‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 83 sur 152 · AUTEURS · texte numérisé non relu

AUTEURS

Poggiale.

Mulder.

Poggiale.

Davy.

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100 parties d’alcool en dissolvent 33 parties, et 100 parties d’éther en dissolvent 25 parties.

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

Le bichlorure de mercure en’dissolution se dédouble en sous-cblorure et chlore, qui donne avec l’eau de l’oxygène et de l’acide chlorhydrique sous l’influence de la lumière solaire. Cette décomposition ne se produit pas avec le chlorure solide, ni avec le chlorure dissous en présence de l’acide chlorhydrique ou du chlorhydrate d’ammoniaque.

Action du soufre. — Un mélange de bichlorure de mercure et de soufre donne, quand on le chauffe, du chlorure de soufre et du sulfure de mercure ; cette réaction peut avoir lieu avec explosion.

Action du phosphore. — Le phosphore agit sur le bichlorure de mercure de plusieurs façons : si l’on chauffe du bichlorure de mercure dans un courant de vapeur de phosphore, il se forme du trichlorure de phosphore et du calomel. Le phosphore, chauffé dans une dissolution de bichlorure, donne du phosphure de mercure, de l’acide chlorhydrique et de l’acide phosphorique ; si l’on remplace la solution aqueuse de bichlorure par une solution éthérée de ce même corps, on obtient du calomel exempt de mercure métallique.

Action de Varsenic. — Quand on chauffe de l’arsenic et du bichlorure de mercure, il se forme du trichlorure d’arsenic, et il se sublime un corps brun qui est un arséniochlorure de mercure.

MERCURE. 181

Action des métaux. — La plupart des métaux décomposent le bichlorure de mercure; tantôt ils s’emparent seulement de la moitié du chlore en le transformant en calomel; tantôt ils prennent tout le chlore et laissent le mercure, qui forme un amalgame avec la partie du métal non attaquée. C’est ainsi que l’étain donne avec le bichlorure de métal du protochlorure et du hichlorure d’étain, ainsi que du calomel ; l’antimoine donne du trichlorure d’antimoine et du mercure métallique. L’argent donne du chlorure d’argent et du calomel.

L’action des divers métaux sur les dissolutions varie un peu avec leur nature ; le zinc, le cadmium, le nickel précipitent rapidement tout le mercure de la solution ; l’action du fer est moins rapide ; celle du bismuth, du plomb et du cuivre est encore plus lente, l’antimoine est sans action. Tandis que la plupart des métaux précipitent à la fois du calomel et du mercure, le fer, ie zinc et le cadmium ne précipitent que du mercure, qui s’unit avec les deux derniers métaux pour former des amalgames cristallisés.

Action de l’ammoniaque. — Une dissolution d’ammoniaque donne avec le bichlorure de mercure un précipité blanc, rappelé ici pour mémoire ; c’est du chlorure de dimercuraramonium : il sera étudié plus loin.

Action du phosphure d’hydrogène. — Quand on fait passer nn courant de ce gaz sur du bichlorure légèrement chauffé, on obtient un sublimé jaune de phosphure de mercure avec un dégagement abondant d’acide chlorhydrique. Ce phosphure de mercure, chauffé rapidement, se dédoublerait, d’après Rose, en ses éléments.

Si Ton fait agir le phosphure d’hydrogène sur une dissolution de hichlorure de mercure, la réaction est un peu différente : il se forme du chlorophosphure de mercure.

Action de l’arséniure d’hydrogène. — Quand on fait passer un courant de ce gaz à travers une solution de hichlorure de mercure, on obtient un précipité d’un brun jaunâtre dont la composition est Hg®As,3 HgCl (Rose).

Action de l’acide sulfhydrique. — L’acide sulfhydrique décompose le bichlorure de mercure en donnant le sulfure noir correspondant lorsqu’il est en excès. Quand, au contraire, c’est le bichlorure qui domine, il se forme tout d’abord un précipité jaune; celui-ci devient bientôt blanc : c’est une combinaison de sulfure et de chlorure mercuriques.

. Action de l’acide sulfureux. — L’acide sulfureux transforme le bichlorure dV mercure en calomel. Celte réaction est très lente à froid ; elle se produit au contraire rapidement à chaud; cependant, si l’on veut transformer tout le hichlorure en protochlorui'e, il faut maintenir quelque temps la liqueur à Tébullilion en renouvelant souvent l’acide sulfureux.

L’acide hypophosphoreux a une réaction analogue : le hichlorure est décomposé en protochlorure si l’acide n’est pas en excès; dans le cas contraire, il se dépose du mercure métallique.

L’acide phosphoreux agit de même.

Action de l’acide sulfurique. — Cette action est très faible ; elle n’a lieu qu’à une température où le bichlorure se volatilise assez rapidement pour qu’il échappe» en grande partie à cette action ; une petite portion est transformée en sulfate.

Action de l’acide chlorhydrique. — Cette action a été principalement étudiée par M. Bitte (Comptes rendus, XCII, 353).

