ESSAI PAR LA VOIE SÈCHE (COUPELLATION
Cette opération est fondée sur les propriétéssuivanles de l’argent, du cuivre, du plomb et de leurs oxydes :
1" L’argent fondu, môme au-dessus de 1000 degrés, est complètement inoxydable à l’air et n’est pas volatil;
2” Le plomb fond à 334 degrés et se transforme très rapidement à l’air, vers 1000 degrés, en oxyde de plomb (litharge) fondu;
3° Le cuivre fond vers 750 degrés et se change aussi très vite en o.xyde à 1000 degrés, au contact de l’air ; cet oxyde se dissout dans la litharge fondue;
4" La cendre d’os calcinés absorbe un peu plus de son poids de litharge fondue; cette absorption n’est pas empêchée par la présence de l’oxyde de cuivre dissous dans la litharge.
On utilise ces diverses propriétés de la manière suivante ;
Fie. 7.
Les coupelles sont fabriquées avec de la cendre d’os calcinés ; on leur donne la forme de petites coupes (fig. 7) ou capsules très épaisses. On place dans leur
(1) Uœfer, Histoire de la chimie, t. I, p. 498 et suiv.
L’ARGEST ET SES COMPOSÉS, cavité UQ certain poids de plomb, que l’on porte à une température sutôi\eure à celle de la fusion du métal, puis un poids plus faible de l’alliage d’arghpt'et^jhi^ cuivre, lequel forme avec le plomb un alliage ternaire fondu. A mesure^^J^le ■' cuivre et le plomb s’oxydent, la litharge chargée d’oxyde de cuivre entre dans les pores de la coupelle, comme le ferait un liquide à travers les pores d’un filtre. L’argent reste inaltéré sous forme de bouton fondu. Lorsque l’opération est terminée, on détache le bouton et on le pèse.
Tel est le principe, de la méthode.
Les coupelles sont formées avec des os calcinés au contact de l’air et réduits ensuite en poudre fine. La cendre d’os ainsi obtenue, formée de phosphate et de carbonate de chaux, est humectée avec de l’eau, ou mieux avec une dissolution à 2 pour 100 de potasse, pour que la matière soit légèrement plastique. On introduit ensuite ta pâte ainsi préparée dans un moule métallique représenté figure 8.
Ce moule se compose d’un cylindre 1, évidé à l’intérieur, d’un piton 2, terminé à l’extrémité inférieure par une partie convexe bordée d’un filet, et d’un disque mobile 3, à bord en biais, disposé à la base du moule, dans lequel il pénètre par la partie inférieure ; ce disque sert de fond mobile à la coupelle et entre exactement dans la cavité de la base du cylindre.
Celui-ci étant rempli de la pâte de cendre d’os, on frappe un seul coup sur le pilon au moyen du marteau 4. Les différentes pièces se détachent ensuite aisément. Les coupelles préparées sont séchées à l’aii autant que possible au soleil, et enfin à un feu duux.
Cette dernière précaution est indispensable, les coupelles humides se fendant fréquemment sous l’influence du brusque courant de vapeur d’eau qu’elles produisent lorsqu’on les expose h la température du moufle.
Cette fabrication des coupelles demande une grande expérience. Celles de la Monnaie de Paris ont une réputation européenne et sont expédiées dans tous les laboratoires d’essai.
Le fourneau dans lequel se fait la coupellation ressemble beaucoup au fourneau à réverbère des chimistes (fig. 9).
Il est en terre réfractaire et ordinairement cerclé de bandes de tôle. Il comprend un foyer, un laboratoire et au-dessus un dôme. Le laboratoire, placé entre le foyer et le dôme, porte, une ouverture ayant à peu près la forme d’un demi-cercle dont le diamètre est horizontal; c’est dans cette ouverture qu’on introduit le moufle qui repose sur un appui en terre fixé sur l’autre face, à l’intérieur, et à la partie inférieure du laboratoire. On peut donc utiliser un fourneau à réverbère ordinaire, en modifiant seulement la forme du laboratoire.
Ce fourneau doit être chauffé au charbon de bois.
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