‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 119 sur 157 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SELS OXYGÉNÉS

Nous nous occuperons dans ce chapitre des sels oxygénés formés par le protoxyde d’argent AgO, et nous négligerons la plupart de ceux que fournissent les autres oxydes et les combinaisons salines données par les acides organiques avec le protoxyde. Ces dernières trouveront leur place dans l’histoire particulière de chaque acide organique, conformément au plan général adopté dans cet ouvrage. Quant aux sels formés par les acides minéraux avec les sous-oxydes ou suroxydes, on a fait mention des principaux en signalant ces oxydes; mais ils sont trop peu étudiés, et l’existence même de ces oxydes est trop incomplètement démontrée pour que nous puissions leur accorder une large place.

Les combinaisons salines minérales formées par le protoxyde sont très nombreuses : ce sont des sels neutres tout à fait comparables aux sels de potasse ou de soude, un équivalent de protoxyde d’argent saturant exactement un équivalent d’un acide monobasique quelconque, comme le ferait la potasse ou la soude pour donner un sel neutre. Non seulement le sel neutre satisfait à la définition générale, c’est-à-dire que le rapport de l’oxygène de l’acide à l’oxygène de la base est le même pour chaque espèce de sel que celui que donnent les autres bases, mais, dans tous les cas miles sels obtenus sont solubles, ils sont neutres à la teinture du tournesol et aux autres indicateurs colorés. Celte neutralitépeutêtre facilement constatée, par exemple pour le sulfate et pour l’azotate, qui sont solubles, bien que l’àcide combiné soit très énergique. Ce caractère est très important, car on ne l’observe pas dans les sulfates ou les azotates de cuivre ou de zinc, tandis qu’il est manifeste pour les sels correspondants de potasse ou de soude ; il a une grande valeur au point de vue du rapprochement de l’argent des métaux alcalins et établit nettement une analogie qui apparaît encore dans d’autres circonstances. On sait que lorsqu’un sel métallique se dissout dans l’eau, le phénomène qui se produit est bien plus compliqué qu une simple dissolution, car, d’après les travaux thermochimiques de Berthelet, il se produit constamment, en même temps que la dissolution du sel, une véritable décomposition, qui est en général endothermique, et dont l’absorption de chaleur s’ajoute à celle que produit la dissolution. Ainsi l’azotate de potasse, en se dissolvant dans l’eau, fournit d’abord une dissolution d’une très grande partie du sel employé dans une portion de l’eau; en même temps, le sel se décompose en partie en potasse et acide azotique libres, ces deux corps se dissolvant séparément dans l’eau et coexistant dans le même liquide sans se combiner. Si l’on ajoute à ces deux phénomènes principaux la formation possible des hydrates du sel, de la base et de l’acide, la production des sels acides

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et des sels basiques, on comprend que l’équilibre final dépend d’une multitude de conditions variables d’un sel à l’autre, mais toujours les mêmes pour un même sel, à la même température et en présence de la même quantité d’eau. Lorsque la masse d’eau qui sert de dissolvant augmente, la partie du sel qui se décompose devient plus grande, mais elle est toujours très petite avec les bases fortes, telles que la potasse ou la soude ; elle est au contraire plus considérable pour les sels des oxydes proprement dits. Dans le premier cas, le sel dissous n’a pas de réaction sur les teintures analogues au tournesol, parce que la por-., tion décomposée est très petite et que la base libre détruit complètement l’effet que produirait l’acide libre sur la teinture. Lorsqu’au contraire il s’agit d’une dissolution d’un sel formé par un oxyde proprement dit, la portion décomposée est plus considérable pour le même excès d’eau ; l’acide devenu libre agit alors sur la teinture, et son effet n’est pas contrebalancé complètement par l’action de l’oxyde devenu libre, parce que cet oxyde est une base plus faible que les alcalis et que sa combinaison avec l’eau lui enlève presque complètement ses propriétés basiques. L’expérience prouve qu’à ce point de vue l’oxyde d’argent se conduit à peu près comme les oxydes alcalins, et qu’on doit le considérer comme une base forte analogue à la potasse.

Cependant, si les combinaisons salines de l’oxyde d’argent résistent aussi complètement que les sels alcalins à l’action décomposante de l’eau, elles s’en distinguent nettement lorsqu’on envisage les chaleurs de formation de ces sels soit dans l’état dissous, soit dans l’état solide.

Considérons d’abord l’action des acides étendus (1 éq.=2 l.)sur l’oxyde d'argent précipité et humide, à équivalents égaux. Nous pouvons comparer les nombres obtenus à ceux qui fournit la soude dissoute (1 éq. = 21.), bien que les états physiques des deux bases soient différents :

Aci.Ics.

AgO prccipit'.'. NaO (I én- = 2 lit.).

HCl. 4-20,1

Az04I. + 5,2

SOMi. 4- 7,2

HS. 4- 27,9

CHDO*. -H /t,7

Cyll. -b 20,9

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