II. Sel préparé par l’osmiamate de potassium
OSMIUM
CHLOROOSMITE D’AMMONIUM
OsCl 3 .2AzH i Gl,3/2H 2 0
Le chloroosmite d’ammonium a été obtenu par Claus (toc. cit., p. 161) en ajoutant du chlorure d’ammonium à la solution rouge de trichlorure préparée par l’action de l’hydrogène sulfuré sur une solution chlorhydrique de peroxyde. Par évaporation du mélange, on obtient des cristaux rouges, présentant des propriétés semblables à celles du sel de potassium décrit plus haut, bien qu’il appartienne à une série différente; il contient en effet, par atome d’osmium, 2 molécules de chlorure alcalin au lieu de 3. Cette existence de deux séries de chloroosmites correspond aux faits observés d’une façon beaucoup plus complète dans le cas du rhodium; le trichlorure de ce métal donne en effet deux séries de sels doubles (chlororhodites) :
Sels de potassium. RhCR3KCl,3/2H 2 0 RhCR2KCl
Sels d’ammonium. RhCR3AzH‘Cl,3/2H 2 0 RhGR2AzH<Cl,H 2 0
Sel de sodium. RhCR3N’aCl,9H 2 0 »
. Le chloroosmite de potassium appartiendrait ainsi à la série des sels trimétalliques, celui d’ammonium à la série des sels bimétalliques.
Os..
2AzH 4 .
0sCR2AzH 4 Cl,3/2H 2 0.
Le même chloroosmite d’ammonium paraît avoir été obtenu par Berzelius (Ann. de Chim. et Phys., 2 e série, t. XL, p. 269; 1829, et Traité de Chimie, trad . Hœfer et Esslinger, 2 e éd. française, t. IV, p. 3b3; 1847), qui ne l’a point analysé, et, se basant sur des analogies d’ailleurs inexactes, le considère comme un sel double dérivé d’un hexachlorure OsCl°. Il l’obtient en traitant le peroxyde d’osmium par de l'ammoniaque, puis, après une longue digestion à l’abri de la chaleur et de la lumière, en ajoutant un excès d’acide chlorhydrique, et enfin du mercure. Après quelques jours, la liqueur perd l’odeur du peroxyde : on décante et l’on évapore à sec. Il reste un sel dendritique, brun, soluble dans l’eau et dans l’alcool. Sa dissolution aqueuse est rose quand elle est très éten-
EXCVCLOP.
NCYCL0PÉD1E CHIMIQUE
due ; moyennement concentrée, elle est d’un brun pourpre si intense qu’elle en paraît opaque. Sa dissolution alcoolique possède la couleur des solutions de permanganate de potassium, et l’alcool peut en être éliminé par distillation sans que le sel soit décomposé. Soumis à l’action de la chaleur, le sel perd du chlore et du chlorure d’ammonium et laisse de l’osmium métallique.
CHLORURE INTERMÉDIAIRE 0s 2 Cl 7 ,7H 2 0
Ce corps, que nous verrons plus loin devoir être considéré comme une combinaison moléculaire de trichlorure et de tétrachlorure d’osmium, a été obtenu et décrit par Moraht et Wischin [Zeit. f. anorg. Chem., t. III, p. 167 ; 1893).
Pour le préparer, on chauffe pendant 48 heures au bain-marie, dans un appareil à reflux, de l’acide osmique OsO’II 2 (Voir p. 61) avec de l’acide chlorhydrique moyennement concentré ; on ajoute au mélange au peu d’alcool, pour éviter la formation de peroxyde d’osmium. L’acide osmique se dissout avec dégagement de chlore, ce qui démontre qu’il est partiellement réduit; et, si la digestion a été suffisamment prolongée, il se dissout complètement. La liqueur vert olive foncé ainsi obtenue ne peut être concentrée par évaporation au bainmarie, car elle fournit, dans ces conditions, un précipité noir dénotant une décomposition partielle. Mais, si on l'évapore à froid dans le vide, en présence-’ d’acide sulfurique et de polasse fondue, on obtient, après un assez long délai, l’élimination complète de l’excès d’eau et d’acide chlorhydrique qu’elle contient, et le dépôt de cristaux très nets, paraissant formés de pyramides hexagonales.
