‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 13e cahierChapitre 5 sur 93 · PRÉPARATION DU PLOMB CHIMIQUEMENT PUR · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DU PLOMB CHIMIQUEMENT PUR

Le plomb du commerce est en général souillé par de petites quantités d’antimoine, de cuivre, de fer, d’argent, plus rarement par de l’étain, du bismuth, du zinc ou du nickel. Mais ces impuretés n’empêchent pas son emploi pour la plupart des usages industriels auxquels on le destine, et même dans la préparation de la plupart des sels de plomb ces impuretés disparaissent et les produits obtenus sont suffisamment purs ou faciles à purifier. Dans certains cas cependant on a besoin d’avoir du plomb pur.

Quand on n’a pas besoin d’une pureté absolue, on peut se servir du procédé suivant de Berthier. L’acétate de plomb purifié est dissous dans l’eau et additionné d’acide sulfurique. Le sulfate de plomb ainsi obtenu est soigneusement lavé et desséché, puis chauffé fortement dans un creuset fermé, avec du charbon en poussière. On emploie pour 38 parties de sulfate de plomb environ 3 parties de charbon.

i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Stas (Bull, de la Soc. roy. de Bclg., t. X, p. 2193), pour ses recherches sur l’équivalent du plomb, a préparé par différents procédés du plomb chimiquement pur.

Il fait digérer vers la tempéralure de 40 à 50 degrés dans un récipient en plomb de l’acétate de plomb du commerce avec de fines lamelles de plomb jusqu’à ce que tout le cuivre et tout l’argent soient précipités. La solution qui reste est filtrée et versée dans de l’eau fortement acidulée par de l’acide sulfurique. Le sulfate de plomb obtenu est soigneusement lavé, puis décomposé par un mélange de carbonate d’ammoniaque et d’ammoniaque. Le nouveau précicité, qui est du carbonate, est soigneusement lavé. Une portion est chauffée lentement dans un vase en platine de façon à le transformer en oxyde de plomb. L’autre partie est attaquée par de l’acide azotique étendu et en quantité telle que toute la masse ne soit pas attaquée, puis additionnée de l’oxyde obtenu par calcination, et le tout est chauffé à l’ébullition, de façon à précipiter les oxydes qui pourraient rester et principalement l’oxyde de fer. La solution chaude est filtrée et versée dans une solution de sesquicarbonate d’ammoniaque. On a ainsi du carbonate de plomb ne renfermant plus de métaux autres que le plomb. Il est chauffé ensuite dans des creusets de porcelaine non vernissés à l’intérieur avec du cyanure de potassium pur. Le métal qui est obtenu est de nouveau fondu avec du cyanure de potassium, puis coulé dans une lingotière en acier absolument nette. Quand le métal est absolument pur, il prend l’aspect du mercure bien pur et présente une convexité bien nette. Pour peu que le plomb soit souillé par des oxydes ou des sulfures] ou d’autres impuretés, il ne se laisse pas couler en présentant une surface nettement convexe, signe caractéristique de sa pureté.

Stas a encore obtenu du plomb très pur en traitant le carbonate de plomb pur par l’acide chlorhydrique et mettant le chlorure de plomb formé en présence de carbonate de soude pur. Après deux fusions du précipité ainsi obtenu avec le cyanure de potassium, il a obtenu du plomb pur.

Enfin le carbonate de plomb pur peut encore, d’après Stas, servir à produire du plomb pur, en chauffant ce carbonate avec du flux noir soigneusement préparé. Le métal obtenu est chauffé à l’air pour brûler les métaux alcalins qui ont pu se produire et se combiner avec le plomb, puis il est fondu avec du cyanure de potassium.

On a encore indiqué d’autres procédés de purification du plomb, mais qui ne semblent pas présenter les mêmes garanties que ceux indiqués ci-dessus.

Sur du plomb de couleur rouge.

Woehler {Ann. der Chem, und Pharm., t. II, supplém., p. 135, 1862; Bull. Soc. chim., 1863, p. 96) a trouvé qu’en faisant passer un courant électrique dans une solution d’azotate de plomb, il se produit quelquefois au pôle. négatif des cristaux de plomb d’une couleur rouge de cuivre. La coloration ne s’étend jamais à tout le dépôt et sa production est d'es plus capricieuses. Ces lamelles lavées à l’eau et à l’alcool offrent l’aspect du cuivre et conservent leur

PLOMB ET SES COMPOSÉS. 5

couleur et leur éclat à l’air. Les alcalis, les acides chlorhydrique ou azotique étendus ne les altèrent pas. L’acide azotique chaud les attaque, mais la matière reste rouge jusqu’aux dernières parcelles. Exposées, humectées d’eau, à l’air, elles se transforment rapidement, à la surface, en hydrate d’oxyde de plomb, mais l’attaque n’est pas terminée même au bout de plusieurs mois.

Dans l’hydrogène pur, elles restent inaltérées jusqu’à 200 degrés, puis elles fondent en donnant du plomb ordinaire. Le perchlorure de fer fait disparaître instantanément cette couleur rouge, qui est remplacée par la couleur grise du plomb.

Woehler considère cette substance ou comme une modification allotropique du plomb ou comme un hydrure. En tout cas elle ne peut pas être du peroxyde de plomb qui devrait se former au pôle négatif et qui donnerait de l’eau avec l’hydrogène.

Stolba (Journ. prakl. Chem., t. XGIV, p. 113; Jahr. Ber., 1865, p. 241) émet cette hypothèse que la coloration rouge est due à une mince couche d’oxyde, ce qui ne paraît pas probable d’après les expériences de Woehler.

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