CHLORURE MERCUREUX, OXYDE MERCURIQUE ET CHLORURE DE PLATINE
Quand on verse une dissolution de protonitrate de mercure, bien exempte d’autres sels mercuriels, dans une solution de chlorure platinique, il se produit un précipité jaune clair qui passe rapidement au brun marron. Mais si l’on opère avec ménagement, en versant peu à peu le protonitrate et en ayant soin de séparer, à chaque affusion, le précipité produit, on voit que les derniers dépôts mettent un temps de plus en plus long à brunir, jusqu’à ce qu’enfin le précipité reste à peu près jaune. La potasse, l’ammoniaque noircissent rapidement ces composés.
En opérant à chaud, le précipité est constitué par du platine métallique ; il en est encore de même si l’on ti-aite les précipités obtenus à froid par l’acide chlorhydrique.
(1) CommaiUe, Comptes rendus, t. LXIII, p. 554.
MERCURE
La formule du composé obtenu par l’action de ces deux corps l’un sur l’autre, est la même, quel que soit le corps en excès. Elle est représentée par
PtCl,Hg2Gl,2HgO,5HO.
BICHLOKüRE DE MERCURE.
Les divers procédés indiqués pour la préparation de ce corps reposent, en général, sur la double décomposition des sels mercuriques et du chlorure de sodium. Les procédés diffèrent surtout par le sel de mercure employé et par les précautions prises pour éviter la présence d’une petite quantité de calomel dans le produit obtenu.
On fait un mélange à poids égaux de sulfate mercurique et de sel marin préalablement fondu et pulvérisé; on ajoute quelquefois à ce mélange du bioxyde de manganèse, dont le rôle oxydant prévient la formation d’une petite quantité de calomel.
On peut aussi chauffer du mercure métallique dans un courant de chlore. Ce procédé direct est surtout utilisé en Angleterre.
L’action de l’acide chlorhydrique étendu et bouillant sur l’oxyde de mercure sert aussi à préparer le chlorure.
On a également employé l’action de l’acide chlorhydrique, sur l’azotate mercureux. Tout d’abord, il se forme un précipité de calomel qui se redissout peu à peu ; on abandonne ensuite la liqueur au refroidissement et il se dépose des cristaux de bichlorure. Quel que soit le procédé employé, il est bon de distiller le produit obtenu dans un courant d’acide chlorhydrique. On évite ainsi la Ransformation d’une petite partie de bichlorure en sous-chlorure.
Le bichlorure de mercure cristallise dans le système orthorhombique. L’angle du prisme est de 108 degrés. Les cristaux obtenus par sublimation sont de petits octaèdres. Ceux que l’on obtient par cristallisation des dissolutions présentent un dôme, outre les faces du prisme.
La densité du bichlorure de mercure est 5,4032 (Karslen) ; 5,420 (Boullay) ; 5,320 (H. Schiff).
Il paraît un peu plus volatil que le calomel ; d’après Faraday, il se volatiliserait même à la température ordinaire. Ce fait a été contredit par Riegel {Arch. pharm. [2J, LXI, 294).
Ses solubilités à diverses températures sont résumées dans le tableau suivant :