Ces cristaux, à l’état parfaitement sec, sont d’un rouge de minium; au conlact de l’air humide, ils deviennent vert olive foncé. Ils se dissolvent facilement dans l’eau et l’alcool, en donnant des solutions vert foncé d’où l’on peut les faire recristalliser sans altération.
Ce serait ainsi un chlorure de composition intermédiaire entre le trichlorure OsCl 3 et le tétrachlorure (chlorure osmique) OsCR II y a lieu de le considérer < omme une combinaison moléculaire de ces deux corps. En effet, sa solution
OSMIUM
alcoolique, traitée par la quantité équivalente de chlorure de potassium (2 molécules de ce sel pour 1 molécule du chlorure intermédiaire), donne un précipité cristallin formé de cristaux cubiques rouges ; c’est le chloroosmiate OsCl 6 K 2 dont il sera question plus bas (Voir p. 36), c’est-à-dire un dérivé du chlorure osmique. D’autre part, la liqueur filtrée après précipitation de ce chloroosmiate, évaporée à sec dans le vide, abandonne, sous forme d’une masse cristalline vert foncé, le trichlorure hydraté 0sCl 3 ,3H 2 0 qui a été décrit plus haut (Voir p. 30).
TÉTRACHLORURE D’OSMIUM
OU CHLORURE OSMIQUE
OsCl 1
Le chlorure osmique OsCl 1 , à l’état anhydre, est ce sublimé rouge foncé qui se forme en même temps que le chlorure osmieux, mais qui va se déposer à plus grande distance du métal, quand on chauffe fortement l’osmium dans un courant de chlore (Berzelius, Ann. de Chim. et Phys., 2 e série, t. XL, p. 261 ; 1829, et Claus, Bull, de l’Acad. des Se. de Saint-Pétersbourg, t. VI, pp. 149 et 162; 1863). 11 est facilement soluble dans l’eau et l’alcool ; les solutions obtenues, de couleur jaune d’or, sont peu stables. Leur décomposition, qui est d’autant plus rapide qu’elles sont plus étendues, fournit un précipité d'un oxyde noir, avec production de peroxyde d’osmium et d'acide chlorhydrique. Elle est retardée par la présence d’acide chlorhydrique libre, et surtout de chlorures des métaux légers, avec lesquels le chlorure osmique forme des sels doubles relativement stables, décomposables seulement (en donnant les mêmes produits que plus haut) par l’ébullition de leur solution aqueuse étendue.
Le chlorure osmique; à l’état anhydre, ne paraît pas cristallisé (Berzelius). Mais, si on le prépare au moyen d’un courant de chlore mal desséché, ou si on l’expose à l’air humide, il se transforme en une matière cristalline jaune, transparente, formant des aiguilles groupées en étoiles, fusibles à la chaleur de la main. Ces cristaux n’ont point été analysés ; ils constituent vraisemblablement un hydrate du chlorure osmique, ou peut-être un chlorhydrate de chlorure hydraté, un acide chloroosmique 0sCl c H 2 ,nH 2 0, analogue à l’acide chloroplatinique PtCl 6 H 2 ,6H 2 0, et duquel dériveraient les sels complexes dont il va être question (Jôrgensen).
Le chlorure osmique anhydre n’a point été analysé .non plus ; sa composition se déduit de celle des chloroosmiates.
La solution aqueuse du chlorure osmique n’est pas conductrice de l’électricité (Hampe, Chem. Zeitung, t. XII, p. 171 ; 1888).
CHLORURES DOUBLES DÉRIVÉS DU TÉTRACHLORURE D’OSMIUM
'OU CHLOROOSMIATES
On connaît des combinaisons du tétrachlorure d'osmium avec les chlorures de potassium, ammonium, sodium et argent. Le premier de ces sels a été obtenu pour la première fois par Berzeiius (Ann. de Chim. et Phys., 2 e série, t. XL, pp. 260 et 264; 1829, et Traité de Chimie, trad. Hœfer et Esslinger, 2 e éd. française, t. IV-, p. 352; 1847), les autres par Claus (Bull, de l'Acad. des Sc. de Saint- Pétersbourg, t. VI, pp. 162 à 167; 1863). Ces chloroosmiates, analogues par leur constitution et leurs propriétés aux chloroplatinates, chloropalladates et chloroiridates correspondants, sont les sels les plus nettement définis et les mieux connus de l’osmium. C’est par l’analyse de deux d’entre eux, ceux de potassium et d’ammonium, que l’on a déterminé le poids atomique de ce métal (Berzeiius, loc. cit., p. 260; Seubert, Ber. der deutsch. chem. Ges., t. XXI, p. 1839; 1888 ; et Lieb. Ann., t. CCLXI, p. 257; 1891).
