‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 58 sur 92 · A EMPLOYER · texte numérisé non relu

A EMPLOYER

La coupellation doit être conduite à une température d'autant moins élevée que la proportion d’argent dans l'alliage est plus forte et lorsqu'il s’agit d’un

lingot d'argent aurifère on coupelle comme si l’on avait affaire à un alliage d'argent et de cuivre.

Quoi qu'il en soit, une fois le bouton de retour obtenu, on le pèse, après l’avoir soigneusement nettoyé, et la perte de poids subie par l'alliage primitif donne la teneur en cuivre.

Le dosage du cuivre, obtenu de cette manière, n’est certainement pas très exact, car pendant la coupellation il y a des pertes sensibles en métaux précieux, surtout en argent, et la différence entre le poids de l’alliage primitif et celui de l'alliage coupellé comprend non seulement le cuivre éliminé, mais aussi les perles en or et en argent. On oblient donc la teneur en cuivre avec une certaine surcharge.

Pour séparer et pour doser l’or et l’argent on peut opérer sur le bouton de retour fourni par la première opération. L’essai préliminaire fait connaître approximativement les quantités d’or et d’argent contenues dans ce bouton, et l’on sait par suite quelle est la méthode de séparation qui doit lui être appliquée.

Toutefois, si l’on est obligé de procéder par inquartation, il vaut mieux ne pas opérer sur le bouton de retour, car en soumettant ce dernier à une seconde coupellation, les pertes en or provoquées par celte opération s'ajoutent à celles de la première coupellation, et il est impossible de compter sur un dosage suffisamment exact du métal précieux.

Il est préférable, dans ce cas, de prélever une seconde prise d'essai sur l’alliage, de lui ajouter la quantité voulue d’argent et de coupeller avec le plomb nécessaire. On effectue ensuite le départ sur le bouton de retour, en procédant comme il a été indiqué antérieurement (p. 103).

Le cadmium, ainsi que nous l’avons montré, peut être substitué à l'argent dans l’inquartation, mais comme dans ce cas on procède par simple fusion et non par coupellation, il sera possible d’opérer directement sur le bouton de retour sans crainte d'exagérer les pertes sur le métal précieux.

2 J Séparation sans coupellation préalable. — Lorsqu'on veut doser directement l’or, l’argent et le cuivre, il faut avoir recours, suivant les cas, à l’un des procédés suivants :

1" Quelles que soient les proportions suivant lesquelles les trois métaux entrent dans la composition de l’alliage, on peut entraîner en dissolution la totalité de l’argent et du cuivre en faisant agir sur l’alliage et pendant un temps suffisamment long l’acide sulfurique concentré et bouillant.

On prélève 1 gramme sur l’alliage laminé ou réduit à l’état de limaille fine cl on l'attaque, dans une capsule de platine, par de l’acide sulfurique concentré, en chauffant à une température un peu supérieure à J 00 degrés. Lorsque l’acide sulfureux a cessé de se dégager et que l’on voit se produire les vapeurs blanches d’acide sulfurique, on peut considérer l’attaque comme terminée. On laisse refroidir, on fait passer dans une capsule de porcelaine contenant un grand volume d'eau froide, on chauffe 'à l'ébullition et on lave par décantations l’or indissous; on pèse ensuite ce dernier avec les précautions ordinaires, après l'avoir séché et calciné.

Dans la liqueur sulfurique on précipite l'argent par l’acide chlorhydrique et

L’OR

on le dose à l’état de chlorure : ce mode de dosage, ainsi que nous l’avons déjà fait observer (p. 167), n’est pas extrêmement exact, mais c’est le seul qu’on puisse employer.

Dans la liqueur sulfurique, étendue d’eau au besoin et portée à l’ébullition, on précipite le cuivre à l’état de sulfure par l’hyposulfite de soude, qu’on ajoute par petites portions (Flajolot).

Lorsque la liqueur s’est éclaircie, on reçoit le sulfure sur un filtre, on le sèche, on brûle le filtre à part, on réunit les cendres au précipité, et le tout, mélangé de soufre en poudre, est calciné dans un petit creuset traversé par un courant d’hydrogène sec (H. Rose). On pèse le sulfure de cuivre Cu ! S ainsi formé et on en déduit le poids du cuivre contenu dans l’alliage.

