PROCÉDÉS SPECTROSCOPIQUES
Les procédés spectroscopiques, d’une délicatesse si merveilleuse lorsqu’il s’agit de déceler des traces impondérables de thallium, sodium, lithium, sont loin de posséder la même sensibilité pour tous les métaux. Pour l'or, en particulier, lorsqu’il est en faible quantité, les réactions spectrales ne permettent pas de reconnaître le métal précieux avec une certitude égale à celle que comporte l'emploi des procédés par voie sèche.
La manière d’opérer pour reconnaître l'or spectroscopiquement est d’ailleurs fort simple. On attaque la matière aurifère, réduite en poudre fine, par l’eau régale; on chasse l’acide azotique, on verse la dissolution dans un appareil à étincelles et on fait éclater l’étincelle d’induction à la surface de la liqueur. On peut encore porter une goutte de la dissolution dans la flamme d’un bec de Bunsen et examiner celle-ci au spectroscope.
Dans l'étincelle d'induction, ainsi que nous l’avons déjà dit, on obtient un spectre à raies étroites, contenant cependant tout ou partie des bandes nébuleuses et des raies un peu nébuleuses qui s’observent très distinctement à la flamme du gaz. Plus l’étincelle est courte, plus les raies étroites sont développées relativement aux bandes nébuleuses et aux raies un peu nébuleuses.
Les raies étroites les plus caractéristiques du spectre électrique de l’or sont, en mettant à la division 100 du micromètre la raie caractéristique du sodium :
En 1” ligne . . .
En 2‘ ligno . . .
En 3* ligne . . .
] fin r* ligno quand ( l'étincelle est forte.
Dans la flamme du gaz, le chlorure d'or se réduit partiellement à l’état métallique, mais la fraction volatile donne, pendant de courts instants, un beau spectre formé de bandes nébuleuses, presque étroites. On ne voit pas les raies fines du spectre électrique.
L’OR
Les raies les plus caractéristiques du chlorure d’or chauffé dans la flamme du gaz sont :
En 1™ ligne
Bande «, portant les raies Bande portant les raies
En 2' ligne :
Bande (5, portant la raie .
Bande jî s portant les raies
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Bande y dont le milieu apparent e
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La Planche I donne une reproduction en couleur du spectre de l’or dans l’étincelle d’induction et dans la flamme du gaz.
Nous ferons observer, en terminant, que si la méthode spectroscopique ne s’impose pas dans les recherches d’or par une sensibilité spéciale, elle n’en est pas moins utile dans l’examen des composés aurifères, parce quelle peut permettre de reconnaître la présence d’un mêlai qu’on ne cherchait pas et qui aurait échappé aux procédés ordinaires de la chimie.
g. PROCÉDÉS ÉLECTROLYTIQUES.
La précipitation de l’or de ses dissolutions peut être faite aisément par l’électrolyse. La décomposition du chlorure, par exemple, s’effectue avant que la différence de potentiel aux deux bornes du voltamètre employé atteigne un volt. Cette propriété permet de séparer aisément de petites quantités d’or dans des dissolutions de chlorures contenant tous les métaux qui dégagent plus de chaleur que l’or en se combinant avec le chlore, notamment le cuivre, le plomb, le fer, etc.
On peut employer, pour effectuer la séparation, un appareil électrolytique ordinaire à cône de platine, ou l’appareil de M. Riche, etc.; il est toutefois prudent, si l’on opère en présence de chlorures, de remplacer par une tige de charbon de cornue le pôle positif en platine, de l’appareil. Ce dernier serait en effet attaqué par le chlore dégagé par l’électrolyse.
Afin de pouvoir séparer ultérieurement le dépôt d’or du support de platine de l’appareil, on a soin de recouvrir ce dernier d’un mince dépôt d’argent ou de cuivre, avant de l’employer dans la recherche de l’or (Luckow).
On opère donc de la manière suivante pour rechercher les métaux précieux dans un minerai, ou un alliage cuivreux dans lequel on soupçonne la présence de l’or, par l’électrolyse : on attaque par l’eau régale, après grillage si la composition du minerai l’exige ; puis on chasse, par évaporation à sec, l’excès d’acide. On dissout par l’eau chaude les chlorures solubles formés, en acidu-
lant légèrement la liqueur par quelques gouttes d’acide sulfurique. La liqueur filtrée est soumise à l’électrolyse, avec un appareil monté conformément aux recommandations qui précèdent, et dans un vase chauffé au bain-marie à 50-60 degrés, température nécessaire pour que le dépôt d'or soit adhérent. On emploie un seul élément Bunsen. On doit retirer le cône de platine de la dissolution en laissant toujours passer le courant, pour éviter l’attaque de l’or par le chlore dissous dans la liqueur.
Le dépôt d’or ne peut pas être pesé avec sécurité sur le cône de platine, à cause de l’oxydation ou de la dissolution partielle possible de la couche d’argent ou de cuivre que l'on a dû employer, et du dépôt avec de l’or des autres métaux précieux de la liqueur. 11 vaut donc mieux détacher l'or de son support eu lavant ce dernier à l'acide azotique, recueillir le précipité d’or et le peser avec les précautions ordinaires.