttes d’acide azotique et on le précipiterait par l’ammoniaque et le sulfhydrate ; on joindrait le précipité à celui qui se trouve sur le filtre et que l’on garantit autant que possible du contact de l’air en tenant le filtre plein d’eau chargée d’acide sulfhydrique.
La précipitation par l’hydrogène sulfuré en présence de l’acide acétique est moins complète que celle par l’ammoniaque et le sulfhydrate d’ammoniaque.
Quand la liqueur contient de l’acide sulfurique, il faut laver le sulfure précipité un assez grand nombre de fois pour le dépouiller entièrement du sulfate d’ammoniaque, ou dissoudre le sulfure dans l’acide chlorhydrique additionné de quelques gouttes d’acide azotique et le précipiter de nouveau par le sulfhydrate.
Quand elle contient de l’acide phosphorique, cet acide passe à l’état de phosphate d’ammoniaque sous l’infiuence de 1 ammoniaque et du sulfhydrate ; pour débarrasser le sulfure de ce phosphate, on le lave une seule fois par décantation, et on le dissout dans l’eau régale faible, mais riche en acide chlorhydrique et on recommence la précipitation par l’ammoniaque et par le sulfhydrate. Ce second précipité se lave rapidement sans exiger un bien grand volume de liquide.
Quand on précipite le cobalt dans une liqueur qui contient de l’acide arsénique, le précipité peut retenir un peu d’arsenic à l’état de sulfoarséniate de cobalt'; pour achever la séparation du cobalt et de l’arsenic, on redissout dans l’eau régale chlorhydrique le premier précipité, lavé une seule fois par décantation, "avec de l’eau chargée de sulfhydrate, et on recommence la précipitation. Le cobalt est pesé à l’état de sulfure êt calciné à 1 abri du contact de l’air.
PRÉCIPITATION SOUS FORME d’aZOTITE DOUBLE DE COBALT ET DE POTASSE.
La dissolution de sel de protoxyde ne doit pas être trop étendue; on la neutralise par la potasse en léger excès, et on ajoute de l’acide acétique de façon à
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redissoudre le précipité qui se forme, puis une solution concentrée d’azotite de potasse acidulée avec l’acide acétique.
Le précipité a d'abord une teinte brunâtre, mais il devient jaune et cristallin, surtout quand on le chauffe légèrement (Fischer et St-Evre).
D’après les analyses de St-Evre et de Stromeyer, ce sel, séché à 100 degrés, a pour composition:
Co 2 0 3 .2Az0 3 + 2K0.Az0 3 + 2 HO.
Il se dissout notablement dans l’eau, mais il est insoluble dans une solution d’acétate neutre de potasse ou acidulée d’acide acétique. Il ne se dissout pas dans ces solutions additionnées d’azotite de potasse, pas davantage dans une solution d’azotite de potasse, et pas du tout dans l’alcool à 80 pour 100. Quand on le lave avec de l’eau, ou avec une dissolution d’acétate de potasse, il dégage constamment du bioxyde d’azote, ce qui n’a pas lieu quand on ajoute un peu d’azotite de potasse au liquide laveur. La combinaison est difficilement décomposée par la lessive de potasse, mais facilement par la lessive de soude ou l’eau de baryte. Il se sépare de l’oxyde brun de cobalt hydraté. En humectant avec de l’acide sulfurique monohydraté et en chauffant au rouge, on obtient le composé 2(Co0,SO 3 )-(-3(K0,S0 3 ) : il faut avoir soin d’ajouter à la fin un peu de carborfate d’ammoniaque. Il est assez difficile de chasser tout l’excès d’acide sans décomposer une partie du sulfate de protoxyde de cobalt. L’azolite double de cobalt et de potasse se dissout dans l’acide chlorhydrique, et la lessive de potasse précipite dans cette dissolution tout le cobalt, à l’état d’hydrate de protoxyde, parfois d’oxyde salin.