II. MÉTHODES SPÉCIALES
Les méthodes spéciales d’essai des matières d’or n'atteignent pas la précision de l’essai par coupellation et inquartation. Toutefois, elles sont très utiles dans l’industrie pour déterminer le titre sans altérer les objets fabriqués. Elles sont aussi employées avec succès au laboratoire de l’essayeur pour déterminer approximativement le titre d’un alliage d'or et d'argent que l’on doit inquarter. Celte détermination est ordinairement suffisante pour calculer le poids d’argent fin qui doit être incorporé au bouton de retour pour l’inquartation.
a. ESSAI A LA riERIlE DE TOUCHE.
L'essai à la pierre de touche a été employé depuis des temps fort reculés. 11 repose sur la comparaison de la couleur des traces fraîches que forme sur une pierre de touche, d’une part, le métal à essayer et, de l’autre, des alliages de comparaison de litre connu, ainsi que sur la comparaison des réactions données par ces traces métalliques avec l’eau régale.
Le mode opératoire suivi au Bureau de Garantie de Paris est le résultat d’une longue expérience et des éludes approfondies faites par les différents savants qui ont occupé le poste de directeur du service des essais ; aussi en donnons-nous la description détaillée, la considérant comme le modèle des installations de ce genre.
L’atelier des essayeurs, au Bureau de Garantie, 4, rue Guénégaud, reçoit les bijoux dans des boîtes contenant, en même temps, une fiche constatant le poids des bijoux, et portant les observations du fabricant sur la spécification des pièces à essayer.
L’essayeur a pour outillage une pierre de touche, plusieurs jeux de toucheaux de différentes couleurs et de litres variés, un flacon d'eau régale avec baguette de verre et fil de platine, enfin un grattoir d’acier effilé. Un chiffon de toile, serré en tampon, lui sert à essuyer la pierre de touche. Un registre placé à côté de lui, et qui lui est personnel, reçoit le journal de ses opérations.
Les pierres de touche du Bureau de Garantie ont des dimensions variables ; mais, eu égard au grand nombre d’opérations à faire chaque jour, elles sont assez grandes. Elles ont environ 0 m ,15 sur 0 m ,08. On les dresse sur la face destinée aux essais et, sans les polir, on les doucit finement.
E. Dumas a résumé comme suit la nature et les qualités de la pierre de touche :
Avant l’emploi de l’eau régale pour enlever la trace d’or, la nature de la pierre de touche était assez indifférente. 11 suffisait quelle fût foncée et ru-
L’on.
gueuse à grain fin. Ainsi la « piedra di paragone » des Indiens était un marbre dur fortement coloré en noir ou vert. De nos jours les exigences sont plus complexes.
Une bonne pierre de touche doit être aussi noire que possible et assez dure pour n’êlre rayée par aucun alliage d’or avec le cuivre ou l'argent. Elle doit de plus être inattaquable par l’eau régale à froid et présenter les caractères suivants à l’essai au chalumeau, qui fournit le meilleur critérium et qui a été indiqué pour la première fois par Vauquelin : .
Un éclat de la pierre, soumis au dard oxydant du chalumeau, doit rester infusible, devenir blanc grisâtre et conserver une dureté suffisante pour rayer le verre. Ce sont les caractères de la silice et de ses variétés plus ou moins pures, communément désignées sous les noms de : Jaspe lydien, Quartz résinite, Silex schisteux, Phyllade quarlzcux noir, etc., etc.
Voici deux analyses de pierres de touche de bonne qualité du bureau de Garantie de Paris :
D’après Vauquelin. D'après E. Dumas.
Eau. . .
SiO*.. . .
SiO*. . .