11 est toujours prudent de vérifier que l’or laissé indissous par l’acide sulfurique ne renferme plus d’argent. Pour cela il suffit de le dissoudre dans l’eau régale, d'étendre ensuite la liqueur de beaucoup d’eau et de laisser celle-ci en repos pendant vingt-quatre heures. S’il se produit un précipité de chlorure d’argent, on le recueille, on le pèse et on en dé luit la petite correction à apporter au poids de l’or. Cette correction, ainsi que nous l’avons fait observer antérieurement, est incertaine (p. 167), et l’on pourra toujours l'éviter en apportant des soins convenables à l'attaque de l’alliage par l’acide sulfurique.

2° Si l’alliage ne renferme qu’une faible quantité d’or, 15 à 20 % au maximum, on peut employer le départ par l'acide azotique.

L'alliage, réduit en feuille mince, est attaqué par l’acide azotique à 1,50 de densité ; après une ébullition suffisamment prolongée, tout l'argent et tout le cuivre sont entraînés en dissolution. On lave l'or par décantation et on le pèse, après l’avoir séché et calciné.

Dans la liqueur azotique, on dose l’argent en le précipitant à l’état de chlorure et en opérant comme il a été déjà expliqué (p. 168).

Quant au cuivre, on le précipite à l’état de bioxyde en neutralisant presque complètement la liqueur par du carbonate de soude, ajoutant de la potasse jusqu’à réaction alcaline, et portant à l’ébullition ; on laisse refroidir, on filtre, on lave à l’eau bouillante le bioxyde, on le sèche, on le calcine et on le pèse (Rammelsberg).

U faut toujours avoir soin de vérifier que l’or indissous ne retient plus d’argent; pour cela on le dissout dans l’eau régale, on étend de beaucoup d’eau et on opère, comme nous l’avons indiqué plus haut, dans le départ par l’acide sulfurique.

5° Si l'or est dominant dans l'alliage, on peut procéder à la séparation des trois métaux de la manière suivante. On attaque l'alliage réduit en feuille mince par l’eau régale, et lorsque la dissolution est complète on étend de beaucoup d'eau. Le chlorure d’argent précipité, on le recueille, on le pèse et on en déduit le poids de l’argent.

On précipite ensuite l’or par l’acide oxalique et on le pèse avec les précautions bien connues.

Enfin on dose le cuivre en faisant passer dans la liqueur un courant d'acide sulfureux et précipitant par le sulfocyanhydrate d'ammoniaqne ; le sulfure de cuivre est recueilli, lavé, séché, calciné et pesé avec les précautions ordinaires.

4° Si l’alliage renferme plus de 30 % d’or, Balling a montré qu’on le rend complètement attaquable par l’acide azotique en lui ajoutant une quantité de cadmium telle que la somme des poids de l’argent, du cuivre et du cadmium soit égale à 2,5 fois le poids de l’or. On déterminera donc approximativement, dans un essai préliminaire, la teneur en argent et en cuivre et on inquarlera la quantité de cadmium nécessaire, en opérant d’ailleurs comme nous l'avons indiqué pour les alliages d’or et d’argent (p. 165).

Le départ par l’acide azotique s’effectue également comme pour ces derniers alliages (p. 164), eL on pèse l’or indissous avec les mêmes précautions.

Dans la liqueur azotique on précipite l'argent par l’acide chlorhydrique, et du poids du chlorure on déduit le poids de l’argent.

Pour doser le cuivre, on ajoute de l'acide sulfurique à la liqueur, et on porte à l’ébullition jusqu’à apparition des vapeurs blanches d'acide sulfurique; on étend d’eau, on porte de nouveau à l'ebullilioh et on précipite par l’hyposulfilc de soude en opérant comme il a été indiqué plus haut.

Or et platinr. —■ La séparation de l’or et du platine dans leurs alliages peut s'effectuer par deux méthodes différentes :

l u Dissolution de l’alliage dans l’eau régale et précipitation du platine et de l’or, le premier à l’état de chloroplatinate, le second à l’état métallique.

2° Départ du platine par l’acide azotique après inquartation d’une quantité convenable d'argent.

