SELS DES ACIDES OXYGÉNÉS DE L’ARSENIC
ÂRSÉNITES.
Les arsénites alcalins sont solubles dans l’eau, les autres arsénites sont insolubles dans ce dissolvant. Les arsénites alcalins cristallisent difficilement.
Bien qu’on n’ait pu réussir à isoler l’acide arsénieux hydraté normal AsO®,3 HO, on connaît un certain nombre d’arsénites Iribasiques AsO^,3RO. On a décrit aussi des arsénites mono et bibasiques AsO^RO,2HO et AsO'L2RO,HO. Enfin, Bloxam a signalé l’existence d’un pyroarsénite de potasse KO,IIO,AsO^-|-^HO, d’un métarsénite KO,AsO® et du composé 2 KO,3AsO'^ + 3 IIO.
Les arsénites alcalins se transforment en arséniates quand on les calcine; une partie de l’arsenic se volatilise. Les arsénites métalliques laissent un résidu d’oxyde ou de métal.
Les dissolutions des arsénites alcalins s’oxydent peu à peu au contact de l’air, en passant à l’état d’arséniates. Elles ne sont pas précipitées par l’hydrogène sulfuré, les sulfoarsénites étant solubles; mais l’addition d’acide chlorhydrique à la liqueur ainsi saturée en précipite des flocons jaunes de trisulfure d’arsenic.
Préparation. — Les arsénites solubles s’obtiennent facilement en chauffant de l’acide arsénieux avec une lessive de potasse ou de soude, et, par voie sèche, en fondant à l’abri de l’air un carbonate alcalin avec de l’acide arsénieux.
Les arsénites métalliques et alcalino-terreux se précipitent à l’état de poudres amorphes, quand on verse un arsénite alcalin dissous dans la solution d’un sel du métal correspondant.
Caractères. — Les ai’sénites solubles donnent avec le nitrate d’argent un précipité jaune d’arsénite d’argent, qui ne tarde pas à prendre une teinte grise par suite de sa réduction à l’état métallique. Ce précipité est soluble dans l’ammo-
Iliaque, l’acide azotique et l’acide acétique. Si l’on ajoute de la potasse à la solution ammoniacale d’arsénite d’argent et qu’on chauffe, on obtient un miroir d’argent métallique.
Le sulfate de cuivre y détermine un précipité vert, soluble dans les alcalis. Quand on a employé la potasse pour redissoudre l’arsénite cuivreux, la liqueur donne bientôt un précipité d’oxydule de cuivre et il reste en dissolution de l’arséniate de potasse.
Les dissolutions des arsénites, traitées par l’hydrogène sulfuré, donnent un précipité jaune de sulfure quand on les sursature par un acide. Préalablement acidulées, elles décolorent le permanganate de potasse.
Calcinés sur le charbon, à la flamme réductrice, les arsénites dégagent une odeur alliacée caractéristique.
Les arsénites solides, chauffés dans un tube avec de l’acétate de potasse sec, dégagent un mélange de cacodyle et d’oxyde de cacodyle d’une odeur repoussante.
ARSÉNIATES.
L’acide arsénique hydraté correspond à l’acide orthophosphorique ordinaire ; il renferme trois équivalents d’eau basique. Sa composition est exprimée par la formule :
Calciné entre 140 et 180 degrés, il perd un équivalent d’eau et se transforme en acide pyroarsénique : •
As0^2H0.
Cet hydrate, chauffé lui-même vers 200 degrés, laisse un résidu d’acide métarsénique, correspondant à l’acide métaphosphorique ;
On connaît des arséniates mono, bi et tribasiques analogues aux orthophosphates et isomorphes avec eux.
Quant aux pyroarséniates et aux métarséniates, ils repassent à l’état d’arséniates dès qu’on les met en présence de l’eau.
Les arséniates normaux monobasiques sont très solubles dans l’eau. Les arséniates bi et tribasiques sont insolubles, à l’exception des sels alcalins.
Quand on précipite l’azotate de plomb ou d’argent par un arséniate alcalin bibasique, il se forme un précipité d’arséniate métallique tribasique, et la liqueur devient acide, par suite de la mise en liberté d’un tiers de l’acide azotique primitivement combiné à la base métallique :
AsOs,2NaO,HO -f- SAzO^AgO = AsOSSAgO -f- 2AzO=NaO -|- AzO^HO.
Les arséniates monométalliques se Iransforment en métarséniales, et les arséniates bimétalliques en pyroarséniales, sous l’action de la chaleur. Quant aux arséniates trirnétalliques, ils se décomposent, par une forte calcination, en acide arsénieux, oxygène, et arséniure d’argent.
Chauffés en présence du charbon, les arséniates se réduisent en arséniuresl’action réductrice peut aller jusqu’à la mise en liberté de l’arsenic.
Préparation. —Y,n ajoutant à une solution d’acide arsénique des proportions calculées de potasse ou de soude, on obtient à volonté les arséniates alcalins à 1,2,3 équivalents de base. Les arséniates alcalino-terreux bibasiques se forment par double décomposition; dans ces conditions, les sels des métaux lourds donnent des arséniates tribasiques.
M. Debray est parvenu à reproduire artificiellement, à l’état cristallisé, un certain nombre d’arséniates naturels, tels que Volivénite et Vhaidingérite, en chauffant avec de l’eau les précipités amorphes obtenus par double décomposition.
Les pyroarséniates se préparent en calcinant les arséniates bibasiques ou les arséniates tribasiques renfermant un équivalent d’ammoniaque, tels que l’arséniate ammoniaco-magnésien AsO“,2 MgO,AzH^.
Les métarséniates s’obtiennent par la calcination modérée des arséniates monobasiques.
Caractères. — Les arséniates donnent avec le sulfate de magnésie, additionne d’ammoniaque et de chlorhydrate d’ammoniaque, un précipité cristallin d’arséniate ammoniaco-magnésien.
L’azolate d’argent y produit un précipité rouge-brique tout à fait caractéristique, soluble dans les acides et dans l’ammoniaque.
Le sulfate de cuivre donne un précipité bleu-verdàtre.
Le molybdate d’ammoniaque y détermine, en présence d'un excès d’acide azotique, un précipité jaune, semblable au phosphomolybdate ; l’action de la chaleur favorise la formation de ce précipité.
L’acétate d’urane donne un précipité jaune, soluble dans l’acide acétique.
L’hydrogène sulfuré ne précipite pas les arséniates; les solutions, additionnées d’un acide, donnent à la longue, sous l’action de la chaleur, un précipité jaune de trisulfure mêlé à du soufre.
Chauffés sur le charbon, dans la flamme réductrice, les arséniates se comportent comme les arsénites.