VALEURS DE <T
On voit que, pour les alliages à titre élevé, l’erreur a est positive ; on dit que dans ce cas il y a surcharge. Pour les alliages renfermant 60 à 70 % d’or, il y a compensation entre les diverses pertes et l’erreur est nulle ; elle est négative pour les alliages d’une teneur inférieure à 60% d’or.
Les résultats consignés dans le tableau précédent n’ont d’ailleurs rien d’absolu et dépendent essentiellement des conditions dans lesquelles s’effectuent les expériences qui servent à les déterminer et particulièrement de la température à laquelle on conduit la coupellation.
Les faits suivants, cités par Percy, le montrent nettement : on a effectué, à la monnaie de Londres, une série d’essais sur l’alliage normal de la monnaie, renfermant 916,7 d’or et 83,5 de cuivre, en le coupellant avec 2,70 parties d’argent et 8,77 parties de plomb. Douze essais ont été effectués en conduisant la coupellation à une température plus basse que la température normale, douze autres en coupellant à la température normale, et douze autres, enfin, en coupellant à une température un peu plus élevée.
Pour les douze premiers essais on a trouvé une surcharge de 0,0005 ; pour les douze seconds une perle moyenne de 0,0001, et pour les douze derniers une perte de 0,00057. L’influence de la température sur le résultat final du dosage est donc bien marquée.
Remarquons, en passant, que le tableau de Pelouzc et Fremy, appliqué à l'alliage normal de la monnaie d’or anglaise, aurait conduit à attribuer à a une valeur positive, tandis que l’essai effectué à la monnaie de Londres dans des conditions normales donne pour cette même différence une valeur négative ; cela prouve, une fois de plus, que la valeur et le sens des erreurs a dépendent
essentiellement des conditions dans lesquelles s'effectuent la coupellation et le départ.
Il résulte de ce qui précède que, si l'on veut arriver à un dosage absolument rigoureux du métal précieux, dans l’application du procédé de séparation de l’or et du cuivre tel que nous venons de le décrire, il convient, dans chaque cas particulier, de conduire soi-même, et parallèlement à la séparation que l’on effectue, une expérience de contrôle permettant de déterminer la valeur et le sens de l’erreur a commise sur l’évaluation du métal précieux.
Voici d’ailleurs comment on opérera.
On connaît approximativement, par un essai préliminaire, le poids de l’or contenu dans la prise d’essai : on prend un poids égal d’or pur, on l’additionne d’une quantité de cuivre égale à celle que contient cette prise d'essai et de la même quantité d'argent que celle que l’on ajoute à l’alliage à examiner pour en effectuer l’analyse, puis on coupelle simultanément l’alliage artificiel de titre connu et l'alliage à examiner et on les soumet ensuite au départ par l’acide azotique, en opérant exactement de même pour les deux alliages.
Les deux opérations marchant parallèlement et s'effectuant exactement dans les mêmes conditions, leurs résultats sont comparables. Or, on est conduit de cette manière, pour l'alliage artificiel, à une teneur qui présente avec la teneur réelle une différence a positive ou négative ; donc la teneur obtenue pour l’alliage de titre inconnu diffère de la véritable teneur de cette même quantité tr, qu'il suffit dès lors de retrancher ou d’ajouter, suivant son signe, pour obtenir le titre réel.
Toutefois, ceci n’est vrai que si l’or de contrôle est chimiquement pur, et comme il arrive le plus souvent qu’il ne l’est pas, il convienl.de modifier de la façon suivante la correction à apporter au résultat du dosage. Soient :
tj le poids en millièmes de l’or obtenu dans le dosage de l’alliage à examiner ;
x le poids en millièmes de l’or réellement contenu dans l’alliage;
\ le poids en millièmes de l’or de contrôle;
il la différence en millièmes entre la vraie teneur de l’or de contrôle et la pureté absolue exprimée également en millièmes ;
a la perte ou le gain final, toujours exprimés en milièmes, de l'or de contrôle 5.
La quantité d’or pur contenue dans l’or de contrôle est donnée par l’expression £ ^1 — j > et P ar suite 0,1 P eut écril ' e :
d'où:
en prenant le signe — ou le signe + ,'suivant que a est une surcharge ou une perte.