CHLOROOSMIATE DE POTASSIUM
OsCK’K 2
Préparation. — 1° On mélange de l’osmium finement divisé avec un poids égal de chlorure de potassium pulvérisé, et l’on chauffe le tout au rouge sombre dans un courant de chlore. Le chlore est absorbé lentement, sans que la masse entre en fusion, et il se forme un sel double, qui est noir tant qu’il est chaud, et qui, après refroidissement, est d’un rouge semblable à celui du minium. Il se dissout très lentement dans l’eau chargée de sels, de sorte qu’on peut le débarrasser facilement de l’excès de chlorure de potassium par des lavages à l’eau froide (Berzeiius).
La température â laquelle on produit cette attaque ne doit pas dépasser le rouge sombre, sinon il se produirait un peu de chloroosmite de potassium 0sCl 3 .3KCl,3H 2 0, par suite d’une réduction partielle du chloroosmiate par la chaleur (Jacoby, cité par Claus, loc. cit., p. 158). Le courant de chlore doit être parfaitement desséché, et de plus il y a avantage à chauffer dans un courant d’hydrogène le mélange d’osmium et de chlorure alcalin, immédiatement avant l’attaque par le chlore.
Dans ces conditions, en effet, cette attaque transforme à peu près intégralement l’osmium en chloroosmiate; une très faible quantité seulement de ce métal se retrouve à l’état de sublimé de chlorures sur les parois du tube où l’on opère. Ce sublimé est au contraire notable et contient, avec un mélange
OSMIUM
verdâtre de chlorures d’osmium, quelques cristaux incolores de peroxyde, dans le cas où l’on néglige cette précaution et où l’on emploie un métal ayant longtemps séjourné à l’air (Seubert, Lieb.Ann., t. CCLXI, p. 258; 1891).
2° On ajoute du chlorure de potassium et de l'alcool à une solution chlorhydrique de peroxyde d’osmium, et l’on évapore à sec ; il se dégage de l’aldéhyde, et le résidu de l’évaporation est le chloroosmiate mélangé d’un excès de chlorure de potassium (Claus, loc. cit., p. 163).
3“ Le chlorure intermédiaire 0s 2 d 7 .7H 2 0 de Moraht et Wischin, traité, en liqueur alcoolique, par le chlorure de potassium, donne un précipité de chloroosmiate (Voir p. 35).
4° Enlin le chloroosmiate de potassium, peu soluble dans l’eau froide, peut être obtenu par double décomposition entre le chlorure de potassium et le chloroosmiate de sodium 0sCl fl Na 2 ,2H 2 0. Ce dernier sel, dont les modes de préparation sont indiqués plus loin (Voir p. 42), est en effet très soluble (Claus, loc. cit., p. 163 ; — Seubert, loc. cit., p. 258). La double décomposition peut être effectuée en solution aqueuse ; on obtient un rendement meilleur en même temps qu’un produit plus pur, si l’on opère en solution alcoolique étendue (Seubert, loc. cit., p. 260). Par exemple, 10» T ,5 d’osmium et 12 grammes de chlorure de sodium ont été chauffés au rouge dans un courant de chlore sec. Le chloroosmiale de sodium ainsi obtenu a été dissous dans l’eau," et la solution, étendue à 100 centimètres cubes, a été additionnée de 100 centimètres cubes d’alcool ■à 50 p. 100. On a ajouté ensuite une solution de 12 grammes de chlorure de potassium dans 150 centimètres cubes d’alcool à 50 p. 100. Il s’est fait immédiatement un précipité pulvérulent cristallin, rouge carmin foncé, que l’on a recueilli sur un filtre et Javé avec de l'alcool à 50 p. 100. Le chloroosmiate parfaitement pur obtenu de la Sorte, pesait 21 grammes; le poids théorique correspondant au poids de métal employé était de 26« T ,5 (Seubert, loc. cit., p. 261).
La purification du chloroosmiate obtenu par ces diverses méthodes peut être ■achevée par dissolution dans l’eau bouillante et recristallisation. Mais il faut observer que les solutions de chloroosmiate,'surtout si elles sont étendues et chaudes, se décomposent à la longue.
