‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 12e cahierChapitre 122 sur 258 · SÉPARATION DU COBALT ET DU ZINC · texte numérisé non relu

SÉPARATION DU COBALT ET DU ZINC

1° Au moyen des acétates. — On fait passer ces métaux à l’état d’acétates, s’il n'y sont déjà. Pour cela, on les traite d’abord par l’acide sulfurique et les sulfates eux-mêmes sont traités par l’acétate de baryte qui, par double décomposition, donne des acétates métalliques solubles et du sulfate de baryte insoluble.

On ajoute de l’acide acétique à la dissolution des acétates, et on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite du sulfure de zinc. Le cobalt reste dissous, mais seulement quand il y a dans la dissolution une quantité suffisante d’acide acétique libre; car, dans une dissolution acétique, neutre ou peu acide, l’oxyde de cobalt est complètement précipité par l’hydrogène sulfuré.

Il faut éviter avec soin la présence des acides minéraux à l’état de liberté dans la dissolution, car ils empêcheraient la précipitation du sulfure de zinc.

En pareil cas, il faut neutraliser ces acides par du carbonate de soude, avant d’ajouter de l’acide acétique.

On ne doit pas attendre trop longtemps pour filtrer la liqueur où le sulfure de zinc a été précipité, car il pourrait entraîner la précipitation du sulfure de cobalt, ce que l’on reconnaîtrait à la couleur grise ou noirâtre que présenterait le sulfure de zinc, parfaitement blanc quand il est pur.

2° Séparation au moyen du cyanure de potassium. — On ajoute à la dissolution une quantité suffisante de cyanure de potassium pour précipiter d’abord le cyanure de cobalt et le cyanure de zinc et redissoudre ensuite le précipité. On verse ensuite de l’acide chlorhydrique goutte à goutte dans la liqueur. Le zinc se précipite à l’état de cobalticyanure de zinc blanc et quand le zinc est en excès il reste du chlorure de zinc dans la dissolution, tandis que lorsque c’est le cobalt, la dissolution contient du cobalticyanure de potassium.

On fait bouillir jusqu’à ce que le précipité se dissolve complètement et q ue tout l’acide cyanhydrique soit chassé, et l’on ajoute assez de potasse pour que le précipité de cobalticyanure de zinc qui s’était formé se redissolve. On chaufle et on précipite le zinc par l’hydrogène sulfuré. La dissolution filtrée contient du cobalticyanure de potassium, exempt de zinc, mais il est difficile d’y déterminer le cobalt, car cette combinaison n’est décomposée ni par les acides ni par la potasse.

On la traite, d’après Woehler, par le nitrate de protoxyde de mercure, après l’avoir neutralisée exactement par l’acide nitrique. Il se forme un précipité de cobalticyanure de potassium, qui est blanc ou coloré en gris par le protoxyde de mercure. Ce précipité est lourd, facile àlaver et à filtrer. On le dessèche, et on le calcine fortement au contact de l’air sous une cheminée d’un bon tirage et on le réduit ensuite dans une atmosphère d’hydrogène ; on obtient ainsi le cobalt métallique.

3“ Séparation par réduction au moyen de l'hydrogène. — On traite la dissolution par le carbonate de soude qui précipite les deux métaux, on évapore à siccité et on chauffe légèrement le résidu de manière que l’eau n’enlève que les oxydes alcalins à la masse desséchée sans enlever aucune trace des oxydes que l’on doit séparer. On lave les oxydes, on les pèse et l’on en place dans une boule de verre un poids déterminé, que l’on soumet à l’action d’un courant d’hydrogène, en ayant soin de n’élever la température qu’au rouge naissant. Quand il ne se forme plus d’eau, on laisse refroidir le tout dans un courant d’hydrogène; l’oxyde de cobalt seul est réduit à l’état métallique, et le zinc reste à l’état d’oxyde.

Pour dissoudre ce dernier on fait digérer la masse pendant un jour, avec une dissolution concentrée de carbonate d’ammoniaque à une température de 40 degrés. Le résidu de cobalt est complètement exempt de zinc : on le dose après l’avoir dissous dans l’acide nitrique. Il arrive qu’une petite quantité de cobalt métallique qui est très divisé se dissout dans le carbonate d’ammoniaque et donne à la dissolution une couleur rose très légère (Ullgren).

On a proposé un certain nombre d’autre méthodes :

Précipitation du peroxyde de cobalt au moyen de l’oxyde de plomb. Le

plomb et le cobalt qui se précipitent sont redissous dans l’acide chlorhydrique en présence d’une petite quantité d’alcool, et séparés ensuite par l’acide sulfurique et par l’hydrogène snlfuré (Gibbs).

Précipitation par le carbonate de baryte du cobalt peroxyde au moyen d’un courant de chlore. — Cette méthode ne donne pas des résultats exacts parce qu’une partie du zinc est précipitée par le carbonate de baryte et que le cobalt n’est précipité qu’au bout d’un temps très long.

Calcination du cobalt réduit au moyen du sucre pur. — Après que ce métal a été débarrassé de la plus grande partie du zinc au moyen de la potasse, on le chauffe contenu dans un creuset placé lui-même dans un second creuset au

COBALT

milieu d’une couche de magnésie, et on le maintient pendant une heure à la plus haute température que puisse donner un fourneau à vent, afin de volatiliser le zinc que la potasse n’a pas dissous. Il ne faut pas négliger d’enlever complètement la potasse par des lavages (Berzélius). Ce procédé donne de bons résultats, mais il est préférable d’employer le charbon de sucre au lieu du sucre, qui se boursoufle trop. Mais il faut opérer la calcination comme Berzélius l’a décrit; en calcinant au chalumeau à gaz, on n’obtient aucun bon résultat (Klaye et Deus).

Précipitation du cobalt au moyen de l’azolite de potasse. — Voy. les délaifs de la méthode exposés pour la séparation du cobalt et du nickel.

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