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PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE L’OR

gl. PROPRIÉTÉS PHYSIQUES

Propriétés générales. — L’or est un métal d’une couleur jaune caractéristique quand il est pur. Sa densité, à l’état fondu, est de 19,258, et à l’état écroui de 19,567. Il n’a ni odeur ni saveur. Sa malléabilité et sa duclilité sont supérieures à celles de tous les autres métaux, car il peut être laminé en feuilles n’ayant que jjfoô de millimètre d’épaisseur et, d’autre part, un gramme d’or peut être étiré en un fil de plus de 3000 mètres de longueur. Ces propriétés sont profondément modifiées par la présence de traces de plomb, de bismuth, d’anlimoine, d’arsenic, de sélénium, ou de proportions insignifiantes d’étain et de cobalt ; ainsi, il suffit de de bismuth pour ôter à l’or toute malléabilité, et de j-J-j de cobalt pour le rendre très fragile.

L’or se rompt sous une traction de 21e r ,64 par millimètre carré.

Il peut se souder à lui-même sans fusion ; c’est ainsi que, sous l’action d’un brunissoir, la poudre d’or précipitée prend l’éclat métallique, et qu'une forte compression peut la transformer en une masse d’or cohérente.

L’or divisé présente, d’après Graham, la propriété d’occlure les gaz < chauffé au rouge, il condense O’" 1 ,48 d'hydrogène, Û vol ,29 d'oxyde de carbone, 0 vol ,l 6 d’acide carbonique et 0 ÏO| ,19 à 0 ïol ,24 d'un mélange d’azote et d'oxygène plus riche en azote que l'air atmosphérique.

Propriétés thermiques. — Le coefficient moyen de dilatation de l'or, entre 0° et 100°, est de 0,00001455.

Si on porte l’or à une haute température, il fond à 32° du pyromètre de Wedgwood, ce qui correspond à 1100° environ du thermomètre à air. Cette température est évaluée è 1037° par Becquerel, à 1381° par Pouillet, enfin à 1035° seulement par Violle, d’après des expériences fondées sur la variation de chaleur spécifique aux environs du point de fusion.

L’or en fusion parait vert ; il est à peu près fixe à la température la plus élevée de nos fourneaux; pourtant on a constaté qu’il se volatilisait entre

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2500° et 3500°, ainsi que sous l'action d’une forte batterie électrique : le métal volatilisé brûle avec line flamme verte.

La chaleur spécifique de l’or, sensiblement constante entre 0° et 600°, est égale à 0,0324. Elle croit régulièrement avec la température au dessus de 600 a . La conductibilité calorifique de l’or est de 981, celle de l’argent étant représentée par 1000 (Frank et Wiltgenstein).

Propriétés électriques. — La conductibilité électrique de l’or est, à 19°, de 73, celle de l'argent étant représentée par 100; un alliage de quelques millièmes d’argent est suffisant pour l'abaisser à 60.

La résistance en olim légal d’un fil de 1 mètre de longueur et de 1 millimètre de diamètre, est pour l’or recuit de 0 m ,02630 et pour l’or étiré à la filière de 0”,02997 (Matthiessen).

Propriétés optiques. — La couleur jaune un peu rougeâtre est caractéristique de l’or lorsqu’il se présente en masse; l’or très divisé, en poudre impalpable, obtenu par précipitation ou volatilisation, est rouge pourpre, brun pourpré, ou violacé à reflets jaunes. Laminé en feuilles minces, l’or présente des reflets plus rouges et la lumière qui le traverse a une belle teinte verte. Enfin la poudre d'or, obtenue par précipitation et mise en suspension dans l’eau, laisse passer une lumière d’un bleu violacé.

Propriétés spectroscopiques. — (Lecoq de Boisbaudran). L’or se reconnaît au spectroscope, soit en faisant éclater l’étincelle d’induction à la surface d’une solution de chlorure d’or, soit en portant ce composé dans une flamme de gaz d’éclairage.

Dans l’étincelle d'induction, on obtient un spectre à raies étroites, contenant cependant tout ou partie des bandes nébuleuses et des raies un peu nébuleuses qui s'observent très distinctement avec la flamme du gaz. Plus l’étincelle est courte, plus les raies étroites sont développées relativement aux bandes nébuleuses et aux raies un peu nébuleuses.

Les raies étroites les plus caractéristiques du spectre électrique de l’or sont, en mettant à la division 100 du micromètre la raie caractéristique du sodium :

r .... t “ 101.64 X = 583.6 En première ligne g9 05 , = 627 8

En troisième ligne : ; 107.30 X = 565.8

Cette raie passe en première ligne quand l'étincelle est forte.

Dans la flamme du gaz, le chlorure d'or se réduit partiellement à l’état métallique, mais la fraction restée volatile donne, pendant de courts instants,

un beau speclre formé de bandes nébuleuses, presque étroites. On 11 e voit pas les raies fines du spectre électrique.

Les raies les plus caractéristiques du chlorure d'or chauffé dans la flamme du gaz sont :

I Bande »! portant les

Bande », portant

f Bande (2, portant la r En deuxième ligne : ]

( Bande p a portant les

l Bande 7 dont le milieu a En troisième ligne : <

( Bande 3 portant les

Les réactions spectrales de l’or ne possèdent pas une sensibilité comparable à celle qui s'observe avec certaines autres substances, telles que les composés de lithium, thallium, sodium, etc. La recherche de faibles quantités d’or se fera donc avec plus d’avantage par les moyens chimiques que par l’emploi du spectroscope.