En supposant que l’on ait pris l rigoureusement égal à x, il vient
•r, est le titre que l'on obtiendrait si l’expérience de contrôle était effectuée sur un alliage de même composition que l’alliage à examiner. C’est donc le titre réel, mais il est facile de voir que pratiquement, il diffère extrêmement peu de x. On a, en effet :
Or il est facile d'avoir de l'or de contrôle au titre de 999,90; donc on peut assigner à d une valeur égale à 0,1, d’autre part 5 représente le titre approximatif de l’alliage, et, dans la pratique, ce litre ne diffère du litre réel que d’une quantité comprise entre 5 et 9 millièmes; supposons donc x —Ç = 9, on aura :
c’est-à-dire que x et coïncideront jusqu’à la troisième décimale.
5° Séparation par voie humide. — On peut encore effectuer la séparation de l’or et du cuivre par voie humide. On attaque l’alliage par l’eau régale, on expulse l’acide azotique lorsque la dissolution est complète, on étend d’eau et on précipite l’or par l’acide oxalique (II. Rose).
Le dosage de l'or s’effectue comme il a été indiqué maintes fois.
Dans la liqueur chlorhydrique renfermant le cuivre en dissolution, on fait arriver un courant d'hydrogène sulfuré; le cuivre précipite à l'état de sulfure. On le lave avec de l’eau chargée d'hydrogène sulfuré, on le fait passer sur un filtre, on le sèche, on incinère le filtre à part, on réunit les cendres au précipité, et le tout, mélangé d’une petite quantité de soufre pulvérisé, est calciné au rouge sombre et à l'abri du contact de l'air dans un petit creuset de porcelaine. On pèse le sulfure Cu s S ainsi formé et renfermant 79,87 % de cuivre.
Or et mercure. — La séparation de l'or et du mercure se présente dans l’examen des amalgames que ces deux métaux forment entre eux.
Si l’amalgame ne contient que de l’or et du mercure, on en prend un poids déterminé et variable de 1 à 4 grammes, suivant sa richesse en métal précieux. On introduit la prise d'essai dans un creuset de porcelaine exactement taré et on chauffe très lentement, de manière à vaporiser totalement le mercure. Il faut conduire le feu avec beaucoup de précautions, car si la volatilisation du mercure marchait trop rapidement, on serait exposé à perdre des quantités sensibles d’or. Lorsque le mercure a été complètement expulsé, on élève progressivement la température jusqu'à fusion de l’or. On laisse refroidir, on pèse
L’OR. 161
le creuset et son augmentation de poids donne le poids de l'or. Par différence on obtient le poids du mercure.
Si l’amalgame contient des traces de métaux étrangers, comme il arrive pour les amalgames obtenus dans les traitements des minerais aurifères, il convient d’opérer la séparation et le dosage de l’or de la manière suivante :
La prise d’essai est placée dans une coupelle et l’on distille le mercure en ayant soin de chauffer progressivement et très lentement pour éviter les explosions et projections qui se produisent fréquemment. Quand le mercure a été complètement expulsé, on ajoute 4 à 8 grammes de plomb pauvre et on coupelle soigneusement. L’or reste à l'état de bouton - que l’on pèse après l’avoir nettoyé.
Or et argent. — La séparation de l'or et de l’argent se présente au laboratoire dans l’examen des nombreux alliages que ces deux métaux forment entre eux, et dans l'examen des espèces minérales multiples où on les rcncontie associés.
Dans le cas d’une espèce minérale, ainsi que nous le verrons plus tard, on est tantôt ramené à l'examen d’un alliage d’or et d’argent, tantôt à l’examen d’une liqueur régale renfermant l’or, l’argent et quelques métaux étrangers en dissolution. Comme nous étudierons ultérieurement la séparation de l’or et de l’argent dans une liqueur contenant d’autres métaux étrangers en dissolution, nous nous bornerons ici à examiner le cas des alliages d'or et d’argent, en supposant que ces deux métaux soient seuls en présence.
Les procédés de séparation applicables aux alliages d’or et d’argent, varient avec les proportions relatives suivant lesquelles les deux métaux sont alliés. On peut d’ailleurs les rattacher à deux groupes distincts.
Dans les uns, on effectue la dissolution, ou, suivant l'expression consacrée, le départ de l’argent par l'action d’un acide ; on emploie à cet effet, et selon le cas, l’acide azotique ou l'acide sulfurique; on pèse l'or indissous et on obtient l’argent, soit par différence, soit en le précipitant de sa dissolution acide-
Dans les autres, on dissout l’alliage dans l’eau régale, on dose l’argent dans la dissolution et on obtient l'or par différence.
