‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 49 sur 92 · C. PROCÉDÉS PAR U VOIE MIXTE · texte numérisé non relu

C. PROCÉDÉS PAR U VOIE MIXTE

Définition. — On désigne en chimie, sous le nom de procédés par voie mixte, tous les procédés qui relèvent à la fois de la voie humide et de la voie sèche.

A ce titre, on peut dire que toute matière aurifère est presque toujours analysée par un procédé de la voie mixte, car il est peu d'essai par voie sèche qui ne se termine par une opération par voie humide et réciproquement une analyse par voie humide se termine fréquemment par une coupellation.

Toutefois, dans la docimasie de l’or, on a réservé le nom de procédé mixte à un procédé plus spécialement applicable aux minerais aurifères complexes et qui permet toujours d’effectuer dans ceux-ci une séparation et un dosage rigoureux de l’or et de l’argent.

llivot a indiqué dans son traité de docimasie l’emploi d’un procédé mixte pour l’analyse des minerais argentifères complexes, mais l’a déclaré inapplicable aux minerais aurifères. C’est ce procédé qui, repris et modifié par WM. Cumenge etFuchs, est susceptible aujourd’hui d’être appliqué aux minerais aurifères complexes et d’effectuer en toute rigueur, la séparation de l’or et de l’argent contenus dans ces minerais.

La méthode consiste à soumettre la substance à analyser à une fonte pour matte, en l’additionnant d’un cuivre gris antimonial. Tout l’or se trouve ainsi

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concentré dans un antiinonio sulfure formant au plus le dixième du poids primitif de la matière.

Cet antimonio-sulfure est additionné de litharge, puis attaqué par de l’eau régale chlorhydrique. On ajoute un peu d’acide tartrique et on étend la liqueur d’eau bouillante.

Tout l'or reste en dissolution dans la liqueur à la faveur de l’antimoine et de l’acide tartrique ; tout l’argent, au contraire, se dépose à l’état de chlorure par refroidissement de la liqueur. On filtre, on lave à l’eau froide le précipité de manière à entraîner tous les chlorures solubles, puis on cherche l’or dans la liqueur et l’argent dans le précipité.

MM. Cumenge et Fuclis ont constaté que les réducteurs qui donnaient les meilleurs résultats pour la précipitation de l’or dans une liqueur renfermant ainsi du tartrale d'antimoine, étaient soit l’acide sulfureux, soit l’hypophosphite de soude, ajouté en très petite quantité. L’or métallique précipité est recueilli sur un filtre, puis séché, calciné et passé à la coupellation.

Quant à l’argent, on l'extrait du précipité par une fonte plombeusc suivie de coupellation.

Avantages et inconvénients du procédé mixte. — L’exactitude rigoureuse de la méthode précédente a été, vérifiée par synthèse par MM. Fuchs et Cumenge; on peut donc considérer le procédé mixte comme susceptible d’être appliqué dans toute recherche scientifique faite sur une substance aurifère, en vue de la détermination exacte des métaux préûeux.

Il nous parait plus spécialement indiqué pour la recherche et le dosage de l’or et de l’argent dans les minerais aurifères complexes.

Nous avons montré, en effet, que les méthodes décrites précédemment et appliquées à l'analyse de ces minerais ne conduisaient jamais à un dosage rigoureux des métaux précieux : la méthode par voie mixte vient donc combler une lacune regrettable dans la docimasie de l’or et présente le double avantage de conduire, avec exactitude, au dosage séparé de l’or et de l’argent.

Le seul inconvénient du procédé est d'exiger dans le laboratoire la préparation de cuivres gris artificiels, absolument exempts de métaux précieux.

d. DOSAGE COI.OUIMÉTRIQUE.

A. Carnot a montré dans de récentes expériences qu’en faisant agir des réducteurs sur des sels d’or très étendus, on obtient des dissolutions roses ou pourpres qu’il considère, les unes comme des sels de protoxyde d’or, les autres comme des sels doubles de protoxyde d'or et de sesquioxyde de fer. En particulier, la coloration rose qui se produit en présence de l arséniate de fer est extrêmement sensible et peut servir, par un procédé colorimétrique, à la recherche de très petites quantités d'or.

Cette recherche comprend deux opérations : 1° Préparation de dissolutions de titre connu ; 2° comparaison de la liqueur à examiner avec les liqueurs titrées.

L’on.

Pour préparer les dissolutions titrées, on verse dans une fiole une solution neutre de chlorure d’or étendue contenant une dose connue d'or ; on y ajoute lentement quelques gouttes d'acide arsénique, 2 ou 5 gouttes de perchlorure de fer et autant d'acide chlorhydrique.

Si la liqueur n'était pas acidulée, il se formerait un dépôt floconneux pourpre ; si elle était trop acide ou si l'on ajoutait trop vite les réactifs, la réaction ne réussirait pas et l’on n’apercevrait qu’une coloration bleue faible. On ajoute de I eau distillée de façon à amener le volume du liquide à 100 centimètres cubes; on y jette une pincée de zinc en poudre et on agite la fiole. 11 se produit une coloration qui varie du rose clair au pourpre, suivant la quantité d’or, contenue. La dissolution ainsi colorée est parfaitement limpide, peut être filtrée sans se décolorer et peut se conserver longtemps sans altération. On prépare un certain nombre de ces liqueurs, en faisant varier la proportion d’or, et l’on peut ainsi établir une échelle de teintes jusqu’à une solution contenant 1 milligramme d’or ; une plus grande quantité donne une couleur trop intense.

On traite de même, dans une fiole semblable, la dissolution aurifère à examiner, et l’on compare à la série précédente, devant une feuille de papier blanc. On peut ainsi apprécier un dixième de milligramme d’or dans une dissolution de 100 centimètres cubes.

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