Cristallisation. — L’or cristallise dans le système cubique ; mais, tandis que dans la nature on le rencontre assez fréquemment cristallisé en octaèdres réguliers et en dodécaèdres rhomboïdaux, ou sous d’autres formes dérivées du cube, il est très difficile de l’obtenir en cristaux définis dans le laboratoire.

D’après Chesler, en coulant de l’or très pur dans des lingolières, on observe fréquemment, après refroidissement, sur la partie supérieure du lingot, des traces de cristallisation, telles que des pointements octaédriques bien définis. La pureté de l’or est une condition essentielle pour que l’expérience réussisse; ainsi la présence d'une très faible proportion de cuivre prévient entièrement la cristallisation.

D'après Krafft, on peut obtenir l’or cristallisé en chauffant, pendant 8 jours, à une température voisine de 80°, un amalgame formé de 1 partie d’or précipité et de 20 p. de mercure et en le traitant ensuite, à la même température, par de l’acide azotique à 1,55 de densité. On obtient ainsi des cristaux d'or qui ont un aspect mat, par suite de la présence d’une certaine quantité de mercure, mais qui deviennent brillants lorsqu’on les soumet à l’action d’une chaleur modérée.

Poids atomique. — Le poids atomique de l’or a été l'objet de nombreuses recherches; mais, jusqu’à l'époque de Levol, les résultats auxquels les chimistes sont arrivés à son égard sont singulièrement discordants. C’est ainsi que Proust, Oberkampf, Dalton, Thomson, Bcrzélius, Pelletier, Faval et Figuier ont respectivement attribué au poids atomique de l’or les valeurs suivantes : 77,2, 234,5, 217,6, 191,5, 196,7, 238,2, 201,0 et 179,0. Levol, en réduisant

raies. . .

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L'OR

par l’acide sulfureux une dissolution chlorhydrique de chlorure aurique et en dosant la quantité d'acide sulfurique ainsi formé, est arrivé pour le poids atomique de l'or au nombre 195,85. Ce nombre diffère peu de 190,7, qu’avait obtenu Berzélius; aussi les chimistes ont-ils adopté jusqu'ici la moyenne de ces deux nombres, soit 196,2, comme poids atomique de l’or.

Tout récemment M. Kriiss s'est livré à une série de recherches nouvelles sur le poids atomique du métal précieux en s’attachant spécialement à faire usage d’or absolument exempt de métaux de la famille du platine. Les composés dont il s’est servi sont le chlorure aurique et le bromaurate de potassium. Nous dirons plus tard comment on peut obtenir ces produits à l’état de pureté, et il nous suffira d’indiquer ici quelles ont été les expériences dont ils ont été l’objet.

Le chlorure aurique parfaitement neutre a été décomposé par un courant d’acide sulfureux et l’or provenant de celte décomposition recueilli sur un filtre, lavé à l’eau chaude, séché, calciné et pesé. Le chlore contenu dans la liqueur a été, d’autre part, dosé au moyen de l’azotate d’argent. Les poids ainsi obtenus ont permis, en partant de la formule Au’Cl 5 , de calculer le poids atomique de l’or. La moyenne de huit expériences a fourni pour ce dernier la valeur 196,622. Le bromaurate de potassium KBr,Au*Br 5 a été l’objet de quatre séries d’expériences différentes. Dans la première, on a dosé l’or dans le bromaurale de potassium soit en décomposant ce dernier à sec par un courant d’hydrogène et traitant le résidu par de l’eau chaude pour le débarrasser du bromure de potassium dont il est imprégné, soit encore en réduisant la dissolution du bromaurate par un courant d’acide sulfureux. La moyenne de neuf expériences a donné pour poids atomique 196,741.

Dans la seconde série d’expériences, on a recherché le rapport de l'or au brome, en précipitant l’or par l'acide sulfureux et le pesant après l’avoir lavé, séché et calciné et en dosant le brome par le nitrate d’argent. La moyenne de quatre expériences a fourni pour poids atomique de l’or le nombre 196,745. Dans la troisième série, on a recherché le rapport de l'or au brome du bromure de potassium en réduisant le bromure double à sec par un courant d’hydrogène et reprenant le résidu par de l’eau chaude. L’or métallique ainsi obtenu est pesé après calcination et le brome est dosé dans la dissolution aqueuse au moyen du nitrate d’argent. La moyenne de quatre de ces expériences a donné pour poids atomique de l'or le nombre de 196,619.

Enfin, dans une quatrième série d'expériences, on a déterminé le rapport de l’or au bromure de potassium KBr, en réduisant le bromaurate à sec par un courant d'hydrogène, reprenant la masse par l’eau chaude, après l’avoir pesée et déduisant du poids de l'or ainsi obtenu le poids du bromure de potassium. La moyenne de ces quatre expériences a conduit au nombre 196,620 pour le poids atomique de l'or.

En résumé M. Krüss a effectué trente expérieuces diverses pour déterminer le poids atomique de l'or, et la moyenne de ces trente expériences conduit pour ce poids atomique au nombre 196,669. Ce n'est pas toutefois ce nombre qui a été adopté définitivement par le chimiste allemand. Ayant constaté, en effet, que les résultats obtenus dans la l re et dans la2‘ série de ces expériences sur le bromaurate présentant entre eux des différences plus considérables que

celles constatées entre les résultats de. toutes les autres séries d'expériences, il a pensé que ces dernières devaient être tenues pour plus exactes et il en a déduit le nombre 196,64 comme poids atomique du métal précieux.

§ 2. PROPRIÉTÉS CHlMtaUES

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