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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES SELS SOLIDES

Couleur, etc. — La couleur des sels est très variée. Elle peut différer pour le même sel, suivant qu’il est anhydre ou hydraté. Ainsi le sulfate de cuivre est bleu; quand on le prive d’eau par dessiccation, il devient blanc. Les sels de nickel et de cobalt présentent des phénomènes du même ordre.

D’après une observation d’Ampère, les sels des métaux fusibles sont généralement incolores, tandis que les sels des métaux peu fusibles, à partir du cuivre et de l’or, sont colorés.

Nous n’insisterons pas ici sur les différences de coloration des sels des principaux métaux. Ces caractères se trouvent décrits dans tous les traités élémentaires. Pour les mêmes raisons, nous passerons sous silence les autres propriétés physiques, saveur, dureté, densité, pour ne parler que des chaleurs spécifiques, puis nous aborderons l’étude des hydrates salins qui présente quelques particularités intéressantes.

Chaleurs spécifiques. — Régnault, en déterminant les chaleurs spécifiques d’un grand nombre de composés, a confirmé la loi suivante, formulée d’abord par Neumann : « Dans les corps composés de même composition atomique et de constitution chimique semblable, les chaleurs spécifiques sont en raison inverse des poids atomiques. » En d’autres termes, la chaleur spécifique des composés isomorphes, ou de constitution chimique analogue, est un nombre constant.

Ainsi, les chaleurs moléculaires des composés binaires et des sels peuvent être représentées approximativement par les nombres suivants, qui expriment les moyennes des déterminations expérimentales :

Oxydes . 11

Oxydes R®0*. 13

Sulfures. 12

Chlorures, bromures, iodures, RCl, RBr, RI. 13

Chlorures, iodures, R^Cl^, R^P. 19

Azotates RAzO®. 2i

Carbonates rhomboédriques IPC^O®. 22

Carbonates alcalins IPC'^0®. 29

Sulfates alcalins terreux et magnésiens R®S^O®. 26,5 Sulfates alcalins... 33

Person a signalé plus tard une autre relation du même ordre : Les chaleurs équivalentes des sels doubles et des hydrates sont sensiblement égales à la somme des chaleurs équivalentes de leurs composants, sel anhydre et eau solide.

Wœstyn, s’appuyant sur les expériences de Régnault sur les alliages, admit que la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température du poids équivalent d’un corps composé, est égale à la somme des quantités de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température des éléments que renferme la molécule. R a comparé les nombres calculés d’après cette hypothèse avec les valeurs fournies par l’expérience. L’accord est satisfaisant pour les sulfures et les iodures.

Hermann Kopp, en cherchant à vérifier la règle de Wœstyn dans le cas des composés binaires qui renferment un élément gazeux, tels que les chlorures et les oxydes, a trouvé que, sauf pour les chlorures, il y a un écart considérable entre les nombres expérimentaux et les résultats du calcul. Pour que la relation de Wœstyn subsiste, il faut admettre que certains éléments tels que le fluor, l’hydrogène et l’oxygène, possèdent, à l’état solide, une chaleur spécifique équivalente beaucoup plus faible que les corps simples de la même famille.

IL Kopp a cherché à évaluer cette grandeur d’après les chaleurs spécifiques des composés binaires qui renferment ces éléments gazeux ; il a admis que l’excès du nombre ainsi déterminé sur la chaleur spécifique du métal correspond à la chaleur spécifique de l’élément à l’état solide. Il a obtenu de cette façon les nombres suivants, qui représentent les chaleurs spécifiques équivalentes des corps simples, mises en harmonie avec la loi de Wœstyn :

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