‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 1er cahierChapitre 115 sur 171 · ÉNONCÉ DU NOUVEAU PRINCIPE · texte numérisé non relu

ÉNONCÉ DU NOUVEAU PRINCIPE

On vient de montrer comment Berthollet, abandonnant les idées confuses de ses prédécesseurs, a cherché à expliquer Faction réciproque de tous les composés en ne considérant que la masse chimique des corps en présence, et l’insolubilité ou la volatilité des produits.

Mais cette hypothèse est en désaccord avec un grand nombre de réactions dans lesquelles, contrairement aux assertions de Berthollet, les acides et les bases antagonistes ne se partagent pas le corps qui leur est opposé proportionnellement à « leur capacité de saturation et à leur quantité » ; le déplacement est total suivant le rapport exact des équivalents. Chacun de ces composés doit donc être envisagé comme doué d’une affinité spéciale, d’une grandeur déterminée, et variable de l’un à l’autre. Ce nouveau point de vue n’est pas sans analogie avec les doctrines des prédécesseurs de Berthollet; il faudrait bien se garder, toutefois, de considérer ce fait d’expérience comme un retour en arrière aux notions surannées des chimistes du dix-huitième siècle.

La mesure des affinités repose désormais sur une base solide; leur grandeur est évaluée d’après les chaleurs dégagées dans la combinaison des éléments.

Le terme d’affinité, défini à nouveau par M. Berthelot, perd ainsi le caractère métaphysique qui en avait fait proscrire l’emploi par les esprits Jes plus judicieux, redoutant avec raison de laisser une porte ouverte au mysticisme scientifique.

Rappelons en quelques mots les principes formulés par Fauteur de X'Essai de Mécanique chimique :

« L’affinité chimique est la résultante des actions qui tiennent unies deux substances différentes dans une combinaison homogène. » Au moment de la combinaison, les molécules se précipitent les unes sur les autres, leurs mouvements de translation, de rotation, de vibration subissent ainsi des transformations profondes, accusées par les dégagements de chaleur correspondant aux travaux effectués pendant la réaction. 11 en résulte que « le travail de l’affinité a four mesure la quantité de chaleur dégagée par les transformations chimiques accomplies dans l’acte de la combinaisons.

Sans nous arrêter au second principe de la thermochimie, relatif à l’équivalence calorifique des transformations chimiques, donnons de suite l’énoncé du Principe de travail maximum qui domine tous les phénomènes de la chimie

l'HOl'RlfiTÊS GÉNÉRALES DES MÉTADX ET DES SELS. 341

et permet de prévoir la formation des composés dans des conditions déterminées :

« Totit changement chimique accompli sans l’intervention d’xme énergie étrangère, tend vers la production du corps ou du système de corps qui dégage le plus de chaleur. »

Il est évident, en effet, que le système qui a dégagé le plus de chaleur est celui pour lequel la perte d’énergie est la plus considérable. Il ne pourra subir une transformation nouvelle sans le concours d’une énergie étrangère : chaleur, lumière, électricité. Ces forces n’interviennent pas d’ailleurs dans les réactions chimiques ; elles n’agissent que sur chacun des composés, envisagés isolément, en changeant leur état physique, en les décomposant ou en les transformant en isomères. Les énergies étrangères jouent un rôle important dans les systèmes réversibles, où elles sont à l’œuvre pour défaire les combinaisons résultant de l’action des énergies chimiques.

Toutes les fois qu’on cherche à prévoirie sens d’une réaction d’après le principe du travail maximum, on doit rapporter les chaleurs des composés correspondants, dans le système initial et dans le système final, au même état physique. On élimine ainsi les énergies étrangères auxquelles sont dus ces changements d’état.

Il nous reste à montrer dans quelles conditions tes réactions, dont le principe général du travail maximum fait prévoir la possibilité, s’accomplissent nécessairement. Cette étude fera l’objet de la section suivante.

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