Nous allons sücccssivement étudier les procédés qui se rattachent au départ par l'acide azotique, au départ par l’acide sulfurique et à la dissolution de l’alliage dans l’eau régale.
1° Départ par l'acide azotique. — L’acide azotique agissant sur un alliage d’or et d’argent, ne dissout la totalité de l'argent que lorsque la proportion de ce métal contenue dans l'alliage n’est pas inférieure à une certaine limite.
Les chimistes ne sont pas absolument d’accord sur cette limite, et celle-ci varie d’ailleurs avec le degré de concentration de l’acide employé, et avec la manière dont on conduit l'attaque de l’alliage. D’après Pettenkofer, il suffit que dans un alliage d’or et d’argent il y ait 1,75 parties d’argent pour 1 partie d’or pour que l’argent soit complètement entraîné par l'acide azotique concenlré, agissant pendant un temps suffisamment long.
D'après Chaudet et Kandelhardt, la totalité de l'argent ne peut être enlevée par l’acide azotique que si l’alliage renferme au minimum de 2,5 à 5 parties d’argent pour 1 partie d'or ; il est vrai que ces auteurs ont opéré avec des acides de concentration moyenne et dans des conditions différentes de celles de Petlenkofer.
Enfin, d’après les anciens essayeurs, le départ par l'acide azotique n’est complet que si l’alliage ne renferme pas moins de 3 parties d’argent pour 1 partie d’or.
Entre ces divers résultats, la pratique a pleinement confirmé ceux de Chaudet et de Kandelhardt, et elle a montré que c’est en opérant dans les conditions indiquées par ces deux auteurs, qu'on effectue le plus rigoureusement la séparation des deux métaux précieux. Nous admettrons donc dans ce qui suit, que pour entraîner la totalité de l’argent dans l’attaque par l’acide azotique d’un alliage d'or et d’argent, il faut que cet alliage renferme au moins de 2,5 à 3 parties d’argent pour 1 partie d’or.
D’après cela, pour appliquer le procédé du départ par l'acide azotique à la séparation de l’or et de l’argent dans leurs alliages, il est nécessaire de distinguer deux cas :
1° L’alliage renferme moins de 2,5 parties d’argent pour 1 partie d’or, c’està-dire plus de 30 °/ 0 d'or.
Dans ce cas, le départ ne peut lui être immédiatement appliqué et il convient, au préalable, de l’additionner de la quantité d’argent nécessaire pour former un alliage complètement attaquable par l'acide azotique. On dit alors qu’on procède par inquartation.
Récemment Balling a montré que l’on pouvait, dans l’inquartation, substituer le cadmium à l'argent, de telle sorte que si l’on ajoute à un alliage d’or et d’argent une quantité de cadmium telle que dans l’alliage final, la somme des poids du cadmium et de l'argent soit égale à 2,5 fois le poids de l'or contenu, l’alliage sera entièrement attaqué par l’acide azotique, l’argent et le cadmium passant en totalité dans la dissolution acide. On a donc à côté du procédé d’inquartation d'argent, un procédé d’inquartation de cadmium. Nous verrons un peu plus loin quels sont les avantages de ce dernier.
2° L’alliage renferme moins de 30 % d'or.
Dans ce cas, le procédé du départ peut lui être immédiatement appliqué. En résumé, dans l’application du départ par l'acide azotique à la séparation de l’or et de l’argent, nous avons à distinguer les trois cas suivants :
a. Départ avec inquartation d’argent.
b. Départ avec inquartation de cadmium.
c. Départ simple, sans inquartation préalable.
Les deux premiers procédés s'appliquant aux alliages qui renferment plus de 30 % d’or et le troisième s’appliquant à tous les alliages où la proportion d’or n’atteint pas 50 °/ 0 .
a. Départ avec inquartation d'argent. — Le procédé comprend deux opérations distinctes. Dans la première, on effectue l’inquartation de l’argent néces-
L'OR
saire ; dans la deuxième, on procède au départ de l’argent par l’acide azotique.
