CHLORURES
§ •1“''. — ISOMÉRIE. PROPRIÉTÉS PHYSIQUES.
homérie. — Il résulte des expériences de MM. Sainte-Claire Deville et Troost que le poids moléculaire du chlorure d’aluminium, calculé d’après sa densité de vapeur à 350 et à 440 degrés, correspond à APCU; la densité du chlorure ferrique, à 440 degrés, conduit de même à lui assigner la formule Fe*Cl“. Il était à présumer qu’une température plus élevée amènerait le dédoublement de ces vapeurs en Fe®CUet AFCF; mais, d’après V. etC. Meyer, on obtient des nombres très voisins de ceux de MM. Deville et Troost en déterminant les densités de ces chlorures, àdestempératuresde619degréspourlechlorureferrique, etde697 degrés pour le chlorure d’aluminium. Ces températures marquent une limite supérieure qu’il est impossible de dépasser sans décomposer les vapeurs en mettant du chlore en liberté. Les mêmes expérimentateurs ont déterminé la densité de la vapeur du chlorure cuivreux à 1560 degrés; elle correspond à 2(Cu®Cl); la formule du chlorure de zinc, déduit de sa densité de vapeur à 900 degrés, est, de même, Zn^CP.
Il n’est pas impossible cependant, comme l’a fait observer M. Filtig, que ces chlorures chauffés à une température suffisante, en présence des produits de leur décomposition, de manière à retarder leur dissociation, puissent se scinder en molécules plus simples. MM. Meyer et Zublin ont réussi à montrer qu’il en est ainsi pour le chlorure stanneux. Les déterminations de sa densité de vapeur, à 619 et 697 degrés, avaient d’abord conduit C. et V. Meyer à adopter la formule moléculaire SiPCP. Mais, M. Carnelley ayant objecté que ces températures étaient trop voisines du point d’ébullition de ce composé (617-618 degrés), MM. Meyer et Zublin ont repris l’étude de ce composé. Ils ont pu chauffer le chlorure stanieux à 680 et à 970 degrés, sans mettre de chlore en liberté; la densité de vapeur du chlorure à ces températures concorde avec la formule Sn®CF. Il a donc suffi d’un écart de 200 degrés pour dédoubler la molécule; sous l’action de la chaleur, elle subit une dépolymérisation comparable à celle de la vapeur de soufre.
MM. Nilson et Peterson viennent d’observer une anomalie toute pareille dans
la densité de vapeur du chlorure de glucinium. Voici les nombres trouvés par eux en opérant à diverses températures :
Température
ilu llierraoinctre Densité
La densité de vapeur entre 686 et 812 degrés conduit à adopter la formule G1CF(G1=;9,1). Aux températures inférieures, la vapeur contient des agrégats moléculaires plus condensés; la densité observée à 520 degrés semble indiquer l’existence de la molécule :
GICF = G1C12 + GPCIA
L’étude des chaleurs de dissolution conduit à admettre que certains chlorures peuvent présenter à l’état solide des modifications isomériques. Ainsi Person a trouvé, pour le chlorure de sodium, une différence de 0'^®',09 entre le sel obtenu par cristallisation et le sel fondu. D’après M. Berthelot, le chlorure de mercure fondu, puis dissous, quelques minutes après sa solidification, dans 40 parties d’eau, absorbe — ICai,!; le même chlorure, cristallisé depuis longtemps et pulvérisé, absorbe —(1). Si l’on compare entre elles les diverses variétés de chlorure d’argent amorphe et cristallisé, on voit qu’elles se transforment les unes dans les autres sans phénomène thermique nolable. Le passage de l’état amorphe à l’état cristallisé correspond donc à un travail moléculaire négligeable, ainsi qu’on l’observe dans le passage du soufre amorphe au soufre octaédrique, et dans la transformation des corps organiques en isomères de même fonction chimique. Voici les résultats obtenus par M. Berthelet en dissolvant, dans le cyanure de potassium, le chlorure d’argent sous ses divers états ;
AgCl précipité et redissous aussitôt dans 3 KCy (1 éq. = 2 lit.). Cal.
à 11 degrés. -1-19,0
AgCl lavé, après quarante-huit heures de repos. -j- 18,8
AgCl précipité, redissous aussitôt dans 4KCy (1 éq. =2 lit.).. -f 20,3
AgCl séché à 200 degrés. -f 20,9
AgCl cristallisé (Debray) ancien. -|- 20,6
AgCl cristallisé, autre préparation ancienne. -)- 20,3
AgCl cristallisé récent. 20,5
(1) Ann. de chim. et dephys., 5* sér., t. XXIX, p. 216.
La formation, depuis les éléments, du chlorure d’argent amorphe ou cristallisé ^dégage -[-29Cai,2.
Propriétés physiques. — Les chlorures sont d’ordinaire solides à la température ordinaire. Ils sont fusibles à une température peu élevée. Le chlorure d’étain SnCP est liquide. Ils sont presque tous volatils, et quand un métal forme plusieurs chlorures, c’est le composé le plus chloruré qui se sublime le plus aisément; ainsi le sesquichlorure de fer est plus volatil que le prolochlorure.
Les chlorures présentent des colorations diverses; la couleur des chlorures hydratés diffère souvent de celle des chlorures anhydres. On peut citer, comme exemples, le chlorure de nickel, vert quand il est hydraté, jaune quand il est anhydre, et le chlorure de cohalt, qui est rouge-groseille quand il renferme de l’eau de cristallisation, et devient bleu quand on le dessèche; cette curieuse propriété a reçu une application intéressante dans les encres de sympathie.
Les chlorures métalliques sont solubles dans l’eau, à l’exception du chlorure d’argent et des sous-chlorures de cuivre et d’argent. Le chlorure de plomb est peu soluble. L’addition d’acide chlorhydrique concentré précipite les dissolutions des chlorures alcalins. M. Berthelet a trouvé que la composition limite d’une dissolution d’acide chlorhydrique, capable de précipiter une solution saturée à froid de chlorure de potassium, répond à peu près à :
HCl -1- 7,5H302.
L’acide concentré enlève donc au sel la quantité d’eau nécessaire à la formation d’un hydrate stable; la quantité de sel précipité est proportionnelle à l’eau qui lui est enlevée par l’hydracide. Avec le chlorure de sodium, la limite répond à HGl-fôH^O'^; avec le chlorhydrate d’ammoniaque à HCl-|-5H-0^ ; avec le chlorure de baryum à HGl-t-OH^O’^ (1).
Chaleurs spécifiques. — Le tableau suivant contient les données expérimentales relatives aux chaleurs spécifiques des chlorures métalliques. On y trouvera, dans une colonne séparée, l’excès du nombre trouvé par expérience sur la chaleur spécifique du métal. La moyenne du nombre ainsi calculé se rapproche beaucoup de 6,4; en d’autres termes, la chaleur spécifique du chlore combiné est d’accord avec la loi de Dulong et Petit (1).
(1) Ann. de chim. et de phijs., 5' si-r., t. tV, p. 4-92 et 466.
(2) Mécanique chimique, t. I, p. -482.