1" Dissolution dans l’eau régale. — On attaque l'alliage, réduit en feuille mince, par l’eau régale, et lorsque la dissolution est complète, on l’évapore presque à sec pour expulser complètement l’acide azotique; dans la liqueur concentrée on ajoute de l’aleool et une dissolution également concentrée de sel ammoniac. On laisse pendant vingt-quatre heures au repos, on fait ensuite passer le précipité sur un filtre, on le lave avec de l'alcool, on le sèche à 100 degrés, on brûle le filtre à part, on réunit les cendres au précipité et on calcine le tout dans une capsule en platine, en maintenant celle-ci au rouge pendant vingt minutes environ ; on obtient ainsi un résidu de platine métallique qu’on pèse.

La liqueur chlorhydrique, tenant l'or en dissolution, est additionnée des eaux de lavage du chloroplatinate d'ammoniaque, puis portée à l’ébullition jusqu'à expulsion complète de l’alcool. Ou précipite ensuite le métal précieux, soit par l’acide oxalique, soit par le sulfate ferreux, et on pèse l’or à l’état métallique en prenant les précautions précédemment indiquées (Debray).

11 ne conviendrait pas, après avoir expulsé l’acide azotique de la liqueur régale, de procéder d'abord à la précipitation de l’or par l'acide oxalique : cette •précipitation exige, en effet, comme nous l’avons vu, qu’on opère eu liqueur étendue, et d’autre part la précipitation du platine, à l'état de chloroplatinate, ne peut s’effectuer qu’en liqueur concentrée. On pourrait, au contraire, précipiter l’or avant le platine en se servant du sel ferreux, mais on s’expose ainsi, dans la précipitation ultérieure du chloroplatinate, à entraîner un peu de fer qui, pendant la calcination, s’allie au platine et fausse les résultats du dosage.

L’OR

Il vaut donc mieux opérer, comme nous l’avons indiqué, en commençant par la précipitation du platine.

2° Départ du platine par l'acide azotique. — L’expérience a montré qu’un alliage d’or, d’argent et de platine est complètement attaquable par l’acide azotique, le platine et l'argent passant entièrement en dissolution dans l’acide, lorsque la quantité d’or contenue dans l’alliage est au moins égale à 10 fois le poids du platine et que la quantité d’argent est égale ou supérieure à 3 fois la somme des poids du platine et de l’or (Vauquelin).

C’est cette propriété qu’on utilise dans les procédés de séparation de l'or et du platine que nous allons décrire. Nous distinguerons deux cas, suivant qu’on a affaire à un alliage renfermant plus ou moins de 90 % d’or.

a. Alliages renfermant plus de 90 % d'or. — Il suffit d’ajouter îi l'alliage 3 fois son poids d'argent pour le rendre attaquable à l’acide azotique. Voici comment on doit opérer : on pèse exactement 1/2 gramme de l'alliage et on le passe à la coupelle avec 1 gr. 5 d’argent fin et 3 grammes de plomb pauvre, en ayant soin, lorsque l’éclair a passé, de secouer un peu la coupelle afin que le bouton de retour ne soit pas trop adhérent.

Lorsque la coupelle est froide, on détache le bouton, on le brosse soigneusement, on l'aplatit sur un tas d’acier et on le recuit ; on le lamine ensuite et on le recuit encore; on l’enroule enfin en spirale et, après l'avoir recuit une dernière fois, on le soumet au départ par l’acide azotique. L’opération se conduit comme dans le cas d'un alliage d’or et d’argent (p. 164), mais en prolongeant les trois attaques successives par l’acide azotique. On pèse ensuite le résidu d’or insoluble, et par différence on obtient le platine.

Le dosage obtenu de celte manière n’est pas absolument rigoureux, car quelque soin qu'on apporte à l'attaque du cornet par l'acide azotique, l’or retient toujours quelques traces de platine et d’argent. D'après Peltenkofer, le reliquat d’argent est même plus fort dans ce cas particulier, par suite de la présence du platine, que dans le cas d’un alliage d’or et d'argent (p. 165). L'or est donc toujours obtenu avec une surcharge. On peut essayer d’évaluer la petite quantité d'argent qu'il retient en dissolvant le bouton de retour dans l'eau régale, étendant d'eau, puis recueillant et pesant avec les précautions ordinaires le chlorure d’argent qui s’est précipité. Toutefois, la pesée d'une petite quantité de chlorure d'argent n’étant jamais très exacte, la correction qu'on en déduit pour le dosage de l’or est elle-même incertaine.