D’abord jaune citron, elles passent au vert, puis se troublent en prenant une réaction acide et en émettant l’odeur du peroxyde d’osmium. Ce trouble, qui se produit lentement à froid, rapidement à l’ébullition, résulte de la formation d’une poudre noire qui reste en suspension dans le liquide; celui-ci est maintenant coloré en rouge, ce qui dénote la présence de trichlorure d’osmium ou de ses dérivés. Enfin, si l’on continue à faire bouillir la liqueur, la décomposition s’achève et le liquide se décolore; tout le chloroosmiate a été dédoublé en peroxyde d’osmium, acide chlorhydrique, et en la poudre noire dont il vient d’être parlé (Claus, loc. cit., p. 163). Claus considère cette poudre noire comme un oxychlorure d’osmium (Voir p. 45) ; Seubert, qui a observé les mêmes faits, la regarde comme de l’osmium métallique. Quoi qu’il en soit, il résulte de ces observations qu’il faut éviter, dans la recristallisation du chloroosmiate de potassium, de chauffer longtemps sa solution; dans des recherches précises, il sera prudent de n'employer que les cristaux de chloroosmiate obtenus du pre-
mier coup, par refroidissement d’une solution rapidement faite et rapidement filtrée (Seubert, loc. cit., p. 260).
Propriétés. — Le chloroosmiate de potassium forme des octaèdres réguliers brillants, de couleur rouge foncé, parfaitement isomorphes des sels correspon- ■ dants du platine, du palladium et de l’iridium (1). A l’état très divisé, tel par exemple qu’on l’obtient par précipitation de sa solution aqueuse au moyen d’un excès d’alcool, il forme une poudre cristalline rouge carmin foncé.
11 est soluble dans l’eau chaude, peu soluble dans l’eau froide, insoluble dans la plupart des solutions salines, et notamment dans les solutions de chlorure de potassium. Il est insoluble dans l’alcool.
Sa solution dans l’eau froide est jaune citron ; sa solution bouillante et saturée est d’un jaune foncé, tirant sur le vert, mais nullement sur le rouge (Berzelius, Traité de Chimie, trad. Hœfer etEsslinger, 2° éd. française, t. IV, p. 352; 1847). Cette solution s’altère très lentement à froid, plus rapidement à l’ébullition, en donnant les produits qui ont été indiqués plus haut (Claus, Seubert). La lumière paraît l’altérer également ; du papier, imbibé de la solution aqueuse du chloroosmiate, et exposé au soleil, devient peu à peu bleu, par suite d’une réduction du sel, et cette couleur bleue résiste au lavage (Berzelius, loc. cit., p. 353).
A l’état sec, le chloroosmiate de potassium supporte une légère chaleur rouge sans être décomposé; quand on élève la température jusqu’au point où la décomposition s’effectue, il se dégage du chlore, et l’on obtient de l’osmium métallique mélangé de chlorure de potassium; mais il ne se forme point de chlorure intermédiaire. Il ne s’en forme pas même quand on mêle le sel avec de l’osmium en poudre, avant de le calciner (Berzelius,. loc. cit., p. 353). Il faut remarquer que cette observation de Berzelius semble en désaccord avec celle de Jacoby (Voir p. 31) relative à la formation de chloroosmite dans la préparation du chloroosmiate à température élevée.
Les solutions de chloroosmiate de potassium, traitées par un excès de potasse, se troublent par suite du dépôt d’une partie du sel, moins soluble dans les solutions alcalines que dans l’eau pure. Si l’on chauffe, ce précipité se redissout, et la solution devient incolore; ce n’est qu’au bout d’un ipoment qu’elle se trouble tout à coup et fournit un abondant précipité de bioxyde d’osmium hydraté 0s0 2 ,2H 2 0, sous la forme d’une poudre d’un noir bleuâtre. Il semble donc s’être formé d’abord une solution incolore de ce bioxyde dans l’excès d’alcali, combinaison peu stable qui serait détruite à l’ébullition (Claus, loc. cil., p. 164).
