‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 58 sur 157 · APPAREILS DE SÉPARATION · texte numérisé non relu

APPAREILS DE SÉPARATION

C’est-à-dire appareils de classement par densité.

Nous distinguons parmi ces appareils ;

8. les cribles hydrauliques ; b- les caisses à tombeau ; c. les tables dormantes ; d- les tables tournantes ; les tables à secousses.

a. — Cribles hydrauliques.

Le plus simple des cribles hydrauliques, employé dans les petites explob tâtions, se compose d’une caisse G dont le fond est formé d’une grille serrée et qui plonge dans une cuve V remplie d’eau. On met dans la caisse une charge de minerai broyé et classé par grosseur. La caisse est fixée par une lige de fer à une longue poutre horizontale reliée, en O, à une charpente fixe en bois et pouvant tourner autour du point de suspension O, comme le fléau d’une balance.

Fig. 29.

Des contrepoids P et P' sont fixés aux extrémités de la poutre. On imprime à l’appareil, soit à la main, soit au moyen d’un mécanisme quelconque, un mouvement alternatif de haut en bas et de bas en haut, mouvement qui se continue de lui-même pendant un certain temps et qu’on renouvelle par une autre impulsion lorsque les oscillations du fléau deviennent trop petites.

Grâce à ce mouvement, la caisse chargée de minerai est alternativement plongée dans l’eau de la cuve et élevée au dehors ; l’eau de cette cuve entre et sort à chaque oscillation dans la caisse en passant par le fond, soulevant les grains d’autant plus facilement que leur densité est moindre. Les plus légers montent à la surface et les plus lourds gagnent le fond, où ils sont retenus par la toile métallique à mailles serrées. Après un nombre suffisant d’oscillatioms, les diverses substances se classent par zones horizontales d’après l’ordre de leurs densités, et on peut enlever les gangues pauvres, qui viennent à la surface du dépôt, au moyen d’une spatule. On les remplace par du minerai mélangé et on continue ainsi jusqu’à ce que la caisse soit pleine de minerai purifié. Onvidea ce moment la caisse et on recommence la série des opérations en la remplissant à nouveau.

Dans les grandes exploitations, on emploie de préférence les cribles a secousses et les cribles continus à secousses rapides.

I/ARGENT ET SES COMPOSÉS. U9

Les cribles à secousses sont formés d’une caisse en bois ou en métal A, divisée en deux compartiments au moyen de la cloison DG. A la partie supérieure d’un des compartiments (celui de droite sur la figure), se trouve fixé un cadre horizontal E, muni d’une toile métallique à mailles plus ou moins serrées. Dans l’autre, se meut un piston F supporté par une tige G.

Ce piston reçoit son mouvement vertical alteimatif par le moyen d’une manivelle représentée sur la figure.

On étale le minerai en couche de 10 à 25 centimètres sur la grille du crible E, après un premier classement par grosseur, puis la caisse est remplie d’eau depuis le piston jusqu’au tamis, de manière que les grains de minerai

Fig. 30.

commencent à être mouillés par l’eau au milieu de la course du piston. Le mouvement de bas en haut et de haut en bas du piston refoule 1 eau à l’intérieur du tamis, où elle soulève les grains plus ou moins haut suivant leur densité, et la force ensuite de s’écouler en laissant retomber les grains librement. Ces mouvements sont très rapides; on peut aller jusqu à 60 coups de piston par minute.

Au bout de peu de temps, si l’on arrête le jeu du piston, on trouve les grains les plus denses et, par conséquent, les plus riches sur les mailles du ‘amis, et à la surface les grains légers formés presque uniquement de gangue. On sépare avec une racle en tôle les diverses couches horizontales en produits

finis, produits à retraiter et produits stériles à rejeter. ...

Le crible peut avoir de 45 à 50 centimètres de largeur et de 0”,60 à 1 métré

de longueur. On peut y traiter complètement dans un jour 2 mètres cubes de minerai pour des grains de grosseur moyenne.

Une partie du minerai provenant des fragments brisés pendant le travail, passe à travers la grille; ordinairement, c’est une partie très riche qu’on recueille à part au moyen de l’orifice 0.

On voit que ces cribles à secousses ne sont que des cribles hydrauliques ordinaires perfectionnés.

Les cribles continus à secousses rapides, ou cribles continus du Harz, reposent sur un principe un peu différent.