D’après Bruno-Kerl, on peut entraîner l’argent contenu dans le cornet d’or en fondant ce dernier avec du bisulfate de potasse; il se forme du sulfate d'argent qu’on entraîne ensuite par lavages. On pourrait également, d'après le même auteur, entraîner le platine à l'état de platinate de potasse en fondant le cornet avec du nitre; mais le nitre attaquant également l'or (p. 43), on s’exposerait ainsi à des pertes sensibles en métal précieux. On peut également essayer de contrôler le résultat obtenu pour l’or en dosant directement le platine dans sa dissolution azotique. On commence par précipiter, à l’état de chlorure, tout l'argent qui a été entraîné en même temps que le platine ; puis on évapore à

siccité la dissolution azotique et on calcine au rouge le résidu, dans une capsule de platine tarée préalablement ; on pèse, après refroidissement, et l'augmentation de poids de la capsule donne le poids du platine métallique.

Le dosage du platine, obtenu de cette manière n’est pas très rigoureux, car le chlorure d’argent, en précipitant, entraîne toujours une certaine quantité de chlorure de platine, dont il est très difficile de le séparer (Debray).

Le dosage du platine n'étant pas exact, le contrôle qu’il fournit pour le dosage de l’or n’a, par suite, pas grande valedr, et ce n’est que dans le cas où les deux modes de dosage donneraient pour l’or des résultats sensiblement différents, qu’il faudrait considérer comme suspect le dosage de l’or obtenu par la pesée directe du cornet.

Dans ce cas il faudrait inquarter de nouveau ce dernier avec 3 parties d'argent, recommencer le départ et peser le nouveau cornet, puis soumettre encore ce dernier à la même série d’opérations, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on obtienne le même poids dans deux pesées successives. Ce poids peut être considéré comme donnant la teneur exacte en métal précieux. C’est lorsque l’alliage d'or et de platine contient une proportion de ce dernier métal, voisin de 10%, qu’on est ainsi conduit à opérer par inquartations successives.

On est d’ailleurs prévenu de la teneur élevée de l'atliage en platine, par la marche de la coupellation, lors de l’inquartation, et par l’aspect du boulon de retour.

Si, dans ce dernier, la proportion de platine atteint 2 % c’est-à-dire, si l’alliage d'or et de platine, avant l’inquartation d’argent, renferme 8 % de platine, la coupellation marche très lentement, l'éclair ne s’obtient qu’à une température très élevée, et le bouton affecte une forme aplatie avec une surface rugueuse et cristalline et une couleur grisâtre.

Si le bouton de retour renferme 3 % de plaline, c’est-à-dire si la proportion de ce métal dépasse 10 % dans l'alliage primitif, les phénomènes précédents s’accentuent et l'éclair disparait complètement même à une température très élevée.

On voit donc que la coupellation permet, à des indices assez certains, de reconnaître si un alliage d’or et de platine renferme une proportion de platine supérieure ou inférieure à 10 %•

b. Alliages renfermant moins de 90 % d'or. — On peut appliquer à ces alliages le procédé des inquartations successives tel que nous l’avons indiqué plus haut, et ne s’arrêter que lorsque deux pesées consécutives sont concordantes.

On peut aussi ajouter à l'alliage une quantité d'or fin telle que la proportion du platine soit inférieure au dixième de la somme du poids de l’or primitivement contenu dans l'alliage et de l'or inquarté : on rentre alors dans le cas précèdent Pour appliquer le procédé, il faut commencer par déterminer approximativement la teneur en or de l'alliage proposé. On y arrivera en prélevant 1 décigramme de l’alliage, en l’inquarlant avec 3 décigrammes d’argent et eu le soumettant au départ. Le poids du cornet donne approximativement la teneur en or. On prélève alors un */» gramme sur l'alliage et on l’inquarte dans

Lon.

une seule opération avec l'or et l’argent nécessaires. Le bouton de retour est ensuite traité comme plus haut.

Or, argent, platine. — La séparation de l’or, de l’argent et du platine dans leurs alliages, s'effectue toujours en entraînant l'argent en dissolution, soit par l'action de l'acide sulfui'ique, soit par l'action de l’acide azotique, et en séparant ensuite l’or et le platine dans le résidu, par l'emploi de l’une quelconque des méthodes que nous avons décrites précédemment.