L’ammoniaque donne lieu à une décomposition analogue; mais la précipitation du bioxyde a lieu sans décoloration préalable du mélange, ce qui indique que l’ammoniaque, base relativement faible, ne donne pas lieu à une combi-
(1) C’est aiusi que Herrmann [Pogg. Ann., t. XXXVIT, p. 407; 1836), par l'attaque d’un osmiure d’iridiutn par le chlore en présence de chlorure de potassium, a obtenu un chlorure triple d’osmium, d’iridium et de potassium, qu’il formule OsCl i ,2IrCl 4 ,6K.Cl, et qui doit manifestement être considéré comme un mélange isomorphe de chloroos miate et de chloroiridate de potassium.
OSMIUM 39
naison analogue à la précédente (Claus, Beitrâge zur Chemie der Platinmetalle, p. 28; Dorpat, 1854).
Si l’ammoniaque est ajoutée d’un seul coup en grand excès à la solution du chloroosmiate, le phénomène est tout différent; la liqueur, d’abord limpide, se trouble et donne un dépôt jaune clair (Voir p. 57), qui brunit, surtout à chaud, au contact de l’excès d’ammoniaque, et fournit finalement un composé ammoniométallique, l’hydrate d’osmioammonium OsO (AzH 3 ) 3 (OH)' 2 (Claus, Bull, de l'Acad. des Se. de Saint-Pétersbourg, t. VI, p. 164; 1863).
Le borax, le phosphate de sodium (Claus, Beitrâge zur Chemie der Platinmetalle, p. 29; Dorpat 1854), le chromate neutre de potassium (Frenkel, Zeit. f. anorg. Chem., t. I, p. 238; 1892) sont d’abord sans action sur les solutions de chloroosmiate; au bout d’un certain temps, si l'on opère à froid, plus rapidement si l’on chauffe, on voit apparaître un précipité brun noir de bioxyde hydraté.
L’azotate d’argent donne un précipité vert olive foncé, qui contient tout l’osmium du chloroosmiate; car le liquide filtré est incolore. L’ammoniaque transforme ce précipité en une poudre-rouge brique (Claus, loc. cit., p. 166) : c’est le chloroosmiate d’argent ammoniacal dont il sera question plus loin (Voir p. 43). D’après H. Rose, au contraire, l’azotate d’argent donnerait un précipité noir, devenant rouge par l’ammoniaque, redevenant noir par l’acide azotique (H. Rose, Traité de Chimie analytique, édition française originale, t. 1, p. 218; 1859).
L’azotate mercureux donne un précipité, rouge brun clair d'après Claus, blanc jaunâtre d’après H. Rose, qui contient tout l’osmium du chloroosmiate employé.
L’iodure de potassium ne donne pas de précipité, mais colore la liqueur en rouge foncé; cette réaction, qui se produit de la même façon si l’on chauffe, est très caractéristique de l’osmium (Claus). D'après H. Rose, au contraire, il ne se produirait rien d’abord, puis le liquide se colorerait en bleu avec dépôt d'un précipité noir.
On voit que, pour ces trois réactions (action de l’azotate d’argent, de l’azotate mercureux, del’iodure de potassium), Claus et H. Rose ont obtenu des résultats contradictoires. Ceci peut tenir au degré plus ou moins grand de pureté du chloroosmiate sur lequel ils opéraient; il n’est pas certain, en particulier, que les recherches de H. Rose aient porté sur de l’osmium parfaitement exempt d’autres métaux de la mine de platine.
L’acétate de plomb est sans action sur les solutions de chloroosmiate de potassium ; réaction importante, car elle permet de différencier l’osmium du palladium, de l’iridium et du rhodium (Claus).
Le ferrocyanure de potassium, sans action à froid, donne à chaud une coloration verte (Claus, H. Rose), puis bleu foncé (Claus). Le ferricyanurc agit de même; mais la .coloration finale est vert foncé (Claus, H. Rose). Le cyanure de mercure ne donne rien à froid; à chaud, il donne une coloration verte, (Claus, H. Rose) puis un précipité noir (Claus). Le sulfocyanure de potassium colore en brun la solution du chloroosmiate (Claus).
Le sulfate ferreux décolore la solution du chloroosmiate, et, si l’on chauffe fortement, la réduit à l’état métallique (Claus). Mais cette, réd i -lion est difficile à obtenir; H. Rose ne l’a point observée.
L’aeide oxalique est sans action (H. Rose). Les formiates alcalins sont sans action à froid, mais donnent à l’ébullition un dépôt d’osmium métallique (Claus, H. Rose). Le tannin n’agit pas à froid; à l’ébullition, il donne lieu à une réduction partielle avec coloration bleue ; cette réaction permet de différencier l’osmium dé tous les autres métaux du platine, à l’exception du ruthénium (Claus).
