‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 13 sur 92 · I. LES ARABES · texte numérisé non relu

I. LES ARABES

L’origine grecque de la chimie arabe n’est pas douteuse. Les noms mêmes d 'alchimie et A'alambic ne sont que des mots grecs précédés de l’article arabe.

On a peu de renseignements précis sur la vie de Geber ou Yeber (Djafar), le maître des alchimistes arabes, l’auteur de la Siimma perfeclionis magisterii in sua nalura. Geber applique la méthode par distillation, décrit l'acide nitrique, l’eau régale, dont il reconnaît fort bien les propriétés énergiques, la pierre infernale, ie sublimé corrosif 1 explique la dissolution de l'or et il donne son

élixir rouge (solution d’or) comme un remède à tous les maux. Geber se rend bien compte de l’influence des gaz dans la chimie et il recommande à ses disciples de les étudier avec le plus grand soin. 11 donne, pour la première fois, l’exposé complet de la coupellation sur un fond d'os pulvérisés ou de cendres de bois et remarque le phénomène de l’éclair.

Ses opinions philosophiques sont celles des néoplatoniciens. 11 croit à la transmutation des métaux, mais seulement après un retour préalable de ces métaux aux principes premiers qui les composent et qui sont : le mercure, le soufre et l’arsenic. Ces noms désignent des éléments hypothétiques, plutôt que les corps qu’ils représentent pour nous. Au reste, il lui semble qu’une vie d'homme est bien courte pour opérer de telles transformations, tandis que la nature, elle, ne compte pas le temps.

La pierre philosophale étant la source des richesses, il est naturel de supposer qu'elle doive être accompagnée d'une autre substance pouvant prolonger l’existence et permettre à l'homme de jouir de ses richesses. D’où la croyance à Y élixir philosophal ou panacée universelle, destinée à. prolonger la vie au delà du terme ordinaire. Cet élixir esl, pour Geber, une teinture d’or; d’autres alchimistes le fonl consister dans une teinture mercurielle. Enfin, comme le bonheur suprême ne peut exister sur la terre, l'adepte doit chercher le moyen de s'identifier avec l'âme du monde, d'où une troisième recherche, celle de Yesprit universel, qui donnera la participation à la vie supérieure et au bonheur parfait.

Ces idées ont régné à peu près sans conteste chez tous les alehimistes arabes, avec celte différence que ceux-ci n’admettaient, en général, que deux principes élémentaires composant les métaux, le mercure et le soufre.

Pour les mystiques comme Artéphius, c’est le soleil, dont les rayons emmagasinés dans le sol se condensent, qui forme l'or, le métal brillant, jaune, inaltérable, consacré à l'astre du jour.

Page 1