f lIO'-fAg^HO-f AgOL
nous reviendrons sur cette hypothèse.
La dissolution d’hydrate argenteux se colore à l’air en prenant une e
(1) C.R., t. LXIII, p. 1140 (1866).
rou^e brun trè.s analogue à celle des soluiions de sels cobalteux, et présente unléger trouble dû à la séparation d’argent métallique très divisé.
Lorsqu’on évapore la solution cl’hydrate argenteux, on obtient une substance incolore qui se montre cristalline sous le microscope. Celte substance traitée par l’eau se dissout en laissant de l’argent. Ce dernier est séparé sous forme de cristaux qui paraissent rouges et transparents sous le microscope. La liqueur filtrée renferme de l’hydrate argentique (AgO, HO).
La dissolution d’hydrate argenteux donne avec l’hydrate de potasse un précipité brun noir (oxyde argenteux Ag®0 ?) ; avec l’acide chlorhydrique, il se forme, après un certain temps, un précipité de chlorure d’argent et d’argent métallique, ce dernier demeurant insoluble lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque au mélange.
Cette même dissolution d’hydrate argenteux n’est pas précipitée par l’hydrogène sulfuré ; à l’évaporation, il s’en sépare de l’argent métallique.
Si l’on emploie de l’oxyde d’argent (AgO ou AgO, HO) à la place de la lame d’argent, l’eau oxygénée décompose d’abord l’oxyde avec dégagement d’oxygène, puis il se forme de l’hydrate argenteux, par l’action du peroxyde d’hydrogène sur l’argent très divisé ; la réaction est alors la même qu’avec la lame d’argent.
Comme on le voit, à la lecture des travaux précédents, que nous avons dû citer presque textuellement, les résultats obtenus ne sont pas Irès concordants et ne suffisent pas pour amener la conviction.
D’autre part Wœhler a publié dans les Annales de Liebig, en 1839 et en 1860, deux mémoires, le premier en son nom, le second au nom de plusieurs autres chimistes, dans lesquels la question est abordée par une méthode très différente. Les sels de protoxyde d’argent (AgO) sont réduits par l’hydrogène; il se forme de l’eau, et il reste un produit coloré qui paraît être un sel du sousoxyde d’argent. Examinons séparément ces deux mémoires.
Dans son premier travail, Wœhler (1) fait agir l’hydrogène sur des sels de protoxyde d’argent (AgO) des acides mellique, citrique, oxalique, et succinique.
Lorsqu’on soumet à l’action de l’hydrogène pur et sec, à 100 degrés, le sel de protoxyde d’argent de l’acide mellique, sa couleur blanche devient très rapidement noire en même temps que de l’eau se dégage. La réduction est terminée lorsque l’eau cesse de se condenser en avant du tube. Le sel est alors brun foncé et se dissout dans l’eau avec une couleur brune. La perte de poids correspond exactement à la moitié de l’oxygène primitivement contenu dans l’oxyde d’argent du sel ; le nouvel oxyde aurait donc la formule Ag'O.
La dissolution brune de sel modifié n’est pas stable en présence de 1 air, au bout de peu de temps il se dépose un miroir d’argent métallique, tandis que la liqueur se décolore, et ne contient plus que du sel d’argent non modifié dissous éans un excès d’acide. • t
La réaction précédente est au moins aussi nette avec le citrate d argent. Lorsqu’on soumet ce sel à l’action de l’hydrogène sec à 100 degrés, la masse
(1) Ann. Chem.Pharm., t. XXX, p. 1 (1839).
devient de couleur brun foncé; la réaction se produit même sans nin ■
besoin de chauffer. '
Le sel modifié est acide ; c’est un mélange de citrate de sous-oxvde d’ar et d’acide citrique libre. En effet, si nous prenons deux molécules du cilraîe d’argent, et trois équivalents d’hydrogène, on obtient un équivalent d’aeide citrique libre et un équivalent de sous-oxyde d’argent conformément à l’équation'
2 C*2H5.4g30‘* + IF =
Après lavage et dessication, le sel d’oxydule d’argent forme une poudre brun foncé. Sous l’action de la chaleur, il se décompose avec une faible explosion comme le ferait le citrate d’argent ordinaire. Il contient 76 pour 100 d’argent, ce qui correspond à peu près à la formule :
Ci3U5Ag6o«j qui exige 77,42 pour 100 d’argent.
Le citrate de sous-oxyde d’argent se dissout très lentement dans l’eau, en donnant une liqueur rouge. La dissolution s’altère peu à peu en fournissant un dégagement de gaz et un dépôt de paillettes d’argent métallique. La liqueur rouge précipite, par la potasse, en se décolorant, une poudre noire.
