INTRODUCTION
Osques Pt des Latins, ainsi que des tribus phocéennes des Pélasges et des Hellènes. Unissant l’activité industrielle et commerciale des Phéniciens au génie artistique des Grecs, ils couvrirent le monde de leurs mineurs comme de leurs orfèvres, si bien qu’à la fin de leur domination séculaire, la presque totalité des gîtes alluvionnels de l’or existant dans le monde connu à cette époque, fouillés par leurs légions d'esclaves, avaient fourni ces quantités prodigieuses de métal qui ont inauguré l’ère de la circulation monétaire dans le monde civilisé.
Ce grand mouvement a son origine dans la conquête et la ruine de Carthage qui livrèrent brusquement aux Romains, jusqu’alors presque dénués de métaux précieux en numéraire, les immenses richesses accumulées par les populations sémitiques du Nord de l'Afrique.
Le flot de l’invasion barbare arrêta ce magnifique élan, et le moyen âge tout entier s'alimenta des réserves accumulées par les Romains, réserves auxquelles les contrées lointaines de l'Inde et de la Perse qui avaient échappé à ce flot destructeur apportaient un faible, mais indispensable contingent.
La grande émigration vers l’ouest des tribus mongoles et les progrès croissants de l’expansion guerrière des populations soumises à l’Islam rendaient cet appoint de plus en plus précaire, lorsque la conquête de Constantinople et l’invasion des fils du Turkestan jusqu’aux bords du Danube et aux portes de N ienne vinrent fermer à peu près définitivement les routes commerciales de 1 Orient et lancer les hardis marins, loin des bords de la Méditerranée, dans les voies encore inconnues de l'océan. Le périple de l’Afrique, renouvelé vingt-cinq siècles après celui des Phéniciens, relia, par une communication directe, l’Europe avec les Indes et la fabuleuse Ophir (Indes, Ceylan, Sumatra, Java?), en même temps que la découverte de l'Amérique mit brusquement à la disposition du monde civilisé un nouveau monde encore vierge, avec ses inépuisables ressources métallifères.
L exploitation de l’or, qui débutait malheureusement presque toujours par la conquête brutale des trésors amassés par des peuples à demi sauvages, prit, par celte découverte, un essor nouveau qui marque le point de départ de l'activité industrielle et commerciale du monde moderne. Cet essor ne s’est plus ralenti et il ne cesse, au contraire, de croître de nos jours encore, grâce à 1 asservissement des forces de la nature et à leur application au travail de I homme, qui sont l’œuvre du grand mouvement scientifique inauguré à la fin du siècle dernier et poursuivi sans relâche par le nôtre.
Enfin, la création des voies de communication rapide, qui universalisent le travail de l’homme, et celle des engins mécaniques, qui multiplient presque à 1 infini sa puissance, étendent aujourd'hui au monde entier, et jusque dans les déserts les plus sauvages, les efforts incessants de l’homme pour la conquête de l’or.
Quel que soit le mode de dispersion du précieux métal, qu’il soit disséminé en paillettes insignifiantes au milieu des graviers, dont il forme à peine la millionième partie, ou caché invisible dans le quartz, dont les filons s’enfoncent dans les entrailles de la terre, l’or est partout recherché, découvert et conquis. Ses exploitations enlacent le monde entier d'un réseau à mailles
presque ininterrompues, et sa production atteint aujourd'hui, chaque année, la moitié du stock que le moyen âge avait légué au monde moderne. Ce grand mouvement est loin de toucher à sa fin ; plus que jamais, l’or est devenu l’agent primordial du développement de l’industrie et du commerce, l’instrument indispensable de l’échange et l'élément essentiel des manifestations de l'art dans ses relations journalières avec la vie civilisée.