Lorsqu’on dissout les chlorures de mercure dans l’acide chlorhydrique et qu’après avoir refroidi la liqueur vers — 10 degrés, on la sature par un courant de ce gaz, on obtient par refroidissement des cristaux plus ou moins nets, suivant la concentration du liquide. On les sépare de l’eau mère en les séchant sur de la porcelaine dégourdie, à l’abri de l’humidité et à une température inférieure à — 5 degrés. Ils fondent, en effet, vers — 2 degrés et se décomposent; ces cristaux, blancs, brillants et transparents, ont pour formule HgCl,HCl,7 HO.

Si, au lieu de saturer la dissolution d’acide chlorhydrique à — 10 degrés, on le fait vers -j- 5 degrés, en ajoutant une plus forte proportion de bichlorure, on obtient, par un refroidissement lent, vers zéro ou au-dessous si la liqueur est peu riche en chlorure, de gros cristaux très nets; ce sont des prismes volumineux, courts, transparents et incolores ; ils se décomposent à l’air et fondent dès que leur température s’élève un peu. Séchés sur de la porcelaine à l’abri de l’air humide, ils contiennent 3 HgCl,2HCl,4HO.

En ajoutant du chlorure à la dissolution précédente en quantité telle que des cristaux puissent se déposer au voisinage de 15 degrés, on obtient, suivant la proportion de chlorure, ou bien de grands prismes allongés, transparents et incolores, ou bien des aiguilles plus petites, mais de même forme. Ils se décomposent à l’air, blanchissent et deviennent opaques; sous l’action d’une élévation de température, ils fondent, perdent de l’eau et de l’acide, et laissent un résidu de chlorure; leur composition correspond à la formule

4HgCI,HCl,12HO.

Si la dissolution a été saturée à une température comprise entre 15 et 40 degrés, elle laisse déposer par refroidissement des aiguilles longues et minces, qui, séchées à la température à laquelle elles se sont formées et sur une plaque de porcelaine, présentent l’aspect de longs prismes soyeux et brillants. Ils ne diffèrent des derniers que par l’eau qu’ils contiennent, et leur formule est 41IgCl,lICl,9HO. Comme les sels précédents, ils fondent sous l’action delà chaleur, puis se décomposent; comme eux aussi, ils blanchissent et deviennent opaques au contact de l’eau, qui leur enlève de l’acide chlorhydrique et qui ensuite les dissout aisément.

Les cristaux qui se déposent d’une liqueur saturée entre 80 et 90 degrés, offrent l’aspect de l’amiante : ce sont de longues aiguilles blanches, très fines et soyeuses; quand elles se déposent vers 60 degrés, elles retiennent de l’eau, et leur analyse conduit à leur assigner la composition 6HgCl,HCI,IOHO; c’est

MERCURE

le composé indiqué par M. Berthelot comme ayant été obtenu par M. Rindell. A température plus élevée, on obtient des lamelles ou des paillettes blanches et nacrées qui renferment les mêmes proportions de chlorure et d’acide, mais qui ne paraissent plus contenir d’eau ; elles sont, du reste, très difficiles à isoler de la liqueur dans laquelle elles se forment et qui se prend en masse par refroidissement.

Ces diverses combinaisons ne correspondent pas en général à des séries de sels ; ainsi le bichlorure de mercure forme, avec les chlorures métalliques, un certain nombre de combinaisons, mais elles répondent plutôt à la formule

2HgCl,MCl + Aq.

dont l’acide correspondant n’a pas été obtenu. Il existe des sels de la série HgCl,MGl-J-Aq.

On connaît aussi des sels appartenant à des séries dont l’acide n’est pas connu, comme CaGl,5HgCl et MgGl,3HgCl.

Action des alcalis. — Quand on verse peu à peu un alcali soluble dans une dissolution de bichlorure de mercure, il se forme un précipité de couleur variable allant du jaune au noir, surtout quand on chauffe la liqueur. Cela tient à ce qu’il se forme des oxychlorures de composition variable avec les proportions de chlorure soluble et d’alcali employé. Si l’alcali est en excès, tous les oxycblorures sont détruits, et l’on obtient le précipité bien connu d’oxyde jaune de mercure.

La présence d’un grand excès de sel marin empêche la production de ces composés intermédiaires. L’addition d’un alcali dans une telle solution ne détermine pas instantanément de précipité, même quand l’alcali est en excès ; l’oxyde de mercure se dépose seulement après quelques instants avec une apparence cristalline, comme il arrive pour le phosphate ammoniaco-magnésien et d’autres corps, dont la précipitation est successive et plus ou moins lente. Mais à tous lés instants de sa précipitation, l’oxyde apparaît avec ses caractères définitifs.

Get oxyde cristallin, transparent au microscope, est plus dense que l’oxyde ordinairement obtenu par précipitation. Il est jaune quand on le prépare en liqueurs froides; mais, si l’on précipite à l’ébullition, il a une couleur rouge voisine de celle de l’oxyde obtenu par la calcination de l’azotate. Gomme ce dernier, l’oxyde rouge précipité et cristallin est inattaquable par le chlore sec ; l’oxyde jaune cristallin s’attaque un peu par le chlore, mais bien plus lentement que l’oxyde ordinaire amorphe (Debray, Comptes rendus, XGIV, 1222).