Nous allons étudier successivement les conditions dans lesquelles doivent s’effectuer le départ de l’argent par l’acide sulfurique et son départ par l’acide azotique.

l u Départ par l'acide sulfurique. — Chaudet a montré que l’acide sulfurique agissant sur un alliage d’or, d’argent et de platine, n’entraîne la totalité de l’argent sans dissoudre en même temps des quantités sensibles de platine, que si la quantité d’argent contenue dans l'alliage ne dépasse pas une certaine limite, qui dépend d’ailleurs des proportions relatives de l’or et du platine.

Ainsi, dans un alliage qui ne renferme que des traces d’or ou dans lequel la proportion de platine est inférieure au l / i0 de l'or contenu, la quantité d'argent doit être égale à deux fois la somme des poids de l’or et du platine, et ne doit pas dépasser cette limite.

Dans un alliage qui renferme un excès d'or ou des poids égaux d’or et de platine, la quantité d’argent ne doit pas dépasser 1,5 fois la somme des poids de l’or et du platine.

Enfin, dans un alliage qui renferme une quantité de platine égale ou supérieure à 10 fois le poids de l’or, la quantité d’argent doit être égale è 1,25 fois la somme des poids de l’or et du platine.

D’après cela, pour appliquer le procédé du départ par l’acide sulfurique à un alliage d’or, d’argent et de platine, il convient d’abord, dans un essai préliminaire, de déterminer approximativement les proportions suivant lesquelles ces métaux sont alliés. Si, d’après cet essai, l'argent n’est pas en quantité suffisante, on ajoute à l’alliage une proportion de ce métal telle, que l’on satisfasse aux conditions prescrites par Chaudet ; si, au contraire, l’argent est en excès, il convient d’inquarter l’alliage avec une quantité d’or fin suffisante, pour constituer un nouvel alliage présentant les proportions voulues.

L’essai préliminaire se fera de la manière suivante. On inquarte l'alliage avec deux fois son poids d’argent ; puis on attaque le bouton de retour, laminé, par de l’acide sulfurique concentré. On sèche, on calcine et on pèse le résidu après l’avoir lavé : on a ainsi le poids de 1 or et du platine et, par différence, celui de l’argent. On dose rapidement l'or dans le résidu, en employant l’un des procédés que nous avons indiqués pour la séparation de l’or et du platine et on obtient le platine par différence.

Les teneurs de l’alliage en or, argent et platine étant ainsi obtenues, on prélève 7, gramme sur l’alliage à examiner et on l’inquarte avec la quantité

d’argent ou d’or nécessaire. Le boulon de retour est laminé, enroulé en cornet et recuit. On le fait alors bouillir à deux reprises différentes avec de l’acide sulfurique à 1,85 de densité; l’argent est ainsi entraîné à l’élat de sulfate. On lave le résidu avec de l'eau chargée d'acide sulfurique, puis avee de l’eau pure; on le calcine ensuite au rouge et on le pèse. On obtient ainsi le poids de l’or et du platine et, par différence, celui de l’argent. On sépare ensuite l’or et le platine par l’un des procédés que nous avons décrits précédemment.

On pourrait, si l’on veut, doser directement l’argent, en le précipitant à l’état de chlorure de sa dissolution sulfurique, mais la présence de l’acide sulfurique (p. 1G7) rendant ce dosage inexact, il n’y a pas grand intérêt à l’effectuer.

2° Départ par l’acide azotique. — Le départ de l’argent par l’acirjp azotique peut s’effecluer dans les conditions suivantes d’après H. de Jüptnqr. On fond l'alliage d'or, d'argent et de platine avec cinq à huit fois son poids de zinc. La fusion s'effectue dans un creuset en porcelaine, en ayant soin de recouvrir la masse fondue de colophane, afin de prévenir toute oxydation. On laisse refroidir, puis on attaque le bouton obtenu par de l'acide azotique; tout l’argent et tout le zinc sont entraînés en dissolution, tandis que l'or et le platine restent à l’élat de résidu insoluble. On sèche, on calcine et on pèse ce résidu, puis on sépare l’or du platine par l’un des procédés connus.

