KH03 + 2H
Baryte.
BaH03 + 9H0
Strontium.
SrH03 + 9H0
Bioxyde de barium.
Ba03 + 7 HO
On connaît un certain nombre d’hydrates secondaires à l’état cristallisé. Tels sont l’hydrate de potasse KIIO® 4 HO ; celui de soude, NalW + 3 HO ; ceux de baryte BaHO^ 9 HO ; de bioxyde de baryum BaO-, 7 HO.
Il résulte d’un ensemble de considérations, résumées par M. Berthelet, que les liqueurs alcalines contiennent divers hydrates définis (1).
Ainsi, d’après M. Wüllner, la diminution de la tension de vapeur émise par une dissolution saline est proportionnelle à la quantité de sel dissous ; pour que cette règle puisse devenir applicable aux dissolutions de potasse, il faut admettre qu’elles renferment l’hydrate KHO- -f- HO ; l’étude des tensions des dissolutions d’hydrate de soude conduit de même à admettre l’existence de l’hydrate NalIO^ + 3 HO.
(1) Mécanique chimique, t. II, p. 169.
m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQCE.
L’étude thermique de ces dissolutions indique, d’après M. Berthelet, l’existence et la formation de plusieurs hydrates successifs. Les phénomènes de précipitation d’une solution saturée de chlorure de potassium par une dissolution concentrée de potasse, conduisent aux mêmes résultats; la précipitation cesse dès que la potasse contient plus de 6H-0* par équivalent d’alcali. Le chlorure de sodium est précipité de même par les dissolutions de soude contenant moins de 4 par équivalent d’alcali.
L’oxyde d’argent au contact d’une dissolution étendue de chlorure de potassium donne du chlorure de potassium ; si, au contraire, on chauffe du chlorure d’argent avec une solution très concentrée de potasse, il se transforme en oxyde. M. Berthelot attribue ce renversement des réactions à « l’excès d’énergie que le corps anhydre possède par rapport à son hydrate ».
La transformation de l’oxyde d’argent en chlorure dégage en effet-f et la dilution des solutions de potasse n’en dégage que -f 2,4. Pour que la réaction soit possible, il faut admettre que les liqueurs contiennent un hydrate moins avancé que celui qui correspondrait à la combinaison totale de l’eau et de l’alcali en présence.
Le changement du composé KHO® en KHO®-)-2H^O® dégage en effet -f- 9^31,6 ; il peut, par suite, fournir par son hydratation l’énergie nécessaire à l’accomplissement du phénomène. Les liqueurs renfermant KHO^ -|- 2 H-0^ marquent la limite d’équilibre qui sépare les deux réactions inverses.
On peut expliquer, par des considérations du même ordre, les réactions qu’on observe dans la préparation des 'alcalis caustiques. Les carbonates alcalins en dissolution étendue sont en effet décomposés par l’hydrate de chaux, tandis que les lessives caustiques concentrées agissent en sens inverse sur le carbonate de chaux.
Les travaux de Graham sur l’acide phosphorique ayant mis en évidence l’influence de l’eau combinée sur sa capacité de saturation, M. Fremy a recherché si quelques hydrates métalliques, solubles dans les alcalis, ne doivent pas leurs propriétés acides à l’eau qu’ils retiennent.
L’éminent chimiste a constaté que l’hydrate d’oxyde de cuivre CuO,2 HO est complètement soluble dans la potasse et la soude en solution concentrée, ainsi que Proust l’avait déjà observé. Mais, si l’on porte ces dissolutions à l’ébullition, l’hydrate cuivrique se déshydrate et se précipite ; la séparation de l’eau chimiquement combinée lui fait perdre en même temps son acidité, et la solubilité dans les alcalis qui en est la conséquence.
Le sesquioxyde de chrome présente les mêmes phénomènes avec plus de netteté. L’hydrate, obtenu par précipitation à l’aide de la potasse et séché dans un courant d’air, a pour composition Gr^O^QHO; il est entièrement soluble dans les alcalis. Cette dissolution, maintenue pendant quelques instants à l’ébullition, laisse déposer un hydrate vert de sesquioxyde de chrome correspondant à la formule Cr-0®,7H0. « On voit donc que l’élimination d’un seul équivalent d’eau a suffi pour modifier complètement les propriétés de l’hydrate de sesquioxyde de chrome et le rendre insoluble dans les alcalis. »
Des phénomènes analogues ont été observés par M. Fremy, avec les disse-
lutions de protoxyde d’étain dans la soude et dans la potasse. D’après M. Ditte, l’oxyde anhydre cristallisé se dépose même à froid, avec une rapidité d’autant plus grande que la solution alcaline est plus concentrée. On peut encore citer l’insolubilité des oxydes anhydres d’antimoine, de zinc, de plomh, dans les lessives alcalines, caractère qui forme un contraste frappant avec l’extrême solubilité de leurs hydrates.
Enfin, l’eau de combinaison paraît influer sur les propriétés des hydrates basiques. M. Fremy rappelle, à ce sujet, la différence bien connue entre l’bydrate de sous-oxyde de cuivre et la base anhydre. L’hydrate jaune, obtenu en décomposant le protochlorure par un carbonate alcalin, est soluble dans les acides en donnant des sels cuivreux; mais il se déshydrate bientôt au sein de l’eau en prenant une teinte rougeâtre, et, après avoir subi cette modification, il se dédouble sous l’action des acides en donnant un sel cuivrique et un dépôt de cuivre métallique.