Pour déterminer la quantité d’argent qu’il convient d’ajouter à l’alliage, il faut, dans un essai préliminaire, déterminer rapidement et approximativement le titre de cet alliage. A cet effet, on en prend 1 décigramme, on le coupelle avec 2,5 décigrammes d’argent et! gramme de plomb et on attaque le bouton de retour par l’acide azotique bouillant. Le poids du résidu d’or fait connaître approximativement le titre. On pourrait aussi déterminer rapidement ce dernier avec la pierre de touche, par la densité de l’alliage, par sa couleur, etc., procédés qui seront décrits ultérieurement dans la troisième partie de la docimasie et sur lesquels nous n’avons pas à insister ici.
Supposons donc le titre approximativement connu. On pèse avec soin un demi-gramme de l'alliage et on l'enveloppe dans une feuille de papier avec une quantité d’argent telle qu’après l’inquartation, l’alliage obtenu renferme 2,5 parties d’argent pour 1 partie d’or. Il ne convient pas d’introduire dans l’alliage une proportion d'argent plus forte que celle que nous indiquons ici, car si cette proportion ôtait dépassée, l’attaque ultérieure du bouton de retour par l’acide azotique laisserait un or pulvérulent, finement divisé, et l’on serait exposé, en raison de cet état d’extrême division du métal précieux, à des pertes sensibles dans son dosage. Avec les proportions que nous indiquons, l’or reste au contraire, après le départ, à l'état cohérent et peut être pesé avec une grande exactitude.
Quoi qu’il en soit, on porte, dans une coupelle chauffée au rouge cerise, 2 à 4 grammes de plomb pauvre et, lorsque le métal est découvert, on dépose à sa surface, à l’aide d’une pince, le papier renfermant la prise d’essai et l’argent ajouté. On coupelle ensuite avec toutes les précautions que nous avons indiquées antérieurement (p. 122) et en ayant soin, lorsque l'éclair a passé, de ne rapprocher que graduellement et très lentement la coupelle de l’ouverture du moufle et de ne la sortir que lorsqu’elle est froide. Il est indispensable de procéder ainsi si l’on veut obtenir un bouton qui soit malléable.
On détache alors le boulon de retour de la coupelle, on le nettoie sur sa face inférieure en la brossant vivement, on l'aplatit sur un tas en acier en le battant avec un marteau et on le recuit. On le lamine ensuite de manière à lui donner la forme d’un disque elliptique très aplati et on le recuit encore. On l’enroule ensuite en spirale autour d’un gros fil de fer, et le cornet ainsi obtenu, après avoir été recuit encore une fois, est soumis à l’action de l’acide azotique.
Fig. 14-
A cet effet, on l'introduit dans un petit matras d’essayeur (fig. 14) qu’on
remplit jusqu'à moitié par de l’acide azotique à 1,20 de densité (22° Baume) et complètement exempt de chlore, d’acide sulfurique et d'acide sulfureux; il ne convient pas d’employer un acide de concentration plus forte, sinon on s’exposerait à briser le cornet. On chauffe à l'ébullition jusqu’à ce qu’il ne dégage plus do vapeurs rutilantes, et pour éviter les soubresauts violents qui pourraient déchirer le cornet, on introduit dans le matras un petit morceau de charbon, ou un petit grain d’orge autour duquel l'ébullition se produit.
Lorsque les vapeurs rutilantes ont cessé de se dégager, on décante la liqueur azotique avec précaution et on la remplace par de l’acide azotique à 1,5 de densité (32° Baumè). On fait bouillir pendant dix minutes, puis on décante de nouveau et on remplace par un volume égal d’acide de même densité. On porte à l'ébullition pendant dix minutes encore, on décante et on lave à trois reprises différentes avec de l’eau distillée et bouillante, de manière à bien entraîner la totalité de l’azotate d’argent.
On remplit alors entièrement le matras d’eau froide et on le renverse dans un petit creuset de biscuit où l'or qui a conservé Ja forme du cornet, descend tout doucement. On décante avec précaution la plus grande partie de l'eau contenue dans le creuset, on absorbe le reste avec du papier buvard et on achève de sécher en chauffant à une douce chaleur.
On porte ensuite le creuset dans le moufle et on chauffe au rouge afin de donner au cornet un peu plus de solidité. On pèse ce dernier après refroidissement et son poids donne la teneur en or de l’alliage proposé. Par différence on obtient la teneur en argent.