On peut ici doser directement l’argent,en le précipitant, à létal de chlorure, de sa dissolution azotique. Le dosage ainsi obtenu sera très exact,

D'après Balling, on peut substituer le cadmium au zinc, et si la proportion du platine contenu ne dépasse pas 1 °/#> il suffit d’inquarler l’alliage avec une quantité de cadmium telle que la somme des poids de l’argent et du cadmium soit égale à 2,7 fois le poids de l’or.

Or, argent, platine et cuivre. — La séparation de l’or, de l'argent, du platine et du cuivre dans leurs alliages, peut s’effectuer par les méthodes suivantes :

1“ On prélève une prise d’essai sur l’alliage et on la coupelle avec la quantité de plomb nécessaire à l’entraînement total du cuivre. On pèse le boulon de retour, et la perte de poids de l’alliage fait connaître la teneur en cuivre.

On sépare ensuite l'or, l'argent et le platine soit dans le bouton de retour, soit dans une autre prise d'essai, en employant l'un des procédés que nous avons décrits plus haut.

La quantité de plomb nécessaire à l’entrainement total du cuivre dans la coupelle dépend des quantités de cuivre et de platine contenues dans l’alliage.

Si ce dernier renferme au plus 20 % de cuivre et 20 n / 0 de platine, il faut employer 8 à 10 parties de plomb pour 1 partie d'alliage.

Si l’alliage renferme au moins 50 %de cuivre et au plus 20 % de platine, il faut coupellcr 1 partie d’alliage avec 14 ou 16 parties de plomb. Enfin, si l’alliage renferme plus de 50 % de cuivre et plus de 20 % de platine, on doit coupeller une première fois avec 50 parties de plomb, puis une seconde fois avec 4 parties de plomb,

On commencera donc, avant d’effectuer la séparation et le dosage définitifs

de l'or, de l’argent, du platine et du cuivre, par déterminer dans un essai préliminaire et d’une façon approximative les proportions suivant lesquelles ces métaux sont alliés. Cet essai s’effectuera en coupellant une prise d’essai avec un excès de plomb, ce qui donnera le cuivre, puis en traitant le bouton de retour, comme nous l’avons indiqué pour l’essai préliminaire des alliages d’or, d’argent et de platine.

Les teneurs approchées des divers métaux étant ainsi connues, on pèse exactement un i / i gramme de l'alliage à examiner et on le coupelle avec la quantité de plomb convenable. La coupellation doit être conduite à haute température et la coupelle ne doit être sortie du moufle qu’après refroidissement complet. On pèse le bouton après l’avoir soigneusement nettoyé, et la perle de poids subie par la prise d’essai donne la teneur en cuivre.

On traite ensuite le boulon d'or, d'argent et de platine, comme nous l’avons indiqué à propos des alliages de ces trois métaux. Si toutefois on est obligé d’opérer par inquartation d’argent ou d’or, il vaut mieux prélever une seconde prise d’essai et la passer à la coupelle avec la quantité d’or ou d’argent nécessaire, puis traiter le bouton par l’acide sulfurique comme nous l’avons déjà expliqué. En effectuant en effet l’inquartation sur le bouton provenant de la coupellation de l’alliage, on provoque par cette seconde opération des pertes en métaux précieux, qui s’ajoutent aux pertes de la première opération, et qui ne permettent plus de compter sur un dosage suffisamment exact de l’or, de l’argent et du platine.

11 sera donc préférable, ainsi que nous l’indiquons, d’opérer sur une seconde prise d'essai en effectuant sur cette dernière, et dans une seule opération, l’inquartation et l’élimination du cuivre.

2° On peut employer le procédé de Jüptner et fondre l’alliage avec 5 à 8 fois son poids de zinc. On opère comme dans le cas d’un alliage d’or, d’argent et de platine. Le culot obtenu est traité par l’acide azotique, qui entraîne en dissolution la totalité de l’argent et du cuivre, et laisse un résidu d’or et de platine. Dans la dissolution on précipite l’argent à l’état de chlorure, on pèse ce dernier avec les précautions ordinaires, et du poids ainsi obtenu on déduit la teneur en argent.

Dans le résidu, on sépare l’or et le platine par l’un des procédés que nous avons indiqués antérieurement.

