‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 77 sur 157 · DÉSARGENTATION DES PLOMBS ARGENTIFÈRES · texte numérisé non relu

DÉSARGENTATION DES PLOMBS ARGENTIFÈRES

Dans les sections précédentes, nous avons seulement examiné le traitement des minerais d’argent, c’est-à-dire des substances naturelles que l’on trouve dans les mines, avec une teneur en argent très variable, souvent très faible, et nous nous sommes demandé comment on pouvait en retirer le métal précieux.

Mais les minerais d’argent proprement dits, dans lesquels l’argent est le métal principal, et qui ne sont traités que dans le but de Ten extraire, ne sont pas le’s seules matières dont on retire l’argent dans l’industrie. Un grand nombre de minerais ne contiennent qu’une quantité d’argent insuffisante pour se prêter à une exploitation rémunératrice; cependant il en est qui renferment comme métal principal du plomb ou du cuivre et seulement des traces d’argent; ceux-là sont tout d’abord traités comme minerais de plomb ou de cuivre. Bien que l’extraction de ces deux métaux de leurs minerais soit complètement en dehors de notre sujet (1), on doit remarquer que les procédés en usage pour retirer le plomb et le cuivre fournissent des lingots ou saumons de métal qui retiennent tout l’argent des minerais, lorsque ceux-ci n’en contenaient même que des traces. Il en résulte que dans beaucoup de cas, lé fabricant de plomb ou de cuivre obtient comme produits bruts des matières argentifères dont le titre en argent est bien supérieur à celui d’un minerai primitif, et desquelles le métal précieux peut être bien plus facilement retiré. Tels sont les plombs argentifères, les cuivres, ou inattes cuivreuses, ou cuivres noiis argentifères. On doit alors se préoccuper d’isoler l’argent contenu dans «s métaux, sa grande valeur rendant ce traitement avantageux, même lorsquik n’en contiennent que de très petites quantités.

(I) Voy. Métallurgie du plomb et du cuivre {Encijclopédie chimique).

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

Les saumons (le plombs argentifères, notamment, doivent être considérés comme une des sources les plus importantes et les plus riches en argent; en effet, la plus grande partie de l’argent produit annuellement se retire de ces plombs. On trouve dans la nature des masses considérables de galènes qui servent de matières premières pour la fabrication des énormes quantités de plomb que l’industrie réclame ; or il est rare d’en rencontrer qui soient tout à fait exemptes d’argent, et il est presque aussi exceptionnel d’en rencontrer de très riches, pour lesquelles l’extraction de l’argent constitue le traitement principal. De là l’importance de cette branche de l’industrie métallurgique, désio'née sous le nom de désargentation des plombs argentifères.

Dans un certain nombre d’usines, placées à proximité des mines de galène argentifère, on fait successivement les deux traitements : extraction du plomb et désargentation; mais la plupart des mines de désargentation reçoivent les saumons de ploml) des fabricants de ce métal, et se proposent simplement d’en extraire l’argent. Enfin, il y a des exploitations mixtes; dans celle de Pongibaiicl (Puy-de-Dôme), par exemple, on retire le plomb des galènes provenant des mines voisines, et, en outre, on reçoit des plombs argentifères de Sardaigne, d’Espagne et des Pyrénées, que l’on réunit à ceux de Pongibaud pour en opérer la désargentation.

Nous ne décrirons pas en détail les minutieuses opérations de la désargentation des plombs; en effet, nous avons vu, en parlant du traitement des minerais d’argent, qu’une des méthodes les plus employées consistait à traiter ces matières par le plomb métallique pour former un alliage de. plomb et d’argent désigné sous le nom de plomb d’œuvre; ce produit est ensuite désargenté. Nous devrions donc répéter ici ce que nous avons’ dit à propos de la désargentalion des plombs d’œuvre. Notons cependant que les plombs argentifères, conieuant toujours des quantités très petites d’argent, ne peuvent jamais être traités par la coupellation directe, procédé qui ne peut être employé que poulies plombs d’œuvre exceptionnellement riches.

Cette remarque faite, résumons en quelques lignes les diverses phases de la désargentation, applicables indistinctement aux plombs d’œuvre et aux plombs argentifères :

Première phase : Enrichissement du plomb. — Le plomb étant très pauvre en argent doit être amené à une teneur de plusieurs centièmes. Dans ce but, on peut employer ;

1° Cristallisation ou pattinsonnage ;

2“ Zingage.

Cette dernière méthode se subdivisant en :

A. Incorporation du zinc;

B- Travail de l’alliage ternaire.

Deuxième phase : Coupellation. — L’alliage de plomb et d’argent étant nmené à une richesse suffisante, on le soumet à la coupellation dans les appareils dont nous avons donné la description dans la deuxième section.

Troisième phase : Raffinage. — Le produit obtenu est de l’argent brut con-

m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE,

tenant environ 90 pour 100 d’argent et 10 pour 100 de métaux étrangers (plomb, cuivre, arsenic, bismuth, nickel, cobalt, sélénium, mercure), et qu doit être soumis au raffinage pour être tout à fait pur (1). ’

SIXIÈME SECTION

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