‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 1er cahierChapitre 72 sur 171 · pour II · texte numérisé non relu

pour II

2,0 pour 0.

1,0 pour C^.

M. Berthelot insiste sur l’écart considérable qui existe entre ces nombres et la demi-chaleur spécifique moléculaire des gaz simples à volume constant (2,4). Pour les éléments du groupe du potassium, la valeur des chaleurs spécifiques moléculaires à l’état solide est triple de celle qu’ils possèdent à l’état gazeux.

Hydrates. Eau de cristallisation. — On a vu plus haut que l’eau en s’unissant avec certains sels y joue le rôle de base. Mais généralement cette union de l’eau aux sels anhydres ne modifie pas leurs propriétés chimiques ; il arrive seulement que leur forme cristalline se trouve changée. Quelquefois aussi la couleur des hydrates diffère de celle des sels anhydres; il suffira de rappeler, à ce sujet, les phénomènes bien connus que présentent le sulfate de cuivre, le sulfate ferreux, le chlorure et l’azotate de cobalt, etc.

L’union de l’eau avec les sels a lieu en proportions définies. Un certain nombre de sels peuvent former avec l’eau un certain nombre d’hydrates qui cristallisent à des températures différentes, la formation des hydrates les plus avancés correspondant à la température la plus basse. Citons quelques exemples : le sulfate de manganèse se dépose au-dessous de 7 degrés en cristaux renfermant 7 équivalents d’eau, isomorphes avec les cristaux de sulfate ferreux. Aux températures comprises entre -j- 7 et -j- 20 degrés, ce sel cristallise en prismes tricliniques isomorphes avec ceux du sulfate de cuivre. Les prismes rhomboïdaux qui se déposent entre -f- 20 et-}- 30 degrés, ne contiennent plus que 4 équivalents d’eau de cristallisation.

Le sulfate de magnésie cristallise avec 7 équivalents d’eau à la température ordinaire, et avec 12 équivalents d’eau au-dessous de zéro.

Le sulfate de soude cristallise généralement en prismes rhomboïdaux obliques à 10 équivalents d’eau. Mais les dissolutions sursaturées, refroidies à -j- 7 degrés à l’abri de l’air, laissent déposer des cristaux à 7 équivalents d’eau. Enfin, le sel qui se précipite entre 33 et 100 degrés est anhydre.

Le chlorure de sodium cristallise d’ordinaire en cubes anhydres ; mais une solution saturée, refroidie à —10 degrés, laisse déposer un hydrate à 4 équivalents d’eau.

Efflorescence. — Un certain nombres d’hydrates perdent une partie ou la totalité de leur eau de cristallisation quand on les abandonne à l’air. Par suite de ce changement dans leurs propriétés, ils perdent leur forme cristalline, se désagrègent et tombent en poussière. On dit que le sel ainsi modifié est effleuri. Le sulfate de soude, le phosphate disodique présentent ce phénomène àeVefflorescence à un haut degré.

M. Debray a montré que l’efflorescence n’est qu’un « cas particulier du phénomène de la dissociation ». « Lorsqu’on mesure la tension de la vapeur d’eau émise par un sel hydraté dans un espace vide, on constate que cette tension varie avec la température, mais qu’elle est constante pour une température déterminée. Si, après avoir chauffé le sel, on le laisse revenir à une température inférieure, la tension de la vapeur diminue, parce que le sel effleuri absorbe rapidement une partie de l’eau dégagée, et reprend la valeur qu’elle avait acquise dans la période d’échauffement pour cette même température. Un sel

hydraté a donc pour chaque température une tension de dissociation qui est mesurée par la force élastique de la vapeur d’eau qu’il émet à cette température.

» On s’explique maintenant avec facilité la condition d’efflorescence ou d’hydratation d’un sel effleuri placé dans une atmosphère illimitée. La pression de l’air n’ayant pas d’influence sensible sur la tension des vapeurs qui s’y forment, un sel s’effleurit lorsque la tension de sa vapeur est supérieure à celle de la vapeur d’eau existant dans l’air à la température de l’expérience ; au contraire, un sel effleuri s’hydrate dans l’eau, si la force élastique de la vapeur contenue dans l’atmosphère est supérieure à celle qu’émet à la même température le sel effleuri.

» Les sels hydratés qui ne s’effleurissent point dans l’air, doivent donc cette propriété à cette circonstance que la tension de la vapeur qu’ils émettent aux températures ordinaires est toujours inférieure à celle que possède habituellement la vapeur d’eau contenue dans l’air.

» Si l’on chauffe un sel hydraté, du sulfate de soude ordinaire (NaO,SO^ -|lOHO), par exemple, à la température de 33 degrés à laquelle il fond, on observe qu’il n’y a point de changement dans la tension de la vapeur d’eau pendant toute la durée de la fusion ; il en est de même pour le carbonate de soude ordinaire (NaO,CO^ -f 10 HO) à la température de 34°,5 et l’hyposulfite de soude contenant 5 équivalents d’eau vers 48 degrés. La fusion de ces sels hydratés ressemble donc à celle de la glace, qui s’opère sans variation dans la tension de la vapeur d’eau. »

Le phénomène de l’efflorescence se distingue des phénomènes de dissociation proprement dits en ce qu’il dépend, dans une certaine mesure, de la proportion d’eau que renferme le sel. Ainsi, la tension de vapeur du phosphate de soude à 24 équivalents d’eau est constante, pour une température donnée, tant que la proportion d’eau du sel effleuri est supérieure à celle qui correspond à l’hydrate à 14 équivalents d’eau. A partir de ce moment, ce nouvel hydrate se dissocie avec une tension plus faible. Il semble donc, ainsi que le fait observer M. Debray, « se comporter, dans la première phase de sa décomposition, comme une combinaison d’eau et de phosphate à 14 équivalents d’eau d’hydratation ».

Un certain nombre de sels tels que le carbonate de potasse, le chlorure de calcium, les hydrates alcalins, etc., absorbent l’humidité de l’atmosphère et finissent par se liquéfier; on les désigne sous le nom de sels déliquescents. En réalité, tous les sels deviennent efflorescents quand on les maintient à une température suffisamment basse, dans une atmosphère privée de vapeur d’eau. Il suffit de citer, à cet égard, l’exemple de l’hydrate de chlorure de sodium NaGl,4H0 qui est déliquescent aux environs de zéro, tandis qu’il s’effleurit quand on l’expose à l’air, à une température inférieure à — 10 degrés.

Page 1