Connaissant ainsi les poids de l’or, de l’argent et du platine contenus, on en déduit par différence le poids du cuivre.

Or fit palladium. — La séparation de l'or et du palladium se présente nu laboratoire dans l’examen des alliages que ces deux métaux forment entre eux. On peut, pour effectuer cette séparation, avoir recours à l’un ou l’autre des deux procédés suivants :

1° On attaque 1 gramme de l’alliage en le fondant avec 6 à 8 grammes de bisulfate de potasse ; le palladium est ainsi transformé en sulfate palladeux d’une couleur rouge brun foncé. La masse fondue est traitée par de l’eau bouillante, légèrement sulfurique, qui entraîne en dissolution le sulfate de protoxyde

de palladium, et laisse l’or comme résidu. Ce dernier peut toutefois retenir encore quelques traces de palladium ; pour s’en assurer on le fond encore une fois avec du bisulfate de potasse et, si les eaux de lavage ne présentent plus la couleur des sels palladeux, on peut être certain que tout le palladium a été entraîné. On pèse alors le résidu d’or après l’avoir coupellé et, par différence, on obtient le poids du palladium (II. Rose).

2° Un alliage d’or, d’argent et de palladium est entièrement attaquable par l’acide azotique, si la proportion d’argent contenu dans l’alliage n’est pas inférieure à trois fois le poids de l’or. On pourra donc prendre 1 gramme de l’alliage à examiner, l’inquarter avec 3 grammes d’argent, en le passant à la coupelle avec ce poids d’argent et 5 à 6 grammes de plomb, puis soumettre le bouton de retour au départ par l’acide azotique.

Le bouton doit être laminé en feuille très mince, puis attaqué par de l’acide azotique à 1,33 de densité. On porte à l’ébullition, en ajoutant, de temps en temps, de petites quantités d’acide azotique, jusqu’à ce que les vapeurs rutilantes aient entièrement disparu. On étend d’eau l’acide azotique, on la décante, on lave le résidu d’or par décantations avec de l’eau bouillante, puis on remplit le matras avec de l’eau froide et on le renverse dans un petit creuset de biscuit où l'or descend doucement. On décante l'eau du creuset, et on pèse l’or avec les précautions ordinaires, après l'avoir séché et calciné.

Dans les liqueurs réunies et contenant l’argent et le palladium en dissolution, on précipite l'argent à l’état de chlorure par l’acide chlorhydrique, puis on sature la liqueur avec du carbonate de soude et on ajoute du cyanure de mercure.

Le palladium précipite à l’état de cyanure, mais pour que la précipitation soit complète, il faut laisser la liqueur au repos pendant 24 heures environ ; on lave ensuite le précipité par décantations, on le fait passer sur un filtre, on le sèche à 100 degrés, on le calcine au rouge et on pèse le résidu de palladium métallique ainsi obtenu.

Or, argent, palladium. — L’or, l’argent et le palladium se rencontrent associés dans quelques alliages naturels ou artificiels ; on peut employer pour les séparer les procédés suivants :

1“ On attaque, comme plus haut, 1 gramme de l’alliage par 6 à 8 grammes de bisulfate de potasse, et l’on reprend la masse fondue par de l’eau bouillante sulfurique ; on recommence l’attaque au bisulfate de potasse et on entraîne les dernières traces d’argent et de palladium par lavages avec de l’eau sulfurique (H. Rose).

Le résidu d’or insoluble est pesé après calcination ; quant à l’argent, on le précipite et on le dose à l'état de chlorure, et le palladium, précipité à l’état de cyanurc, en opérant comme plus haut, est pesé à l’état métallique.

2° On inquarte l'alliage avec la quantité d’argent nécessaire pour le rendre attaquable à l’acide azotique, on pèse le résidu d'or métallique après avoir entraîné en dissolution l’argent et le palladium, et on précipite l’argent à l’état de chlorure. Du nombre ainsi obtenu pour l’argent on retranche le poids de

L’OR

l'argent inquarlé, et on obtient la proportion de ce métal primitivement contenue dans l'alliage.

On obtient le palladium par différence ou on le dose directement en le précipitant directement de sa dissolution à l’état de cyanure et le pesant à l'état métallique après calcination.