Quelques chimistes ne conduisent pas le départ comme nous venons de l'indiquer : ils effectuent deux ébullitions seulement avec l’acide azotique, une première fois avec de l'acide à 1,20 et une seconde fois avec de l'acide à 1,50, mais en prolongeant celte deuxième ébullition pendant une heure environ. On arrive, dans ces conditions, à entraîner la presque totalité de l’argent, bien que, d’après Kandelhardt, les résultats soient moins exacts qn’cn procédant par trois ébullitions successives.
D’autres chimistes enfin ont conseillé une seule ébullition, mais prolongée, avec de l’acide à 1,50 de densité; le procédé n'est pas recommandable, car il laisse toujours dans l'or un reliquat d'argent que Kandelhardt évalue à 0,005. Le procédé du départ, tel que nous l’avons décrit, comporte un certain nombre d’erreurs qui proviennent, les unes de la coupellation lors de l'inquartation de l’argent, et les autres du départ. La coupellation provoque des perles par volatilisation du métal précieux et par son entrainement dans les pores de la coupelle. Mais ces pertes sont infiniment moindres que dans le cas d'un alliage d’or et de cuivre (p. 157), car d’une part la quantité de plomb exigée pour la coupellation est beaucoup plus faible, et de l'autre, il n'est pas nécessaire de passer l’éclair à une température aussi élevée.
Le départ comporte une erreur de sens contraire à celle qui est due à la coupellation. Quel que soit en effet le soin qu'on apporte dans les attaques successives à l’acide azotique, on. ne parvient pas à entraîner la totalité de l'argent et l’or obtenu relient toujours des traces de ce métal. D’après Kandelhardt, en opérant comme nous l’avons indiqué, le reliquat d’argent reste corn-
L'OR
pris entre 0,0005 et 0,001, mais si l’on réduit la durée des ébullitions successives, le reliquat augmente et peut atteindre 0,0015 à 0,002.
Quoi qu’il en soit, l’erreur finale commise sur le dosage de l’or est représentée par la différence entre le poids du reliquat d’argent contenu dans la prise d’essai et le poids de l’or qui s’est perdu pendant la coupellation.
En général, les pertes pendant la coupellation des alliages d’or et d'argent étant très faibles, l’erreur sera positive et il y aura par suite surcharge ; il peut aussi y avoir compensation entre les diverses erreurs et le dosage est alors exact. Enfin, mais plus rarement, la quantité d’argent retenue par le cornet peut être inférieure au poids de l'or perdu pendant la coupellation et l’on évalue trop bas le titre de l’alliage. En tout cas, si l’on veut procéder à un dosage absolument rigoureux de l'or, il convient de déterminer la valeur et le sens de l’erreur commise. Pour cela, on procédera comme nous l’avons déjà indiqué pour les alliages d’or et de cuivre (p. 159), en conduisant les opérations simultanément sur l'alliage à examiner et sur un alliage de môme composition, que l’on a préparé soi-même et dont on connaît exactement, par conséquent, la teneur en or.
L’erreur commise sur cet alliage fait connaître l’erreur commise sur l’alliage à examiner et permet par suite de corriger le résultat obtenu pour ce dernier.
b. Départ avec inquartation de cadmium. — On détermine le titre approximatif de l’alliage à examiner, en procédant comme nous l’avons indiqué plus haut, on pèse très exactement 1/2 gramme de l'alliage et on l'introduit dans un creuset en porcelaine dans lequel on a fondu préalablement un petit morceau de cyanure de potassium. On ajoute à la prise d’essai une quantité de cadmium telle que son poids augmenté de celui de l'argent, déjà existant dans l'alliage, soit égal à 2,5 fois le poids de l’or. On fond et lorsque la fusion est complète on laisse refroidir dans l’eau chaude. On retire ensuite le bouton ainsi obtenu et on le jette dans un matras d’essayeur contenant de l'acide azotique à 1,2 de densité. On porte à l’ébullition pendant une heure environ, puis on décante et l’on ajoute à deux reprises différentes de l’acide à 1,5 de densité en faisant bouillir chaque fois pendant dix minutes environ. On décante le 3 me acide, on le remplace par de l’eau chaude, on fait bouillir pendant cinq minutes environ afin d'être bien certain d’enlever la totalité de l’azotate de cadmium, on décante encore. On lave à deux reprises différentes avec de l’eau distillée, puis, le matras étant rempli d’eau, on le renverse dans un creuset où le bouton tombe doucement. On décante l'eau du creuset, on sèche le boulon, on le calcine au rouge et on le pèse. On obtient ainsi le poids de l'or contenu, et, d’après Balling, le résultat obtenu est exact jusqu’à la 5 rae et la 4 m * décimale.
