COMBINAISONS DU PALLADIUM AVEC LE CYANOGÈNE
CYANURE PALLADEUX.
Pd(GAz)L
PRÉPARATION
On précipite un sel palladeux, le chlorure ou un chlorure double de préférence, dont la dissolution doit être neutre, par le cyanure de mercure. On pourrait employer le cyanure de potassium, mais il faut prendre garde que le moindre excès de ce sel dissoudrait le cyanure palladeux précipité. On lave le précipité et on le dessèche à 100” (Wollaston).
PROPRIÉTÉS
Précipité gélatineux, blanc jaunâtre lorsque la précipitation s’eireclue en solution concentrée, blanc si la liqueur est étendue; il est insoluble dans l’rau. L’acide cyanbydrique concentré le dissout et l’abandonne par évaporalion; les cyanures alcalins le dissolvent en donnant un cyanure double ou palladocyanure ; l’ammoniaque le dissout en le décomposant et en donnant naissance à un cyanure de palladoammonium; il est insoluble dans un excès de cyanure de mercure. Calciné à l’abri de l’air, il dégage du cyanogène et laisse du palladium métallique ; le grillage le décompose et le résidu est constitué par un mélange de palladium et d’oxyde palladeux ou de palladium métallique, suivant les conditions de température. C’est le seul cyanure métallique dont le métal ne puisse être déplacé par l’oxyde mercurique. Son insolubilité et sa stabilité en font un excellent procédé de séparation du palladium d’avec les autres métaux du platine (Wollaston, loc. cit.-, Berzelius, Poggend. Ann., t. XIII, p. 454; Fehling, Ann. der Chem, und Phurm., t. XXXIX, p. HO; Rammelsberg, Poggend. Ann., t. XLII, p. 137).
Les palladocyanures sont isomorphes avec les platinocyanures correspondants.
PALLADOCYANURE DE POTASSIUM.
j Pd(CAz)L2(KCAz),3H*0.
I Pd(CAz)2.2(KCAz),HS0.
Préparation. — On le prépare en dissolvant dans une solution concentrée de cyanure de potassium le cyanure palladeux, l’oxyde palladeux hydraté, ou le chloropalladite d’ammonium, ou bien encore le chlorure de palladoammonium, ou même la mousse de palladium (il se dégage, dans ce dernier cas, de l’hydrogène et la liqueur renferme de l’hydrate de potasse). L’évaporation de ces dissolutions donne le sel double.
Propriétés. — Il cristallise tantôt avec trois molécules d’eau, tantôt avec une seule. Il se présente alors: dans le premier cas, sous forme de prismes incolores, efflorescents, transparents, isolés ou réunis en trémies, appartenant au système monoclinique; dans le second cas, sous forme de lamelles nacrées, blanches, eftiorescentes. La production de ces deux variétés a lieu, sans doute, suivant la température à laquelle la cristallisation s’effectue.
Par l’action du chlore, des acides, et même par l’exposition prolongée à l’air, il laisse déposer du cyanure palladeux; l’hydrogène sulfurée! les sulfures solubles le transtorment en sulfure palladeux; les solutions d’argent, de cuivre, de plomb donnent par double décomposition des précipités qui sont des palladocyanures; le zinc et les autres métaux électro-positifs en séparent le palladium métallique (Uœssler, Zeit. fürCliem., nouv. série, t. II, p- 175).
(Vidau, Journ. Pharm. et Chim. [4], t. XXII, p. 325.)
88 ENCYCLOPÉDIK CHIMIQUE.
Détermination cristallographique :
Cristaux clinorhombiques :
^Calculé^ Meaiiri<s.
mm (llO) (lîO) 56" 24' - 56» 21'
mA* (no) (lOO) Fond. — ♦118» 12'
mp (no) (OOl) Fond. — ♦ 97» 57'
(011) (OFl) 48» 0 ' — ,
e*p (on) (001) Fond. — *114» O'
pA‘ (OOl) (lOO) 107» 0' — 107» 3'
(Rammelsberg, Poggend. Ann., t. XLII, p. 137.) (>)
PALLADOCYANURE D’AMMONIUM.
On n’a pu, jusqu’à présent, l’obtenir cristallisé, à cause de son instabilité, 'l’outes les circonstances dans lesquelles il se forme donnent naissance finalement à du cyanure de palladoammonium.
PALLADOCYANURE DE SODIUM
f Pd(CAz)=.2(NaCAz),3IRO.
( Pd(CAz)».2(NaC.Az),H30.
On le prépare comme le sel de potassium correspondant. Comme lui, il cristallise, tantôt avec 3H*'0, tantôt avec H®0 seulement, et appartient dans ce dernier cas au système monoclinique ; ces deux sortes de cristaux sont incolores, non efflorescents (Rœssler, loc. cit.).