Ce corps noir peut-être desséché, au-dessous de 100 degrés, c’est l’oxydule d’argent Ag^O ; à 100 degrés il perd tout son oxygène et se réduit à l’état métallique. Les acides oxygénés le dédoublent en argent et oxyde ordinaire AgO; l’argent Ae précipite et l’oxyde AgO forme un sel. L’ammoniaque produitla même transformation. Ces caractères pourraient faire penser que cet oxydule est simplement un mélange d’oxyde ordinaire et d’argent, AgO-f-Ag; dans tous les cas, ils ne permettent pas de rien affirmer.
L’acide chlorhydrique change l’oxydule noir Ag®0 en une matière brune; on obtient cette même matière brune lorsqu’on précipite par l’acide chlorhydrique la dissolution rouge de citrate d’oxydule. Mais dans l’un et l’autre cas, le produit brun pourrait être soit un sous-chlorure Ag’^Cl, soit un mélange à équivalents égaux de chlorure ordinaire AgCl et d’argent. Lorsqu’on chauffe ce corps, il fond vers 260 degrés en fournissant de l’argent et du chlorure d argent AgCl qui se séparent; l’ammoniaque produit à froid le même dédoublement, l’argent se dépose et le chlorure entre en dissolution.
L’oxalate d’argent devient jaune brun lorsqu’on le chauffe à 100 degrés dans un courant d’hydrogène pur et sec; mais la décomposition est limitée à celle température; on ne peut même pas la rendre plus complète en chau an davantage, car à 140 degrés il se produirait une explosion très violente.^
Le succinate d’argent devient jaune à 100 degrés dans un courant d hy gène ; en chauffant à quelques degrés au-dessus la moitié de l’acide succiniqno se sublime, et on obtient un succinate jaune d’oxydule d’argent, insoluble an l’eau.
Cependant l’oxyde d’argent pur (AgO) traité de la même manière par 1 hj gène pur à 100 degrés ne fournit pas d’oxydule ; il se transforme immedia ment en argent métallique.
L'ARGENT ET SES COMPOSÉS. 285
Dans son second mémoire (1), Wœhler décrit le molybdate, le tungstale, le chromate d'oxydule d’argent, et quelques autres sels.
Le molybdate d’oxydule d’argent a été obtenu et analysé par Reutenberg. On le prépare par réduction au moyen de l’hydrogène pur du molybdate d’oxyde d’argent en dissolution neutre, à la température ordinaire. Cependant dans ces conditions, la transformation n’est pas complète, et le corps obtenu est amorphe. Il vaut mieux faire une dissolution saturée du molybdate d’oxyde dans l’ammoniaque moyennement concentrée et y faire passer l’hydrogène à 90 degrés environ; le produit est alors plus pur.
C’est une poudre noire, lourde, cristalline et brillante ; on y reconnaît des octaèdres réguliers très nets.
Si l’on chauffait un peu au-dessus de 90 degrés, on aurait de l’argent réduit.
Le sel d’oxydule traité par la potasse donne du molybdate de potasse et de l’o.xydule d’argent noir.
Analyse. I.
Ag. 59,66
Mo. 24,50
ir. III. Calcule,
Le tungstate d’oxydule d’argent a été obtenu aussi par Reutenberg, par l’action de l’hydrogène à la température ordinaire sur la dissolution neutre de tungstate d’oxyde d’argent. C’est aussi une poudre noire, cristalline, brillante, dans laquelle on reconnaît au microscope des facettes brillantes.
L’acide azotique l’attaque en dissolvant l’argent et laissant un résidu d’acide tungstique.
La potasse au contraii’e dissout l’acide et laisse un résidu d’oxydule d’argent
Analyse. I.
Oxydule d’argent- 49,08
Acide tungstique. ... 49,10
Le chromate d’oxydule d’argent peut s’obtenir aussi en faisant passer un courant d’hydrogène dans une dissolution de chromate d’oxyde d’argent dans 1 ammoniaque, à la température ordinaire. Si l’on chauffait, à 50 degrés, 1 argent serait complètement réduit. Déjà à froid il y a toujours une réduction plus complète, et Reutenberg n’a pas obtenu ce sel exempt d’argent métallique.
L arséniate d’argent, le phosphate et l’oxalate donnent lieu à des transformations analogues soit sous l’influence de l’hydrogène, soit sous 1 action réductrice du sulfate de protoxyde de fer. Mais les phénomènes sont moins nets, et le produit est souvent mélangé d’argent métallique.
Enfin, Geuther a remai^é que l’hydrate cuivreux noircit sous l’influence de 1 azotate d’argent, sans doute à cause de la production d’oxydule d argent.