Dans les dissolutions azotiques réunies et renfermant tout l'argent en dissolution on peut doser ce métal par le procédé volumétrique de Gay-Lussae. On obtiendra le dosage de l’argent avec une grande exactitude, car pendant la fusion de l’alliage avec le cadmium, il n’y a pas de pertes sensibles en métaux précieux. C’est un avantage de la méthode au cadmium sur le procédé d'inquartation avec de l’argent.
c. Départ sans inquartation préalable. — C’est le procédé qui est applicable aux alliages renfermant moins de 30 °/« d’or.
On prend 1/2 gramme de l’alliage, on le lamine en feuille mince, on l’introduit dans un petit matras, et on l’attaque avec de l’acide à 1,20 de densité en chauffant à 50 ou 60 degrés jusqu’à ce que les vapeurs rutilantes aient disparu. On décante, on ajoute 25 à 30 grammes d’acide azotique concentré et on chauffe pendant une heure ou deux en maintenant la température à 80 degrés. On décante, on lave à plusieurs reprises avec de l’eau chaude le résidu d’or pulvérulent, puis on remplit le matras d’eau froide et on le renverse sur un creuset où l’or se rassemble lentement. On décante l’eau du creuset en prenant beaucoup de précautions pour ne pas entraîner de l’or pulvérulent, puis on calcine le métal précieux et on le pèse.
Pour êlre certain de l’exactitude du dosage du métal précieux, il convient de s’assurer qu’il ne retient plus d’argent. A cet effet, on l’attaque par l'eau régale et lorsque la dissolution est complète on étend de beaucoup d’eau. On laisse la liqueur en repos pendant plusieurs heures et si, au bout de ce temps, il ne s’est produit aucun précipité de chlorure d’argent, on peut être certain que ce métal a été entièrement entraîné par l’action de l’acide azotique. S'il se produit un précipité de chlorure d’argent, le dosage de l’or est inexact et il convient de le rectifier en procédant au dosage de l’argent.
On précipite ce méta 1 à l’état de chlorure de sa dissolution azotique. On réunit le précipité au chlorure d’argent provenant de la dissolution de l'or impur dans l’eau régale et on pèse. D’après le poids du chlorure on calcule la proportion d'argent contenu dans l’alliage et p3r différence on a le poids de l'or.
Comme le dosage de l’argent à l’état de chlorure est extrêmement exact, on peut considérer le dosage de l’or comme exact au même degré.
2° Départ par l'acide sulfurique. —L’acide sulfurique concentré attaque complètement tous les alliages d’or et d’argent, pourvu que son action soit suffisamment prolongée. Cette propriété peut être utilisée pour séparer l'or de l’argent dans leurs alliages. Voici comment on doit opérer.
On attaque dans une capsule de platine, par de l'acide sulfurique concentré, l’alliage finement divisé, et l'on maintient à l'ébullition tant qu'il se dégage de l’acide sulfureux, en ayant soin d'éviter tout soubresaut violent qui pourrait projeter une fraction de la liqueur hors de la capsule. Lorsque l’acide sulfureux a cessé de se dégager, on laisse refroidir, puis on fait passer l'or indissous et la liqueur dans une capsule en porcelaine renfermant un grand volume d'eau froide. On porte à l'ébullition, on lave par décantations l’or indissous, on le calcine au rouge et on le pèse.
11 convient de s'assurer de l’exactitude du dosage en vérifiant si le résidu d’or ne retient plus d'argent.
Pour cela on le dissout dans l’eau régale, on étend de beaucoup d'eau et on laisse la liqueur au repos pendant plusieurs heures. S'il ne se produit pas de précipité de chlorure d'argent, c’est que l'or était pur; s’il s’en produit un, on le recueille, on le pèse, et on en déduit la correction à apporter au dosage de l*or.
L'OR
Toutefois, comme il est très difficile d’cvaluer avec exactitude une petite quantité de chlorure d’argent, le dosage de l’or reste encore incertain après la correction qu’on lui a fait subir. (Rivot.)
La correction ne serait d’ailleurs pas plus certaine, si l’on cherchait à précipiter tout l’argent à l’état de chlorure et à calculer ensuite l’or contenu par différence.