Ces appareils se composent d’une série de cribles A, A', A" disposés en

Fig. 31 .

gradins de manière que le minerai arrivant avec l’eau sur le crible A soit entraîné successivement sur les cribles A' et A". Une série de pistons B, B',B", par l’intermédiaire des tiges G, C', C" et des excentriques, D, D', D" communiquent au minerai, dans chacune des caisses placées au-dessous des cribles, une série de secousses rapides et de petite amplitude. Ces caisses sont analogues à celles des cribles à secousses, et remplies d’eau. Ce qu’il y a de particulier, c’est qu’on dépose à l’avance sur les cribles des lits de grenailles un peu plus grosses que celles que l’on veut séparer et de densité variable, le crible A contenant des grenailles de même densité que les grains les plus lourds du minerai, et les densités des grenailles des cribles diminuant à mesure que leu descend dans la série. L’expérience a, en effet, démontré que, lorsque letniner» arrive ainsi sur ces gradins de cribles chargés de grenailles soulevées très rapidement par les secousses, un lit de grenaille se laisse traverser seulcmen par les fragments de minerai ayant une densité supérieure ou égale à celle es grenailles disposées d’avance sur le crible.

La grosseur de ces grenailles est telle qu’elles ne peuvent traverser le cii

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

tandis que les mailles de ce dernier laissent passer les. grains du minerai qui se rassemble au fond des caisses et qui est entraîné par un courant d’eau.

Si l’on voulait, par exemple, séparer avec ces appareils un mélange de galène (D=7,5), de pyrite (D=5) et de blende (D=4,l), on disposerait sur le crible A. des grains de galène, en A' des grains de pyrite, et en A." des grenailles de blende, et on recueillerait dans les trois caisses correspondantes, de la galène, de la pyrite et de la blende sensiblement pures.

b. — Caisses à tombeau.

On appelle ainsi, à cause de leur forme, de longues caisses en bois BG dont le fond présente une légère inclinaison ; elles sont fermées à leur extrémité G

par une planche percée de plusieurs ouvertures à différentes hauteurs. En A, à la tête des caisses, se trouve une banquette sur laquelle on place le minerai à laver. On y fait arriver une eau courante au moyen du conduit qui porte plusieurs ouvertures correspondant aux caisses. Le minerai mis en suspension dans l’eau tombe dans la caisse BG et se dépose sur le fond, d’après sa densité, à différentes distances de A. Les parties les plus légères et les poussières sont entraînées par le courant. Lorsque la caisse est pleine d’eau, on arrête l’écoulement de l’eau par le canal D, et on débouche une des ouvertures de l’extrémité de la caisse, en G. Les eaux bourbeuses s’écoulent dans un canal U, qui les amène dans des bassins de dépôt où s’opère un nouveau triage. On bouche de nouveau les ouvertures G et on recommence le lavage d’une nouvelle quantité de minerai, jusqu’à ce que le dépôt formé dans les caisses ail une épaisseur de

plusieurs centimètres. A mesure que cette épaisseur augmente, on ouvre pour faire écouler les eaux bourbeuses des ouvertures placées en C de plus en plus haut.

Le minerai déposé au fond de la caisse est divisé en trois portions :

La partie qui se trouve vers la tête est souvent assez pure pour pouvoir être traitée immédiatement. Celle qui s’est déposée au milieu et celle qui se trouve dans le bas sont recueillies séparément et destinées^^ à être soumises à de nouveaux lavages.

c. — Tables dormantes.

Ces appareils se composent de tables inclinées de 7 à 8 mètres de longueur, ordinairement accolées deux à deux, munies de rebords sur les côtés pour

Fig. 33.

maintenir l’eau qui coule à leur surface. A la tête se trouve un distributeur par lequel on peut faire arriver à volonté de l’eau chargée de minerai ou de l’eau pure.Ce distributeur, plus Incliné que le reste de la table, a la forme d’un plan

Fig. U .

triangulaire ABC ; il porte une ouverture en A, et, sur les côtés AB et BC, de petits prismes triangulaires en bois, destinés à diviser l’eau qui arrive en A et à la répartir en une nappe uniforme sur toute la surface de la table. A l’extrémité inférieure de la table, sont disposées deux ouvertures transversales, suivant la largeur de la table, fermées au début par une pièce de bois C pouvant se relever autour d’une charnière, et une pièce de cuir clouée en D qui la recouvre et peut être rabattue dans l’intérieur de l’ouverture, pour y laisser tomber l’eaU’

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

Qes ouvertures communiquent avec des canaux qui amènent les eaux dans des bassins de dépôt.

