PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
C’est un métal brillant, blanc d’argent tirant sur le gris d’acier. Il possède parfois une apparence, cristalline et semble formé par un agrégat de cristaux réguliers (Rose).
Sa densité varie suivant l’état sous lequel il est obtenu, comme le témoignent les chiffres donnés par les divers expérimentateurs qui l’ont déterminée.
Nickel réduit par le charbon et fondu, densité... 8,38
— réduit par l’oxyde de carbone. 8,279
— réduit par l’hydrogène. 8,979-9,251
— purifié parle deuxième procédé et fondu.. 8,575
— provenant de la réduction de l’oxalate.... 8,637
— réduit par le charbon... 9,0
Nickel forgé après réduction par le charbon. 8,82
— après réduction par l’oxde de carbone. 8,666
(Tuputti).
(Richter).
(Tourte).
(Rammelsberg).
(Thompson).
(Brunner).
(Vauquelin et Hauy).
(Scrhôder).
(Tuppuii).
(Richter).
(Tourte).
Quand il a été réduit par la chaleur, il est dur, susceptible de prendre un beau poli, complètement ductile, et on peut soit à froid, soit à chaud, le laminer en feuilles n’ayant qu’un centième de pouce d’épaisseur et l’étirer en fil de ïfe de pouce de diamètre (Richter).
Sa ténacité est plus considérable que celle du fer : un fil de nickel ne se rompt que parla traction d’un poids de 90 kilogrammes, quand celletTun poids de 60 kilos suffit pour rompre un fil de fer de même diamètre (Deville).
Il se forge très facilement sans subir d’oxydation marquée. II encrasse fortement les limes; il s’échauffe quand on le ploie et se brise avec une cassure baveuse.
La présence du carbone ou du manganèse diminue sa ductilité, et il arrive, quand il a été préparé au moyen de la réduction par le charbon, qu’il soit moins ductile que le zinc: il est cassant à froid et peu malléable à chaud. Quand il a été préparé par réduction de l’oxalate, il s’étend bien d’abord sous le marteau, puis il se brise en fragments d’un grain gros et très brillant (Brunner).
On peut, quand il est pur, le braser aussi bien que le fer.
Fusion. — Le nickel obtenu par réduction directe au moyen de la chaleur est i moins aussi difficile à fondre que le manganèse (Richter) ; mais sa fusibilité
augmente quand il contient du carbone, et elle peut devenir égale à celle de la fonte de fer(Tupputi, Erdmann). Le nickel pur est plus fusible que le cobalt et le fer (Thompson). Il se conlracte beaucoup par le refroidissement, quand il a été préparé au moyen du charbon.
Voir à l’article Métallurgie les détails de l’opération dans laquelle C. Winkler fond d’importantes quantités de ce métal.
Occlusion. — Le nickel du commerce, vendu sous forme de cubes, est très poreux, il en est ainsi du nickel pur. Employé comme électrode dans un voltamètre, il se charge d’hydrogène, et, plongé sous l’eau, il peut dégager jusqu’à 165 fois son volume de ce gaz. Après avoir subi cette opération, il est devenu grenu, cassant, et donne une poussière noire, quand on le broie. Le nickel compact n’absorbe pas d’hydrogène; mais il se polarise et se maintient en cet état beaucoup plus longtemps que les autres métaux, si l’on en excepte le palladium (Raoult).
Chaleur spécifique.— Régnault a trouvé que la chaleur spécifique du nickel préparé par la calcination de l’oxalate en vase clos, est 0,1086 ; le nickel dont il s’est servi était très carburé, ce qu’il a reconnu en le dissolvant dans l’acide chlorhydrique.
Le nickel obtenu par la calcination au feu de forge de l’oxyde de nickel et de sel ammoniac lui a donné 0,10752. Un autre échantillon donné par M. Dumas 0,11082 (moyenne de 5 déterminations). Le produit de cette valeur par lé poids atomique du métal est 38,78.
Magnétisme du nickel. — Gay-Lussac avait indiqué les nombres 2 etl pour exprimer le rapport du magnétisme du fer à celui du nickel, mais il est probable qu’il a opéré, comme Lainpadius, sur des échantillons impurs.
De très petites quantités^de nickel, de cobalt et de fer purs, réduits par l’hydrogène, paraissent avoir à poids égal le même magnétisme (E. Becquerel).
Arndsten a constaté que, sous l’influence de forces magnétisantes faibles le lickel s’aimante cinq fois autantquele fer, tandisque, sous l’influence de forces magnétiques puissantes, il s’aimante cinq fois moins. Plücker avait déjà constaté que le cobalt est plus magnétique pour des forces faibles et moins magnétique pour des forces plus grandes.
Rowland a reconnu que le magnétisme développé dans un anneau de nickel est moindre que dans un anneau de fer.
Les intensités magnétiques paraissent croître un peu avec la température jusqu’au voisinage de la température critique, située vers 400 degrés, où le nickel perd presque entièrement la faculté d’être attiré par un aimant ; l’intensité magnétique développée étant 10000,0 à la température ordinaire, à 400 degrés elle est réduite à 2,4 (E. Becquerel).
Les nickels carburés et forgés possèdent une force coercitive assez grande qui disparait avant le magnétisme temporaire, quand on échauffe graduellement ces métaux. La saturation a lieu avec des intensités magnétiques plus faibles que pour le fer.
NICKEL
Quand le nickel est fondu, poreux et sensiblement pur, ses propriétés magnétiques sont très voisines de celles du fer, et le rapport des intensités magnétiques pour des intensités faibles à la température ordinaire, commence par décroître, passe par un minimum, puis augmente, atteint un maximum et décroît ensuite jusqu a une limite inférieure.
L’existence d’une force coercitive a pour effet de diminuer les actions magnétiques temporaires; un recuit prolongé rapproche l’une de l’autre les propriétés magnétiques des échantillons de nickel de celles du fer doux (H. Becquerel).
Pouvoir rotatoire magnétique. — Les sels de nickel ont un pouvoir rotatoire magétique positif, de sorte que leurs dissolutions exercent sur la lumière polarisée une action plus grande que celle de l’eau qu’ils contiennent. Ce pouvoir rotatoire positif est assez marqué, et comparable à celui des sels de zinc ou d’étain.
Dans la lumière qui a traversé une épaisseur de 44 millimètres de chlorure de nickel en dissolution médiocrement concentrée, le rouge, l’orangé, le violet et l’indigo sont presque éteints, le bleu et le jaune notablement affaiblis, et le maximum d’intensité correspond aux rayons verts (Verdet).
Conductibilité et résistance électrique. — Quand on soumet le nickel à l’influence de forces magnétiques, la conductibilité de ce métal est diminuée dans la direction parallèle aux forces magnétiques et augmentée dans la direction perpendiculaire (Thomson).
Matthiesen a déterminé la résistance spécifique qu’offre au passage d’un flux homogène d’électricité une portion de nickel ayant 1 om de long et 1 s in de section: cette résistance évaluée en unités électromagnétiques C. G. S. a été trouvée égale à 12600 pour le nickel.
La résistance d’un fil de un mètre de longueur et d’un millimètre de section est 0,1604 ohms (Matthiesen).
Raies spectrales. — Une solution de chlorure de nickel soumise à l’influence de l’étincelle électrique a fourni àM. Lecoqde Boisbaudran des raies spectrales aux longueurs d’onde suivantes :