La précipitation de l’argent à l’état de chlorure dans une liqueur sulfurique n’est pas très nette, en effet, et malgré des lavages prolongés on ne parvient pas à enlever au chlorure la totalité de l’acide sulfurique dont il est imprégné ; le dosage de l’argent n’est donc pas très exact, et par conséquent celui de l’or obtenu par différence ne l’est pas davantage.
L’erreur due au reliquat d’argent dans le départ par l’acide sulfurique ne peut donc pas être appréciée avec certitude, mais il faut ajouter qu’il sera toujours possible de l’éviter en prolongeant suffisamment l’attaque de l’alliage par l’acide sulfurique.
3° Dissolution de l’alliage dans de l’eau régale. — Le procédé consiste à dissoudre l’alliage dans l’eau régale et à doser l’argent à l’état de chlorure : par différence on obtient le poids de l’or.
Les alliages renfermant plus de 30 % d’argent n’étant pas complètement attaquables par l’eau régale, le procédé en question ne peut être appliqué qu’aux alliages renfermant une quantité d’argent inférieure à cette proportion.
On procède de la manière suivante : L’alliage étant laminé en feuille mince, on en pèse très exactement 1 gramme et on l’attaque par l’eau régale en main-, tenant à l’ébullition pendant plusieurs heures.
Lorsque l’attaque paraît complète, on étend de beaucoup d’eau, on chauffe à 60 degrés et, lorsque le chlorure d’argent est bien rassemblé, on le lave à plusieurs reprises par décantations et jusqu’à ce que les eaux de lavage ne présentent plus la réaction de l’argent. On recueille alors le chlorure d’argent et on le pèse avec les précautions ordinaires. On en déduit le poids d’argent contenu dans la prise d’essai et par différence on obtient le poids de l'or.
On peut craindre dans l'application du procédé que le chlorure d’argent ne renferme une certaine portion d’alliage inattaqué, et il convient de s’en assurer en dissolvant le chlorure d’argent dans de l'ammoniaque.
Si l’on obtient un résidu insoluble, on l’attaque de nouveau par l’eau régale, après l'avoir lavé soigneusement, afin de lui enlever la totalité de l’ammoniaque dont il est imprégné. Le chlorure d’argent obtenu par cette nouvelle attaque est lavé par décantations, puis dissous dans l’ammoniaque. Si cette dissolution laisse encore un résidu, on recommence sur ce dernier la même série d’opéralions que sur le précédent, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’attaque de l’alliage soit complète. On réunit alors les liqueurs ammoniacales renfermant le chlorure d’argent en dissolution, on sature l’ammoniaque par l’acide azotique et on lave par décantations répétées le chlorure d’argent ainsi obtenu. On pèse ce chlorure, on en déduit le poids de l'argent et par différence on obtient le poids de l’or.
La séparation de l’or et de l’argent par l’eau régale entraîné quelquefois
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, comme on voit, des opérations assez longues et ne permet pas, d’autre part, de doser l’or directement, aussi nous parait-il plus convenable de lui substituer, toutes les fois que cela est possible, les procédés d’inquartation avec de l’argent ou du cadmium.
Or, argent, plomb, tellure, antimoine. — L'analyse des lellurures d'or complexes conduit, le plus souvent, à une liqueur régale renfermant en dissolution de l’or, de l’argent, du plomb, du tellure et de l'antimoine.
La séparation de ces divers corps dans une pareille liqueur peut s'effectuer de la manière suivante :
On fait passer un courant rapide d’hydrogène sulfuré dans la liqueur, on sature progressivement par l’ammoniaque, on ajoute un léger excès de sull'hydrate d’ammoniaque et on bouche la fiole, qu’on laisse en repos pendant vingtquatre heures. L’or, le tellure et l'antimoine restent en dissolution à l’état de sulfosels, l’argent et le plomb précipitent au contraire à l’état de sulfures. On lave longtemps par décantations avec de l’eau chargée de sulfhydrate le précipité des sulfures insolubles et, comme on peut craindre que ces derniers ne retiennent toujours une certaine quantité de sulfures d’or, de tellure et d'antimoine, il est prudent de les redissoudre dans de l’acide chlorhydrique additionné de quelques gouttes d'acide azotique et de recommencer la précipitation par l’hydrogène sulfuré, l'ammoniaque et le sulfhydrate d’ammoniaque.
