‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 13e cahierChapitre 71 sur 93 · COMPOSÉS DU PLOMB ET DU CHROME · texte numérisé non relu

COMPOSÉS DU PLOMB ET DU CHROME

C’est dans une combinaison de plomb et de chrome, le plomb rouge de Sibérie, ou chromate de plomb naturel, que Yauquelin a découvert le chrome.

Le sesquioxyde de chrome peut se combiner avec l’oxyde de plomb et donner le corps Pb0,Cr 2 0 3 , précipité vert que les alcalis dissolvent (Chancel).

Les composés les plus intéressants sont les chromâtes.

1° Chromate basique, 2Pb0,Cr0 3 .

Ce corps, désigné sous le nom de rouge de chrome, s’obtient de différentes façons et sa coloration varie avec son mode de préparation.

Ainsi, Liebig et Woehler ont indiqué une méthode qui permet de l’obtenir avec une couleur aussi vive que celle du cinabre. On projette peu à peu du chromate neutre de plomb dans de l’azotate de potasse fondu à la plus basse température possible. L’acide nitrique se dégage, et l’on arrête l’opération avant que tout le nitre soit décomposé. On laisse reposer: le chromate de plomb tombe au fond. On décante la masse saline fondue, on laisse refroidir et on lave aussi rapidement que possible. Cette matière est employée comme matière colorante. Il faut avoir soin de ne pas trop élever la température pendant la réaction; sinon, la coloration du produit changerait et tirerait sur le brun.

On obtient un produit de même coloration, en faisant chauffer le chromate neutre avec des alcalis en solution très étendue et avec du carbonate ou de l’oxyde de plomb en présence de l’eau. Le chromate de plomb récemment précipité en présence du chromate neutre de potasse donne naissance à du bicarbonate de potasse et à du chromate basique de plomb.

Le chromate neutre de potasse bouilli avec de l’oxyde de plomb donne également du bichromate de potasse et du chromate basique de plomb.

On obtient encore ce sous-chromate sous la forme d’un précipité d’une belle couleur rouge en versant une dissolution de nitrate de plomb dans du chromate de potasse mélangé à un excès d’alcali.

Badams {Ann. depharm., t. XXV, p. 303) a analysé le produit qu’il a obtenu sous la forme d’une poudre rouge écarlate en faisant bouillir de l’oxyde de plomb avec du chromate neutre de plomb, produit auquel l’acide acétique a enlevé la moitié de l’oxyde de plomb qu’il renfermait. Voici les nombres fournis par ses analyses :

PbO.

CrO 3 .

Calculé. Trouvé (Badams).

Il semblerait donc que le produit analysé est loin d’avoir été obtenu pur.

2° Composé 3 Pb0,Cr0 5 .

Ce corps paraît exister à l’état naturel : on a désigné sous le nom de Mélanochroïte un corps analysé par Hermann (Ann. de Pogg., t. XXVIII, p. 102) et ayant donné les résultats suivants :

Calculé. Trouvé (Hermann).

PbO. 76,95 76,69

CrO 3 . 23,05 23,31

Ce corps paraît se produire par le mélange de nitrate de plomb et de chromate de potasse ou en chauffant fortement du chlorure de plomb avec du chromate de potasse.

CHROMATE NEUTRE DE PLOMB, PbO,Cr0 3 .

Ce corps à l’état naturel est 1 ePlomb rouge de Sibérie dans lequel Vauquelin a trouvé le chrome.

On l’obtient cristallisé en faisant chauffer un mélange de chlorure de plomb et de chromate neutre de potasse avec certaines précautions. Manross indique les suivantes : quand le fourneau a été bien chauffé, on le laisse refroidir jusqu’au rouge sombre et l’on y introduit seulement alors le mélange renfermé dans un creuset. On a soin de produire, en bouchant les ouvertures, un refroidissement lent de la matière. L’excès de chlorure de plomb est enlevé avec de l’eau.