Quand on chauffe un mélange de bichlorure de mercure avec de la potasse, il se dégage de l’oxygène et des vapeurs de mercure : il se forme en même temps du chlorure de potassium.

Gertaines substances organiques empêchent cette précipitation, ou la modifient.

Les carbonates et les bicarbonates alcalins jouent un rôle analogue.

(Voyez aussi, pour l’action des alcalis sur le bichlorure de mercure, les Oxychlorures de mercure.)

Action des sulfures. — Les sulfures de zinc, de cadmium, de fer, d’étain, d’antimoine et de cuivre, récemment précipités, transforment le bichlorure de mercure dissous dans l’eau en sulfochlorure 2HgS,HgCl.

Action du protochlorure d’étain. — Ce corps réduit le bichlorure à l’état de calomel ou même de mercure métallique, lorsqu’on emploie un excès de chlorure d’étain. Cette réaction est très sensible et permet de reconnaître la présence de 1/20000 de mercure dans une liqueur.

Chlorure mercurique et pentachlorure de phosphore (Baudrimont, Ann. de chim. et de phys., 4' série, t. II). — Le mercure est difficilement attaqué par le pentachlorure de phosphore ; cependant ce dernier le transforme peu à peu en protoehlorure et en bichlorure de mercure, qui ne paraissent pas d’abord former de sel double à cause de la lenteur de la réaction.

Cependant le bichlorure de mercure peut se combiner à PCI® par voie directe. Quant au calomel, quand on le traite par PCI®, il est changé en un sel de bichlorure de phosphore :

7(PCP) + 6(Hg2Cl) = 4[PCl®,3(HgGl)] -P 3(PCP).

La préparation du chlorophosphate mercurique est assez difficile, au moins pour l’avoir pur et cristallisé.

Il faut chauffer ensemble, au bain d’huile et dans une cornue, 1 équivalent de PCI® avec 3 équivalents de bichlorure de mercure. On voit se sublimer d’aboi’d un peu de PCI® qu’on fait retomber dans la cornue ; puis, quand la combinaison est en partie accomplie, on maintient la température entre 200 et 220 degrés. Alors de belles aiguilles nacrées se condensent dans le dôme de la cornue. On les enlève de temps en temps après avoir laissé refroidir l’appareil, qu’on chauffe ensuite de nouveau. C’est en répétant plusieurs fois cette opération qu’on peut obtenir une certaine quantité de ce produit à l’état de pureté.

Lorsqu’on chauffe plus fortement ce sel, il paraît se décomposer, surtout a feu nu, en PCI®, qui devient libre, et en bichlorure de mercure, qui distille.

Le chlorophosphate mercurique est en beaux cristaux blancs aiguillés, nacrés, fumant à l’air, qui les rend opaques. L’eau décompose instantanément cette substance en la dissolvant (on sait que le bichlorure de mercure, seul, est peu soluble dans l’eau). La liqueur présente alors les caractères des sels de bioxyde de mercure, alors même qu’on aurait employé le calomel à la préparation précédente.

Le chlorophosphate mercurique est très fusible et volatil.

Action de divers composés organiques. — Un certain nombre de substances organiques réduisent le bichlorure à l’état de protochlorure. Les formiates alcalins, le tartrate de potasse, l’acide oxalique, l’oxalate d’ammoniaque, l’émé-

MERCURE

tique, le sucre, la gomme arabique et bien d’autres déterminent cette réaction. La lumière et la chaleur jouent un rôle souvent important dans ces réductions.

L’albumine précipite le bichlorure de mercure de ses solutions, et forme avec lui un composé insoluble, dans lequel les propriétés corrosives du sublimé sont détruites, ce qui a fait proposer le blanc d’œuf comme antidote de ce poison.

Ce composé a été regardé par quelques auteurs comme une combinaison de protochlorure de mercure et d’albumine altérée.

D’après Lassaigne (Comptes rendus, II, 594), l’albumine et la fibrine s’unissent au bichlorure de mercure sans le décomposer, et forment avec lui des composés insolubles hydratés, solubles dans les solutions des chlorures, bromures et iodures des métaux alcalins; les composés d’albumine et de blchloriire de mercure sont unis dans le rapport de 10 atomes du premier contre 1 atome du second, ou sur 100 parties, de 93,55 d’albumine, et 6,45 de bichlorure de mercure.

Ce composé est soluble dans l’eau salée.

C’est à la formation de composés analogues qu’est dû l’emploi du sublimé, pour la conservation de certaines pièces anatomiques ; il s’établit entre le tissu organique et le bichlorure de mercure une véritable combinaison imputrescible, analogue à celles produites avec l’albumine et la fibrine.

THERMOCHIMIE

Le chlorure mercurique est formé depuis le mercure gazeux et le chlore avec un dégagement de chaleur de -f- 39Ca',l et depuis le mercure liquide avec un dégagement de -f- 31Cai,4. Sa chaleur de dissolution est de — 1<^“',5.

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