Le chlorure stanneux donne un précipité brun (H. Rose). L’azotite de potassium est sans action, même à l’ébullition (Gibbs, Amer. Journ. of Sc., 2 e série,, t. XXXIV, p. 344; 1862). Il en est de même de l’acide sulfureux (Berzelius); d’après Claus, au contraire, il donnerait lieu à une décomposition partielle, avec coloration verte et dépôt d’un peu d’hydrate de bioxyde; la majeure partie du chloroosmiate recristallise d’ailleurs sans altération par refroidissement de la liqueur filtrée (Claus, Bull. phys. math, de l'Acad. de Saint-Pétersbourg, t. VI, p. 285; 1848).
L’hydrogène sulfuré donne, lentement à froid, rapidement à chaud, une coloration brune, puis un précipité de sulfure d’osmium noir. La précipitation est difficilement complète, une partie de l’osmium restant dans la liqueur à l’état de chloroosmiate non altéré; ce n’est qu’après plusieurs saturations par l’hydrogène sulfuré à l’ébullition que l’on peut compléter la précipitation. Il ne se produit pas, dans ces conditions, de produit intermédiaire, comme lè trichlorure. Il n’en est pas de même si l’on emploie l’hydrogène sulfuré à l’état de solution alcoolique ; dans ce cas, on obtient, assez difficilement du reste, un peu de chloroosmite (Claus).
Le sulfure d’ammonium donne, sous l’action de la chaleur, un précipité brun légèrement soluble dans un excès de réactif (Claus, H. Rose).
L’acide azotique, sous l’action de la chaleur, oxyde le chloroosmiate et le transforme en peroxyde qui distille (Berzelius).
Composition. — Elle a été déterminée par des méthodes qui seront exposées plus loin (Voir p. 121, masse atomique de l’osmium).
Os.
4 Cl.
SEUBERT (MOV.)
OsCl 6 K 2 .
OSMIUM
CHLOROOSMIATE D’AMMONIUM
OsCl«(AzH*) a
Préparation. — Comme le chloroosmiate de potassium, le chloroosmiate d’ammonium est peu soluble dans l’eau froide, et surtout dans les solutions de chlorures alcalins. Aussi l’obtient-on, comme lui, par double décomposition entre le chlorure d’ammonium et le chloroosmiate de sodium. Cette double décomposition peut être effectuée soit en solution aqueuse concentrée (Claus, Bull, de l'Acad. des Sc. de Saint-Pétersbourg, t. VI, p. 166; 1863), soit en solution dans l’alcool à 80 p. 100 (Seubert, Lieb. Ann., t. CCLXI, p. 260; 1891). On opère, dans ce dernier cas, comme il a été indiqué plus haut pour la préparation du sel de potassium.
Propriétés. — Le chloroosmiate d’ammonium forme des octaèdres réguliers d’un rouge brun, tout à fait semblables à ceux du sel de potassium, avec lesquels ils sont isomorphes. A l’état très divisé, tel par exemple qu’on l’obtient par double décomposition en liqueur alcoolique, il forme Une poudre cristalline rouge clair.
Sa solution se décompose, lentement à froid, rapidement à l’ébullition, comme celle du chloroosmiate de potassium, et même plus rapidement qu’elle, en donnant des produits semblables à ceux qui ont été indiqués plus haut (Voir p. 37).
Vis-à-vis des réactifs usuels, sa solution donne lieu à des réactions toutes semblables à celles qui ont été indiquées plus haut pour le chloroosmiate de potassium.
La chaleur détruit le chloroosmiate d’ammonium avec dégagement de chlore et de chlorure d’ammonium, en laissant un résidu d’osmium métallique sous forme d’éponge. Vu l’oxydabilité de ce métal, cette calcination devra être effectuée dans un creuset couvert, ou mieux dans un courant d’hydrogène. Elle a été employée sous celte dernière forme pour la détermination de la composition du sel, et par suite pour la mesure de la masse atomique de l’osmium (Seubert, Ber. der deutsch. chem. Ges., t. XXI, p. 1839, 1888, et Lieb. Ann., t. CCLXI, p. 287; 1891).
Os.'...
2AzH 4 .