La diffusion lente d’un sel soluble de plomb dans un chromate alcalin le donne également à l’état cristallisé.

On l’obtient à l’état amorphe par double décomposition, en liqueurs autant que possible neutres, d’un sel de plomb soluble et de chromâtes solubles. L’acidité des liqueurs par l’acide chromique n’empêche pas la réaction. Même le carbonate de plomb est attaqué par les solutions solubles de chromâtes et donne ce sel.

La coloration rouge du produit augmente quand on fait chauffer les liqueurs.

La fusion de l’oxyde de plomb avec l’oxyde de chrome donne naissance à du chromate de plomb.

Le bioxyde de plomb chauffé, en solution alcaline, avec le sesquioxyde de chrome donne du chromate de plomb.

Le produit obtenu varie comme coloration avec les conditions de sa production. En présence d’un excès de base il devient rouge par suite de la formation de sous-chromate.

Ce corps est peu soluble dans l’eau et dans les acides. Ses solutions acides, en présence de corps réducteurs, sont réduites. Ainsi un mélange de ce corps, d’acide chlorhydrique et d’alcool donne naissance à du chlorure de plomb et à du sesquichlorure de chrome avec production d’aldéhyde et de chloréthyle.

PLOMB ET SES COMPOSÉS

Chauffé, il fond, dégage de l’oxygène et laisse un résidu, mélange de sesquioxyde de chrome et de sous-chromate de plomb d’après la formule : 4Pb0,Cr0 3 = 2 (2 PbO.CrO 3 ) + Cr 2 0 3 + 3 0.

Le résidu obtenu paraît être une véritable combinaison incapable de reprendre de l’oxygène sous l’influence de la chaleur. L’hydrogène le réduit en un mélange de plomb et de sesquioxyde de chrome capable d’absorber de nouveau de l’oxygène en donnant un corps décomposition analogue avec dégagement de chaleur et de lumière.

Le charbon donne également à haute température un mélange de plomb et de sesquioxyde de chrome.

Le carbonate de potasse le transforme à l’ébullition en chromate basique et même en carbonate de plomb insoluble, pendant qu’il se produit une liqueur renfermant un mélange assez complexe d’acide chromique, d’alcali et d’oxyde de plomb, mélange non étudié.

Les solutions alcalines l’attaquent ; il se produit du sous-chromate soluble dans un excès de réactif.

L’acide sulfurique donne avec lui du sulfate de plomb et de l’acide chromique à la condition d’être employé en grand excès.

L’acide chlorhydrique donne avec lui les réactions des chromâtes, chlore, chlorure de plomb et sesquichlorure de chrome. Il ne semble pas se produire de chlorochromate.

Il semble exister quelques sels doubles de chromate de plomb et de différents acides.

Analyse.

PbO.

CrO 3 .

Calculé.

ANTIMONITE DE PLOMB.

Les solutions d’oxyde de plomb dans les alcalis donnent avec les sels de trioxyde d’antimoine un précipité, dont la composition ne paraît pas nettement établie.

ANTIMONIATES DE PLOMB.

On trouve dans la nature des rognons de nature amorphe renfermant du plomb, de l’antimoine, de couleur variable (blanche, grise, jaunâtre, brunâtre, etc.). Voici les analyses d’un échantillon de Sibérie faites par Hermann :

PbO. 61,38

SbO 5 . 31,71

Cette analyse correspondrait à peu près à la formule :

3 PbO,SbO 5 ,4 HO.

Heddle a analysé un échantillon trouvé dans le Cornwal et a trouvé :

PbO. 46,86

SbO 5 . 42,33

Ce qui donnerait comme composition approchée :

3PbO,2SbO 5 ,10HO.

Quand on a attaqué le plomb antimonié par l’acide azotique, ou mieux qu’on précipite l’azotate de plomb par de l’antimoniate de potasse, il se produit une matière blanche, caséeuse, infusible, insoluble dans l’eau, réductible en antimoniure de plomb.

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