On laisse arriver sur la table, pendant quelques minutes, de l’eau chargée de minerai ; l’inclinaison est telle que les parties qui s’écoulent peuvent être considérées comme stériles; elles sont rejetées par-dessus les ouvertures C et C qui restent bouchées. On arrête alors l’arrivée du minerai et on fait arriver sur la table un léger courant d’eau pendant une ou deux minutes pour laver le minerai enrichi qui s’y est déposé, et entraîner les parties de gangue qui peuvent être restées et tombent dans une des ouvertures C. On fait ensuite arriver sur la table un courant d’eau rapide, et, au moyen d’un balai, on force le minerai fini, resté à la surface, à s’écouler dans le second canal par l’ouverture C' l’ouverture C étant fermée.

d. — Tables tournantes.

Ces tables sont assez employées au Harz.

La table tournante est formée d’une surface conique ABC en bois, de 2“,60 de rayon, dont les génératrices sont inclinées seulement de 5 degrés sur l’horizon. Elle est portée par un axe vertical en bois ou en fer BD, qui lui communique un mouvement de rotation.

Fig. 35.

Une auge circulaire fixe entoure l’arbre et estdiviséeen deux compartiments, dont l’un reçoit de l’eau pure et l’autre de l’eau qui entraîne le minerai ; les bords de l’auge étant dentelés, l’eau pure ou chargée de minerai s écoule sur a table tournante, et s’épanouit en éventail en suivant les lignes de plus grande pente qui sont les génératrices du cône. La vitesse d’écoulement diminuant depuis le sommet du cône jusqu’à la base, la surface se garnit de minerais dont les densités vont en décroissant depuis le sommet jusqu aux bprds.

Les produits stériles sont entraînés par le courant d’eau ; les autres sont classés et séparés par des brosses ou balais qui nettoient la surface de la table. La disposition de ces parties accessoires peut d ailleurs varier eaucoup.

On traite sur une table tournante trois fois plus de matière que sur une table dormante; les produits sont plus purs, les pertes moindres, et la main d’œuvre presque nulle. La force motrice nécessaire est d’environ un quart de cheval par table.

e. — Tables à secousses.

Ces appareils qu’on emploie aussi quelquefois à la place des tables dormantes sont formés d’un plancher incliné BC, établi sur de forts madriers en bois, qui lui donnent un poids considérable et une grande solidité. Ce plancher est suspendu par quatre chaînes ab, a'b' et W, It'. Les deux premières chaînes ab, a'b', sont fixées à des supports invariables ; les deux autres tt’, tt', à un long levier mobile LL' qui tourne autour de l’axe fixe 00' et à l’aide duquel on peut faire varier un peu la hauteur de la partie G du plancher au-dessus du sol en implantant des fiches en fer, en différentes hauteurs, sur le support vertical X y fixe.

L’arbre de couche horizontal XX' porte des cames CG' qui agissent sur un levier en bois coudé K, lequel, à chaque impulsion, pousse en avant le plan-

Fig. 36.

cher BG et l’abandonne ensuite à lui-même ; il vient alors choquer contre les madriers fixes en bois, de sorte qu’à chaque passage des cames devant le levier K succède un ébranlement violent de la table.

Au-dessus du plancher BC se trouve disposé un réservoir V qui reçoit l’eau et le minerai ; le mélange se rend ensuite sur un plan incliné A, triangulaire, qui porte sur les côtés de petits prismes en bois destinés à briser le courant d eau, pareils à ceux des tables dormantes.

Sous l’influence des secousses successives auxquelles se trouve soumis le minerai à mesure qu’il tombe sur le plancher BC, il se classe par ordre de densité. Enfin le courant d’eau entraîne le stérile dans les réservoirs de dépôt d.

Ces tables ont ordinairement de 3 à 4 mètres de longueur etl'”,30 de largeur. Le nombre moyen des cbocs est de 30 par minute. L’inclinaison et la tension des chaînes varient d’un cas à l’autre et sont réglées à volonté.

L’ARGKNT ET SES COMPOSÉS

DEUXIÈME SECTION

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