‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 128 sur 152 · MÉTHODES PAR LES PESÉES · texte numérisé non relu

MÉTHODES PAR LES PESÉES

Le mercure est pesé, dans ces méthodes, à l’état métallique, à l’état de protochlorure, de bisulfure ou de bioxyde.

Dosage à l’état de mercure métallique. — Pour réduire le sel mercurique à l’état de mercure, on peut opérer par la voie sèche ou par la voie humide ; la première méthode est préférable à la seconde pour l’exactitude des résultats.

1° Voie sèche. — Pour réduire les sels de mercure à l’état de mercure métallique, on chauffe la matière à analyser avec de la chaux dans un tube à analyse organique. L’opération se fait de la façon suivante : Le tube a environ 45 centimètres de long; on met au fond une colonne d’environ 6 centimètres

de bicarbonate de soude et de craie en poudre, destinée à fournir de l’acide carbonique quand on la chauffera; on met à la suite de la chaux calcinée, puis le mélange intime de la matière à analyser avec de la chaux vive; puis on achève de remplir le tube avec de la chaux. Le tube est ensuite effilé et l’on fait arriver sa pointe à la surface de l’eau contenue dans un petit ballon. On chauffe alors, en commençant par la partie la plus rapprochée de la pointe, puis on avance peu à peu jusqu’à l’endroit où se trouve le sel de mercure. Celui-là est alors décomposé et le mercure métallique vient se condenser dans le ballon sous l’eau. A la fin de l’opération, on chauffe l’extrémité du tube, ce qui produit un dégagement d’acide carbonique et balaye l’appareil en le débarrassant des vapeurs de mercure qu’il peut encore contenir. Après un certain temps, le mercure se rassemble en une gouttelette que l’on transvase dans un creuset en porcelaine pour le dessécher, on enlève la plus grande partie de l’eau avec du papier buvard, puis on sèche dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique; il ne faut pas chauffer.

2" Voie humide. — Le sel de mercure étant à l’état de chlorure mercurique (exempt d’azotate), on le traite par une dissolution de protochlorure d’étain en excès. On fait bouillir pendant quelque temps, puis on ferme le vase où l’on a fait l’opération et on laisse refroidir. Il se forme du mercure sous forme de fines gouttelettes qui se réuuissent à la longue en un globule que l’on lave et que l’on sèche comme précédemment.

Cette méthode donne des résultats trop faibles en général.

Dosage à l’état de protochlorure. — On traite la solution mercurique, fortement étendue si elle contient de l’acide nitrique, par de l’acide chlorhydrique et de l’acide phosphoreux. Il se produit un précipité que l’on abandonne à luimême pendant douze heures à la température ordinaire. Le sel est alors réduit à l’état de protochlorure; on le lave à l’eau tiède et on le recueille sur un filtre taré que l’on sèche à 100 degrés (Rose, Ann. Pogg., CX, 529).

Dosage à l’état de sulfure mercurigue. — La soluiion étendue, additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique, est traitée par l’acide sulfhydrique (gazeux ou en dissolution). On laisse le sulfure se déposer, cequialieuen peu de temps, puis on lave rapidement avec de l’eau froide, on sèche à 100 degrés et l’on pèse. Les résultats sont bons lorsque la dissolution mercurique est pure ou du moins ne contient pas de corps pouvant donner lieu, avec l’acide sulfhydrique, à un dépôt de soufre, tels qu’un sel de peroxyde de fer, du chlore libre, etc.

Dans le cas où le sulfure de mercure contient du soufre, on traite le précipité par le sulfite de soude à chaud ; le soufre se dissout, on lave de nouveau le précipité et on le recueille sur le filtre où il se trouvait avant le traitement par le sulfite. Quand la quantité de soufre est un peu considérable, il est bon de traiter le précipité à plusieurs reprises par le sulfite de soude; dans le cas où le soufre est, au contraire, en très petite quantité, un lavage au sulfure de carbone suffit pour priver le précipité du soufre qu’il contient.

Dosage à l’état de bioxyde de mercure. — On peut doser le mercure à cet

MERCURE

état, lorsqu’il est combiné avec l’acide azotique ou l’acide azoteux. On chauffe le sel dans un tube parcouru par un courant d’air ; il faut avoir soin de ne pas atteindre dans cette opération la température à laquelle l’oxyde de mercure est décomposé (Marignac).

MÉTHODES VOLUMÉTRIQUES.

Méthode par le sulfate ferreux. — Dans cette méthode, le composé mer. curique étant à l’état de bichlorure, on traite la dissolution par une quantité connue, en excès, de sulfate double de protoxyde de fer et d’ammoniaque. On neutralise ensuite la liqueur avec de la soude, puis on mesure, avec le permanganate de potasse, l’excès de sel de fer employé ; on sait ainsi la quantité de sel ferreux pero.xydé, on calcule alors la quantité de bichlorure, sachant que la réaction est la suivante :

2HgCI -h 2FeCl = Hg^Cl + FoXP.

Il faut éviter dans ce dosage l’accès de l’air, parce que le sel ferreux, surtout en solution alcaline, se peroxyde facilement.

Méthode par le phosphate de soude. - Cette méthode est fondée sur l’observation suivante : le phosphate de soude précipite les sels mercuriques, autres que le bichlorure, en donnant du phosphate mercurique; non seulement le bichlorure n’est pas précipité par le phosphate de soude, mais encore le phosphate mercurique récemment précipité (qui n’est pas encore devenu cristallin, ce qui arrive assez vite), traité par le chlorure de sodium, est décomposé en donnant du phosphate de soude et du bichlorure de mercure. Cette réaction permet de doser les sels mercuriques de deux façons différentes :

1° A la solution du sel mercurique, on ajoute du phosphate de soude, qui donne un précipité de phosphate mercurique, et l’on cherche quelle quantité de solution titrée de chlorure de sodium il faut ajouter pour que le précipité disparaisse. A 1 équivalent de chlorure de sodium employé correspond 1 équivalent de sel mercurique ;

2° On verse une quantité connue de solution de chlorure de sodium et on l’additionne de quelques gouttes de phosphate de soude, puis, dans cette liqueur, on verse, au moyen d’une burette graduée, la solution mercurique à analyser jusqu’à apparition d’un précipité permanent.

La première méthode donne des résultats trop faibles et la seconde des résultats trop forts ; en les combinant, on arrive à des moyennes satisfaisantes.

Pour que ces méthodes s’appliquent avec exactitude, il faut qu’il n’y ait pas d’autres métaux que le mercure et que la solution soit seulement très légèrement acide (on la neutralise avec le carbonate de soude).

On a conseillé d’autres réactifs indicateurs pouvant remplacer le phosphate de soude; tels sont l’urée et le ferricyanure de potassium, mais ils ne présentent aucun avantage et sont même plus sensibles à l’influence des métaux étrangers ou de l’acidité de la liqueur.

KNCVOLOI’ÉBIE CHIMIQUE

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