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SELS OXYGÉNÉS DU CUIVRE

SULFITES DE CUIVRE

On n’a pas réussi à isoler les sulfites cuivriques ni les sulfites cuivreux. Berthier, en versant de l’acide sulfureux sur du carbonate de cuivre, a obtenu, une liqueur renfermant probablement du sulfite cuivrique, mais elle se décompose spontanément en se colorant en bleu, par suite de la formation de sulfate cuivrique, et en laissant déposer un précipité écailleux rouge (1).

On ne connaît que les sulfites cuproso-cupriques ; c’est à Péan de Saint-Gilles qu’on doit surtout leur étude.

SULFITES CUIVROSO-CUIVRIQUES

Sulfite jaune [(Cu^0S0®),(Cu0S0®),5H0]. —En faisant passer lentement un courant d’acide sulfureux dans une dissolution d’acétate cuivrique, la liqueur se colore d’abord en vert-émeraude, puis laisse déposer un précipité floconneux, d’un jaune-verdâtre, de sulfite cuivroso-cuivrique.

Il est très soluble dans les acides sulfureux et acétique. Les oxysels cuivri-. ques le dissolvent également en prenant une teinte d’un vert-émeraude. Avec l’ammoniaque, il donne une liqueur limpide d’un bleu intense.

La potasse le décompose, en donnant un mélange d’hydrates cuivreux et cuivrique. L’acide chlorhydrique le transforme en chlorures cuivreux et cuivrique, ' avec dégagement d’acide sulfureux.

Bouilli avec de l’eau pure contenant un peu d’acide sulfureux, il se change rapidement en sulfite rouge, par suite d’une simple déshydratation et d’une modification de l’état moléculaire.

Sulfite rouge [(Cu^OSO'^), (CuOSO^), 2H0]. — Ce sel a [été découvert^ par Chevreul (2), en chauffant de l’oxyde ou du carbonate de cuivre avec une dissolution d’acide sulfureux :

4 CuO + 3S02 = Cu20S02,Cu0S0* + CuOSOa.

On l’obtient encore : 1° en faisant bouillir un mélange d’un hyposulfi®| alcalin avec du sulfate ou de l’azotate cuivrique (Chevreul) ; 2“ en faisant

bouillir du sulfite vert d’ammoniaque et de cuivre avec de l’eau (Péan de Saint-Gilles) ; 3’ en saturant une dissolution d’acétate cuivrique avec de l’acide sulfureux, jusqu’à ce que le sel vert se soit redissous, et abandonnant la liqueur à l’air; 4» en laissant en contact, comme on l’a dit plus haut, le sulfite jaune avec l’acide sulfureux très étendu.

Le sulfite rouge est en octaèdres transparents, d’un rouge-grenat, quand il provient de l’évaporation spontanée du sulfite jaune dans l’eau chargée d’acide sulfureux. Quand on chasse l’acide sulfureux par la chaleur, il se dépose en paillettes cristallines étoilées, d’une forme particulière (Berthelet). Il perd son eau de cristallisation et son acide sulfureux au-dessus de 150 degrés. En chauffant plus fort, on obtient un résidu d’oxydule, mêlé d’un peu de sulfate cuivrique (Rammelsberg). Il est soluble dans l’acide sulfureux, l’acide chlorhydrique et l’ammoniaque. La potasse le décompose en un mélange d’hydrates cuivreux et cuivrique. Chauffé avec de l’eau à 200 degrés, il donne du cuivre métallique en paillettes cristallines (Geitner) (1).

SULFITES DOUBLES

Quand on introduit un sel cuivrique dans une solution concentrée d’un sulfite alcalin, il y a réduction de l’oxyde cuivrique et formation d’un sulfite double cuivroso-alcalin. Ces sulfites doubles sont incolores et cristallisés. Les sels doubles ammoniques sont les plus stables.

Sulfites cuproso-ammoniacaux. — Cu^0S0^AzH‘0S0^ — Ce sulfite a été découvert par Rogojski, en faisant passer un courant d’acide sulfui’ique dans la dissolution ammoniacale du sulfite rouge de Chevreul.

On l’obtient encore : 1" En redissolvant dans le sulfate de cuivre, le précipité

(1) M. Etard, qui a repris l’étude des sulfites cuproso-cupriques, propose pour le sel de Chevreul, la formule de constitution :

(OH)=S —O—Cu* —O —S

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