Dans la liqueur sulfhydratée renfermant en dissolution les sulfures d'or, de tellure et d’antimoine, on procède à la séparation des trois métaux en opérant comme il a été déjà indiqué (p. 146).
Quant au plomb et à l’argent, qui se trouvent à l’état de sulfures insolubles, on effectue leur séparation en dissolvant les sulfures à froid, par de l’acide azotique étendu, filtrant pour séparer le soufre indissous et précipitant l’argent à l’état de chlorure, par l’acide chlorhydrique étendu, employé en quantité strictement nécessaire. Le chlorure d’argent est jeté sur un filtre taré, lavé à plusieurs reprises à l’eau bouillante, puis pesé après dessiccation à 100 degrés.
Dans la liqueur azotique renfermant le plomb, on ajoute un peu d'acide sulfurique et on évapore lentement à sec ; vers la fin de l’opération, on fait passer la liqueur dans une capsule tarée, on achève l’évaporation, puis on chauffe jusqu’au rouge sombre et on pèse le sulfate de plomb ainsi formé 1 .
Or, argent, cuivre. — La séparation de l’or, de l’argent et du cuivre se
1. Malgré les lavages à l'eau bouillante, le chlorure d’argent retient quet<|uet«,is du chlorure de plomb. Il est prudent de s'en assurer en dissolvant, sur le filtre, le chlorure d’argent par de l'ammoniaque i'aible et laissant la liqueur au repos pendant vingt-quatre heures, line partie du chlorure de plomb, s'il existe, reste sur le filtre, et une autre partie passe dans la liqueur qui le laisse déposer lentement. On fait passer ce dépôt sur te filtre, on le lave avec de l’eau ammoniacale, puis avec de l'eau pure, et on le dissout ensuite par de l'acide azotique Irés étendu. La liqueur ainsi obtenue est ajoutée il la liqueur acide renfermant la presque totalité du plomb, et on achève le dosage de ce métal comme nous venons de l’indiquer.
Quant à l'argent, on le précipite de sa dissolution ammoniacale à l’état de chlorure en saturant 1 ammoniaque par l'acide azotique et on pèse le chlorure avec les précautions ordinaires.
I/OR
présente au laboratoire dans l’examen des alliages ternaires que ces trois métaux forment entre eux. Les procédés que l’on peut employer pour effectuer cette séparation, varient avec les proportions suivant lesquelles les trois métaux entrent dans la composition de l’alliage, mais on peut les diviser en deux groupes suivant qu’on évalue le cuivre par différence ou qu'on le dose directement. Dans le premier groupe, on élimine le cuivre par coupellation, et la différence entre le poids de l’alliage primitif et celui de l’alliage coupellé donne la teneur en cuivre; on procède ensuite à la séparation de l'or et de l'argent en opérant soit sur le bouton de retour, soit sur une nouvelle prise d’essai, ainsi que nous l’indiquerons un peu plus loin.
Dans le deuxième groupe, on entraîne en dissolution soit l’argent et le cuivre, soit l’or, l'argent et le cuivre, et on dose directement les trois métaux.
En d’autres termes, la séparation de l’or, de l’argent et du cuivre peut être effectuée avec ou sans coupellation préalable ; nous allons étudier successivement les méthodes qui se rattachent à ces deux manières de procéder.
1° Séparation avec coupellation préalable. — On détermine en premier lieu, et d’une manière approximative, la ieneur en cuivre et en argent de l’alliage proposé. A cet effet, on en prend 1 décigramme qu’on coupelle avec 2 grammes de plomb pauvre; on pèse le bouton de retour, et la différence avec le poids primitif de l'alliage donne la teneur approximative en cuivre. On traite ensuite le bouton de retour par l'acide azotique concentré; on pèse le résidu d’or, et par différence on obtient d’une manière approchée la teneur en argent.
On pèse ensuite exactement 1/2 gramme de l'alliage à examiner et on le coupelle avec la quantité de plomb nécessaire à l'entrainement total de cuivre. Celte quantité de plomb est indiquée dans le tableau de d’Arcet (voir p. 153), mais, dans le cas spécial où l'argent atteint une proportion telle dans l’alliage que celui-ci ne soit plus, à proprement parler, qu’un lingot d’argent aurifère avec proportions variables de cuivre, il convient d'employer pour la coupellation les quantités de plomb recommandées par Warrentrapp et consignées dans le tableau suivant :
QUANTITÉ DE PLOMB