‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 48 sur 152 · ENCYCLOP. CHIM · texte numérisé non relu

ENCYCLOP. CHIM

13,568 (Gavendish et Brisson) ; 13,575 (Farenheit) ; 13,613 à 10 degrés (Biddle); 13,595 à 4 degrés (Kopp); 13,594 d’après Balfour-Stewart ; à l’état solide, cette densité est égale à 14,391 ; à 14,1992 à la température de fusion, d’après Mallet; son coefficient de dilatation cubique est voisin de 1/5550.

Sa conductibilité électrique est, d’après Matthresen, 1,63 à 22°,8, celle de l’argent à zéro étant 100; sa conductibilité calorifique est, d’après Calvert et Johnson, 53,3, celle de l’argent étant 1000. Elle ne serait que de 35,4 d’après Gripon {Phil. Mag. [4], XXXII, 547). C’est un des métaux les moins conducteurs. D’après Herwig {Pogg., CLI, 177), cette conductibilité calorifique serait indépendante de la température entre 40 et 160 degrés, tandis que sa conductibilité électrique varierait.

A l’état liquide, le mercure est un corps très mobile et très réfléchissant, que l’on appelait autrefois, à cause de cette double propriété, le vif-argent. Sa fluidité change facilement avec sa pureté ; les gouttelettes de mercure, au lieu de s’écouler avec facilité sur le verre et sous forme de petites sphères, s’allongent peu à peu en laissant une longue queue quand le mercure contient des traces de métaux étrangers; on dit alors que le mercure fait la queue.

Certains sels, en dissolution dans l’eau, présentent, au contraire, la propriété de maintenir séparées les petites gouttelettes de mercure que l’on a divisé en agitant fortement le mélange : telle est, par exemple, l’action du chlorure de calcium. Le mercure obtenu par réduction de l’un de ses sels par la voie humide forme aussi une masse composée d’un grand nombre de petits globules d’une extrême finesse, que l’on réunit difficilement les uns aux autres.

. A l’état de vapeurs, le mercure conduit l’électricité ; mais son interposition dans un circuit électrique produit, sur l’intensité du courant, des effets plutôt analogues à ceux d’un arc électrique qu’à ceux d’une résistance proprement dite.

Le mercure entre en ébullition à 360 degrés (Dulong et Petit), à 357“,25 d’après Régnault, à 346 degrés d’après Crichton, à 349 degrés d’après Dalton, à 356 degrés d’après Heinrich, à 350 degrés d’après les recherches les plus récentes.

La densité de la vapeur de mercure est de 6,7 d’après Bineau (théorie, 6,933). M. Dumas a obtenu pour cette densité 6,976.

Voici, d’après Régnault, la table des tensions du mercure à diverses températures :

MKUCURE.

Volatilisation du mercure. — Une ancienne expérience de Faraday montrait, au moyen de l’amalgamation d’une feuille d’or, que la vapeur de mercure ne se diffusait pas, à la température ordinaire, à une certaine distance audessus d’un bain de mercure. M. Merget a repris ces expériences, en employant un moyen beaucoup plus précis pour constater la présence du mercure. Des papiers imprégnés d’azotate d’argent, de chlorure d’or, de platine, de palladium ou d’iridium, brunissent sous l’influence des vapeurs de mercure par suite de la formation d’une couche de métal réduit. M. Merget a constaté, par ces réactifs extrêmement sensibles, que la vapeur de mercure se diffuse comme les gaz, et que, par exemple, toutes les parties d’un vaste atelier d’étamage de glaces contiennent de la vapeur de mercure. M. Merget a de même montré, par des expériences extrêmement ingénieuses, la diffusion des vapeurs mercurielles à travers les feuilles, à travers le bois, les points plus perméables aux gaz, tels que les stomates ou les vaisseaux, étant indiqués par une teinte plus foncée du papier sensible.

Distillation du mercure. — La distillation du mercure présente certaines particularités curieuses signalées par Millon {Annales de chimie et de phy-

sique [3], XVIII, 335). D’après ce chimiste, la vitesse avec laquelle le mercure distille à une même température varie très notablement avec la pureté du métal. Un dix-millième de plomb ajouté à du mercure pur suffit pour rendre sa vitesse de distillation 13 fois moindre; un millième de plomb la rend plus de 27 fois moindre. Un dix-millième de zinc la rend près de 9 fois moindre. Un millième de zinc la rend 18 fois moindre. Le platine paraît, au contraire, la rendre un peu plus rapide.

Barreswiî explique très simplement les résultats obtenus par Millon, en faisant remarquer qu’il se forme à la surface du mercure, contenant un métal oxydable, une légère couche d’oxyde s’opposant à la distillation, comme une couche d’huile très mince placée sur l’eau en retarde l’évaporation. Les métaux non oxydables, comme l’or et le platine, sont sans action retardatrice; le platine, qui semble au contraire favoriser l’évaporation, agirait avec le mercure comme avec les autres liquides, dont il rend l’ébullition plus régulière et plus rapide {Comptes rendus, XXII, 420).