Or et rhodium. — On peut avoir à séparer ces deux métaux dans les alliages qu'ils forment entre eux. A cet effet on attaque l’alliage par l’eau régale et, lorsque la dissolution est obtenue, on évapore lentement à sec en terminant l’évaporation dans un creuset de platine. On ferme ce dernier à l’aide d’un couvercle muni d'un trou dans lequel on fait passer un tube de platine. On fait arriver par ce tube un courant d'hydrogène pur et sec en chauffant le creuset un peu au-dessus du rouge sombre; l’or et le rhodium sont ainsi ramenés à h l’état métallique sans être combinés. Ou les traite par l’eau régale très faible, qui dissout l’or et laisse le rhodium insoluble. On pèse ce dernier et on obtient l’or par différence (Rivot).

On pourrait aussi, dans la dissolution régale des deux métaux, précipiter l'or par le sulfate ferreux et, après l’avoir pesé, avec les précautions indiquées antérieurement, obtenir le rhodium par différence (Bruno-Kerl).

Or, argent, rhodium. — La séparation de l’or, de l’argent et du rhodium dans leurs alliages peut s'effectuer de la manière suivante :

On passe l'alliage à la coupelle avec 3 parties d’argent et 2 parties de plomb. Le bouton de retour, laminé en feuille mince, est traité par de l’acide azotique, qui entraîne en dissolution tout l’argent, une faible partie du rhodium et laisse insolubles l'or et la majeure partie du rhodium.

La dissolution azotique est traitée par de l’acide chlorhydrique, de manière à précipiter tout l’argent à l’état de chlorure; la totalité du rhodium est entraînée en même temps.

Le précipité, chauffé à une température un peu supérieure au rouge sombre, est soumis à un courant d’hydrogène pur et sec. L’argent et le rhodium sont ainsi réduits à l’état métallique, sans être combinés. On les traite par l'acide azotique, qui dissout l’argent et laisse le rhodium insoluble.

Dans la dissolution azotique, on précipite et on dose l’argent à l’état de chlorure : en retranchant du poids de l’argent ainsi obtenu celui de l'argent inquarlé, on obtient la proportion de ce métal contenue dans l’alliage.

Le résidu d'or et de rhodium est traité par l'eau régale faible, qui laisse un résidu de rhodium et entraîne tout l’or et une petite quantité de rhodium en dissolution.

La dissolution régale est évaporée à sec et le résidu, chauffé au rouge sombre, est soumis à un courant d’hydrogène pur et sec, de manière à ramener l’or et le rhodium à l’état métallique.

Eu traitant alors les deux métaux par l’eau régale faible, on entraîne l’or en dissolution et on laisse le rhodium insoluble.

On pèse ensemble tous les résidus de rhodium et on obtient ainsi le poids de ce métal contenu dans la prise d’essai. On précipite ensuite l'or de sa dissolution régale en employant soit le sulfate ferreux, soit l’acide oxalique, et on le pèse à l’état métallique.

Or et iridium. — Pour séparer l’or et l’iridium dans leurs alliages, on peut avoir recours à l’un des deux procédés suivants :

1° On attaque l’alliage par l’eau régale; l’or seul passe en dissolution, l'iridium reste insoluble (Tennant).

On pèse ce dernier, puis on précipite l’or à l’état métallique, en employant l'un des procédés ordinaires.

On peut craindre qu’une faible quantité d'iridium n'ait été entraînée en dissolution avec l’or.

Dans ce cas, on évapore la liqueur à sec, en terminant l’évaporation dans une capsule de platine. On soumet ensuite le résidu, chauffé au rouge vif, à un courant d’hydrogène pur et sec, qui ramène l’or et l’iridium à l’état métallique. Ces deux métaux ne sont plus combinés, mais bien à l’état de simple mélange. On les traite par l’eau régale, qui dissout l’or seul et laisse un résidu d'iridium qu’on pèse. Quant à l'or, il est précipité et dosé par les méthodes ordinaires.

2° On peut opérer par voie sèche et fondre une partie de l’alliage réduit en limaille avec V» d'arséniate de soude, 1 i / i de flux noir et 1 ! /. de flux ordinaire. On obtient ainsi un speiss qui renferme tout l’iridium et un culot de plomb qui renferme tout l’or. On coupelle ce culot et on pèse le bouton d’or ; par différence on obtient l’iridium.

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