III. -- DÉRIVÉS LUTÉOHIIODIQUES
Les dérivés lutéorhodiques prennent naissance aux dépens des sels roséorhodiques sous l’influence de la chaleur, dans des conditions spéciales : soit par exemple lorsqu’on chauffe à ilO'’ pendant une semaine le pyrophosphate sodico-roséorhodique, soit lorsqu’on chauffe à 100” en vase clos avec un grand excès d’ammoniaque concentrée le chlorure chloropurpuréorhodique. Le pyrophosphate sodico-lutéorhodique et le chlorure lutéorhodique ainsi formés servent de point de départ pour la préparation des autres sels, préparation que l’on effectue par une ou plusieurs doubles décompositions successives.
Les dérivés lutéorhodiques sont incolores et solubles dans l’eau comme les sels roséorhodiques; les réactions qui les différencient sont les suivantes :
1“ Les roséosels, sous l’influence de la chaleur, se transforment aisément en purpuréosels; les lutéosels ne subissent pas de transformation semblable, et cette différence est de beaucoup la plus importante.
2“ Les lutéosels, en présence d’un excès d’ammoniaque et de phosphate de sodium, donnent un précipité blanc de phosphate sodico-lutéorhodique, ce qui n’a pas lieu pour les roséosels.
La réaction la plus sensible des lutéosels est fournie par le pyrophosphate de sodium; celui-ci, dans les dissolutions neutres des sels lutéorhodiques diluées même à 1/5000, fournit un précipité blanc cristallin de pyrophosphale sodicolutéorhodique.
Les dérivés lutéorhodiques (Rb*. 12AzlP)X® possèdent une constitution analogue à celle des sels roséorhodiques (RliMO AzHL2 H^0)X“ ; 12 (AzIP) y jouant le rôle de (10AzH''’.2IP0). Si l’on se reporte au schéma qui a été donné plus haut pour les dérivés roséorhodiques, on pourra représenter les dérivés lutéorhodiques par celui-ci ;
- 11‘Az.CI.
l IPAz.H^Az.Ci.
! H'Az.H^Az.lFAz.CI.
> IPAz.tl'Az.lI'Az.CI.
f H'Az.lFAz.Gl.
[ H’Az.CI.
En d’autres termes, le groupe [IPAz] possède dans les sels lutéorhodiques la même fonction que le groupe [11^0] dans les sels roséorhodiques.
Dans les dérivés lutéorhodiques, les six atomes ou groupements monovalente peuvent se prêter aux doubles décompositions ou être remplacés proportionnellement à leur valence. Aucun d’entre eux ne fait partie intégrante du
(1) Jurgensen,/ourn. fur prackt. Chem. [2|, l. XLIV, p. 48-62; p. 63-67.
UHODIUM.
radical luléorliodique (Rll^ 12 ; celui-ci est liexavalentcomme le radical
roséorhodique.
Les dérivés luléorhodiques sont les analogues des dérivés lutéochromiques et des dérivés lutéocoballiques ; comme eux, ils dérivent d’un sesquichlorure I{h®Cl“, et par conséquent du type (Rh®. 12[M])X'’; nous avons donc conservé à ces dérivés le même type de formule, et à leur radical la même valence, bien que Jôrgensen ait cru devoir dédoubler la formule des sels luléorhodiques et l’écrire (Rh.(5AzH^)X3.
CHLORURE LUTÉORHODiqUE.
(Rh®.12AzH3)Cl<‘.
Préparation .— Ou chauffe en vase clos, à 100”-102”, pendant quatre jours, 4 à 5 grammes de chlorure chloropurpuréorhodique avec 80 centimètres cubes d’ammoniaque concentrée. Le sel qui se forme, suivant la façon dont on l’isole de sa dissolution, peut être obtenu anhydre ou hydraté.
1” En ajoutant un grand excès d’acide chlorhyilrique tà celle dissolution refroidie, comme à toute autre dissolution concentrée du chlorure, il se précipite des cristaux qui sont anhydres :
(Rh3.i2AzIF)Cl».
2° Par le refroidissement, ou par l’évaporation de la dissolution lentement effectuée à froid, on obtient des cristaux qui renferment deux molécules d’eau de cristallisation ;
(RhM2.AzH'')Cl«,2H®0.
Propriétés. — Le sel anhydre se présente sous forme de lamelles rhombiques {mm = 122") ayant un éclat adamantin ; celles-ci ressemblent quelquefois à des prismes, mais le plus souvent ce sont des hexagones réguliers. Le sel hydraté est en grands cristaux prismatiques incolores, très efflorescents. Le premier correspond au chlorure luléocobaltique, le second au chlorure luléochromique.
Tous deux sont assez solubles dans l’eau : 100 parties d’eau à -f- 8“ dissolvent 12,5 parties du premier et 14,5 parties du second; ils sont insolubles dans l’eau chargée d’acide chlorhydrique.
Le chlorure lutéorhodique chauffé avec l’acide chlorhydrique concentré se transforme en chlorure chloropurpuréorhodique.
Jiirgensen.
Calculé. Sel anhydre. Sel hydraté.
12Az. 108,00 26,97 » »