Spectre de la vapeur de mercure. — Étudié d’abord par Wheatstone {Fifth Report of the British Association from the advancement of science), qui trouva qu’il se composait de sept raies, le spectre du mercure fut ensuite examiné par Angstrôm {Pogg., XGIV), puis par Gladstone, au moyen d’une sorte de lampe électrique formée par une chute d’une veine de mercure très fine ; cette veine était composée de globules distincts entre lesquels jaillissait la lumière électrique, lorsque le vase supérieur d’où le mercure coulait et le vase inférieur dans lequel il se rendait étaient mis en communication avec les pôles d’une pile. Voici les vingt-trois raies observées dans ces conditions; leurs positions sont indiquées par les déviations qui leur correspondaient dans les conditions de l’expérience (prisme de fliiit de 45 degrés). Comme point de repère, nous indiquerons également les déviations correspondantes des sept raies de Fraunhofer du spectre solaire; une dernière colonne indique approximativement les intensités relatives de ces diverses raies.

La vingt-troisième raie est l’emarquable par son éclat.

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nant du mercure qui s’était réuni dans le verre et il resta une poudre grisé;^ elle fut traitée par deux gouttes d’acide chlorhydrique concentré pendant quelques secondes ; puis on étendit d’eau ; il se forma ainsi un louche blanc qui, traité par l’ammoniaque, noircit. Une addition d’acide chlorhydrique rendit la liqueur incolore, et une goutte d’acide sulfhydrique donna un précipité noir. Ces réactions caractérisent le protoxyde de mercure (Berthelot, loc. cil.).

Du mercure pur, conservé, non plus en présence d’une atmosphère illimitée, niais dans un flacon bouché à l’émeri, se recouvre aussi d’un voile.

! Il résulte d’expériences de M. Amagat que le mercure n’absorbe pas sensiblement d’oxygène aux températures ordinaires, et qu’on peut étudier, avec ce niétal, la compressibilité et la dilatation de l’oxygène, contrairement aux asser-; tiens de Régnault. D’après les expériences de M. Berthelot, il y a oxydation,? mais elle est extrêmement lente et ne saurait être décelée par des mesures de pression, au moins à la température ordinaire et pour les pressions voisines de l’atmosphère.

Le mercure ne commence à s’oxyder rapidement que vers la température de son ébullition.

Les corps oxydants peuvent aussi produire, à froid, l’oxydation du mercure : tel est le cas du permanganate de potasse qui le transforme en protoxyde de mercure, à froid; à chaud, l’oxydation est plus complète et le mercure passe à l’état de bioxyde.

Certains corps, qu’on ne peut classer comme oxydants, facilitent cependant l’oxydation du mercure. Tel est le cas de l’acide chlorhydrique gazeux ou en dissolution concentrée. L’acide chlorhydrique gazeux n’est pas décomposé par le mercure à la température ordinaire ; si Ton enferme dans deux flacons contenant un peu de mercure ; d’une part, du gaz acide chlorhydrique pur; d’autrq part, du gaz acide chlorhydrique mélangé d’une petite quantité d’oxygèné, lé mercure du premier flacon reste inaltéré, celui du second se recouvre d’uné couche blanche de chlorure de mercure. Dans ce cas, Tacide chlorhydrique agit par son action propre sur Toxyde qui se forme, et cette nouvelle action: correspond, comme la première, à un dégagement de chaleur qui s’ajoute au premier en facilitant ainsi la réaction (Berthelot, loc. cil.).

Action du soufre. — Le soufre solide ou en vapeurs s’unit facilement au mercure : lorsque Ton triture'ensemble du soufre et du mercure, il sè forme peu à peu du sulfure de mercure à la température ordinaire; le soufre, principalé'ment le soufre en fleur, noircit en présence de la vapeur de mercure dissérairiéè dans Tair; on Ta préconisé comme préservatif contre l’intoxication par les vapeurs mercurielles.

Action du chlore, du brome et de l’iode. — Ces corps s’unissent directement au mercure à la température ordinaire, en donnant les composés mercureux correspondants.

Action des autres métalloïdes. — Le phosphore, Tarsenic, l’azote et les autres métalloïdes ne se combinent pas directement avec ,le mercure à la tern-

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pérature ordinaire. Le phosphore, l’arsenic et le sélénium s’y combinent à température plus élevée.

Action des métaux. — La plupart des métaux s’unissent directement au mercure pour former des composés qui seront étudiés un peu plus loin (voy. Amalgames). Le fer, le nickel, le cobalt, le platine et les métaux analogues ne s’unissent pas au mercure directement.