PALLADOCYANURE DE BARYUM.
Pd(CAz)*.BaC«Az2,4H^O.
Préparation. — Ce sel s’obtient : 1» en fai-sant digérer, à chaud, le palladocyanure de cuivre obtenu par double décomposition et bien lavé, avec de l’hydrate de baryte Jusqu’à ce que tout l’oxyde de cuivre se soit séparé. La
(1) Ces angles sont ceux que forment les faces entre elles; dans quelques notations on emploie les angles de normales ; il suffirait alors de remplacer par leurs suppléments les angles ci-dessus énoncés.
Cette observation s’applique à toutes les déterminations cristallographiques qui figurent dans cet ouvrage et qui ont été toutes transformées dans le même système. (E. L.)
PALLADIUM
liqueur filtrée est débarrassée de l’excès de baryte par un courant d’acide carbonique, filtrée de nouveau et évaporée (Rœssler, loc. cit.) ;
2° En faisant réagir l’acide cyanhydrique sur un mélange renfermant molécules égales de carbonate de baryum et de cyanure de palladium, tous deux mis on suspension dans l’eau (Weselsky, Deut. chem. GeselL, t. I, p. 588).
Propriétés. — Cristaux incolores, volumineux, inaltérables à l’air; de tous les palladocyanures c’est celui qui cristallise le mieux.
Détermination cristallographique :
Cristaux clinorhombiques :
(Keferstein, Poggend. Ann., t. XCIX, p. 282.)
PALLADOCYANURE DE CALCIUM.
Pd(CAz)*.CaC*Az=,4H20.
On le prépare en chauffant le cyanure de palladium avec de l’acide cyanhydrique et de la chaux jusqu’à ce que l’excès de cyanure de calcium se soit décomposé.
Cristaux blancs, groupés en faisceaux (Rœssler, loc. cit.).
PALLADOCYANURE DE MAGNÉSIUM.
Pd(CAz)^MgC5Az*,4H»0.
On le prépare comme le sel précédent.
Aiguilles soyeuses, incolores. Il est isomorphe avec le platinocyanure correspondant; aussi peut-il cristalliser simultanément avec lui d’une dissolution remfermant les deux sels. Dans certaines conditions, les deux sels doubles se combinent et donnent des cristaux incolores ayant pour formule :
[Pl(CAz)*.MgGSAz»] -f [Pd(CAz)*.MgC2Az»]. -t- U H»0.
(Rœssler, loc. cit.)
En raison de l’isomorphisme des deux cyanures, ces cristaux pourraient bien n’élre qu’un mélange et non une combinaison.
KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
AQIDE PALLADOCYANHYDRIQUE.
Les essais tentés en vue d’obtenir cet acide n’ont pas abouti ; la décomposition du palladocyanure de plomb par l’acide sulfhydrique, celle du palladocyanure d’argent par l’acide chlorhydrique, celle du palladocyanure de baryum par l’acide sulfurique, donnent respectivement du sulfure de plomb et du sulfure de palladium, du chlorure d’argent et du cyanure de palladium, du sulfate de baryum et du cyanure de palladium. ^
ACIDE PALLAOOPERCYANHYDRIQUE.
On n’a pas pu obtenir non plus cet acide, ni même ses sels. Lorsqu’on fait passer un courant de chlore dans la dissolution du palladocyanure de potassium, la liqueur s’échaufle en se colorant en brun, puis elle se prend par le refroidissement en une masse de cyanure palladeux, tandis que les eaux mères renferment le palladocyanure primitif. On peut exprimer la réaction par ces deux équations :
3IPd(CAz)^2(KCAz)]-|-2CI“ = l'dCI^2KCI+!2|Pd(CAz)‘.2(KCAz)].
[Pd(CAz)‘.2(KCAz)] -f- PdCP.2KCl = Pd(CAz)*.2(KCAz) + Pd(CAz)* -f 2KC1 + Cl*.
(Rœssler, loc. cit.)
SÜLFOCYANATE DE PALLADIUM.
Le sulfocyanate palladeux, Pd(CAzS)*, prendrait naissance, d’après Kern (Chem. News, t. XXXII, p. 242), lorsqu’on mélange la solution d’azotate ou de chlorure palladeux avec le sulfocyanate de potassium ou d’ammonium.
On a obtenu le sulfocyanate double de potassium et de palladium cristallisé (Croft, Chem. News, t. XVI, p. 53). Il constitue de gros cristaux rouge rubis, anhydres, solubles dans l’eau et dans l’alcool. La chaleur les fait fondre en les décomposant. L’acide azotique les décompose en donnant une combinaison de palladium qui est incolore et qui ne renferme pas de soufre, mais qui n’a pas été davantage étudiée.
l'ALLADlL’M.