Action de l’eau. — L’eau n’a pas d’action sur le mercure ; elle n’est décomposée à aucune température par le mercure, ce qui s’explique par la facile réduction de l’oxyde mercurique.

L’eau agitée avec le mercure paraît lui communiquer des propriétés spéciales, soit que le mercure y soit un peu soluble, soit que du mercure divisé y reste en suspension, soit que l’eau se charge de certains composés mercuriels solubles qui peuvent se trouver dans le mercure ; l’oxydule que contient le mercure en général peut jouer un rôle important dans ce phénomène. Cette eau est employée en médecine comme vermifuge. L’eau ordinaire prend une plus grande quantité de mercure que l’eau distillée.

D’après Wiggers {Pogg., XLl, 440), quand on fait bouillir de l’eau et du mercure, on obtient une eau contenant une trace de mercure : il employait 10 parties d’eau pour 1 de mercure (en poids), et il faisait bouillir le tout ensemble de façon à réduire le volume de moitié. Le liquide décanté ne présente pas les réactions ordinaires du mercure; pour mettre la présence de ce métal en évidence, Wiggers ajoute quelques gouttes d’acide nitrique à l’eau décantée, et il évapore; le résidu est alors coloré en brun par l’acide sulfhydrique. Paton et Favrot, qui ont repris celte expérience (/. chim. méd., XIV, 306), sont arrivés à un résultat négatif. Les expériences d’Anthon (J. prakt. Chem., XV, 153) ont, au contraire, confirmé celles de Wiggers. D’après Gmelin, il ne suffit pas de décanter l’eau après ébullition pour la séparer du mercure ; car, si on filtre la liqueur ainsi décantée, il reste sur le filtre de petits globules de mercure et la liqueur filtrée ne contenait plus, d’après Gmelin, de mercure dissous.

Action des acides. — 1“ Acide chlorhydrique. — Cet acide est sans action, soit que l’on opère en présence du gaz ou de la dissolution concentrée à froid ou à une température inférieure à 350 degrés. Au rouge, l’acide chlorhydrique est décopiposé par le mercure, mais d’une façon très incomplète.

En présence de l’air êt de l’acide chlorhydrique, le mercure est attaqué à la longue.

L’acide iodhydrique gazeux est rapidement décomposé par le mercure en iodure de mercure et hydrogène. M. Berthelet {Ann. chim. phys. [3], XLVI, 492) a constaté la même propriété dans le gaz bromhydrique. Seulement, la décomposition de ce gaz n’est pas immédiate comme celle du gaz iodhydrique.

Si l’on abandonne pendant un an du gaz bromhydrique dans des flacons contenant un peu de mercure, on trouve qu’au bout de ce temps il s’est formé du bromure de mercure. Si l’on ouvre les flacons sur le mercure, ce liquide les remplit à moitié : l’autre moitié des flacons renferme de l’hydrogène pur.

Le même résultat peut être obtenu plus rapidement, en chauffant à 100 degrés, pendant cinquante heures, du gaz bromhydrique et du mercure dans des tubes scellés.

Le mercure sec ne décompose pas le gaz sulfhydrique à 100 degrés.

M. Berthelet {Ann. chim. phys. [5], XVIII, 397) a observé que le gaz sélénhydrique, conservé dans des flacons à la température ordinaire pendant quelques années au contact du mercure, se décompose en grande partie, en vertu d’une action lente, avec formation de séléniure de mercure.

L’action n’est pas complète, même au bout de trois années, sans doute à cause de l’imperfection du contact et de la pellicule formée par le séléniure à la sur-, face du mercure :

HSe 4- Hgs = Hg^Se + H.

Cette réaction n’a pas lieu d’une manière appréciable, dans les mêmes conditions, entre le mercure et l’hydrogène sulfuré, substances qui réagissent cependant très nettement vers 550 degrés.

La différence qui existe ici entre les deux hydracides est due vraisemblablement à la différence de leurs chaleurs de formation ; le gaz hydrogène sulfuré étant formé, depuis ses éléments, H -)- S solide avec dégagement de chaleur : -|- 2Ca>,3 ; tandis que le gaz sélénhydrique est formé avec absorption de chaleur :

H + Se = HSe absorbe — 2Cai,7.

La décomposition de ce dernier gaz par un métal, toutes choses égales d’ailleurs, doit donc être plus facile que celle de l’acide sulfhydrique.

Action des dissolutions métalliques. — Le mercure déplace de leurs combinaisons la plupart des dissolutions métalliques; il donne, avec l’azotate d’argent, des cristallisations formées par un amalgame d’argent; avec l’acide osmique, il y a aussi réduction et l’osmium ainsi formé s’unit au mercure pour former un amalgame qui mouille le verre d’une façon parfaite.

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