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LE BROME, L’IODE ET LE FLUOR

CHLORURES DE SODIUM

SOUS-CHLORURE DE SODIUM

Na 2 Cl.

Henri Rose a signalé la formation d’un sous-chlorure d’un gris bleu, quand on fond un mélange de sodium et de chlorure de sodium dans un courant d’hydrogène. La masse ainsi obtenue décompose l’eau en donnant de l’hydrogène, du chlorure de sodium et de la soude caustique.

Le sel gemme de Stassfurt doit probablement sa couleur bleue à la présence d’une petite quantité de sous-chlorure (W. Johnson).

CHLORURE DE SODIUM

NaCI.

Propriétés. —Ce composé est généralement désigné sous les divers noms de sel marin, sel gemme, sel commun, sel de cuisine, muriate de soude.

Il cristallise dans le système cubique, quelquefois en octaèdres, mais le plus souvent en cubes qui s’accolent fréquemment entre eux en forme de trémies. D’après Mohr, les cubes qui se forment à la surface des solutions soumises à l’évaporation sont généralement opalescents; maison peut obtenir des cristaux vitreux et d’une limpidité parfaite, par le procédé suivant: On abandonne à l’évaporation spontanée, dans un vase ouvert, une dissolution saturée de sel marin, de façon à en déterminer la sursaturation ; dès que les premiers cristaux apparaissent, on couvre le vase, et on voit bientôt se former au fond un dépôt de cristaux transparents.

La dureté du chlorure de sodium est de 2. Sa densité est de 2,16 à 0° (Quincke), de 2,157 à 3°,9 (H. Schrôdcr), de 2,204 (Ch. Deville), de 2,162 à 16 degrés (Stolba). La densité du sel fondu, puis soumis à un refroidissement rapide, est 2,125 ; elle atteint 2,150 quand on l’a refroidi lentement (Stas). Le poids spécifique du sel à son point de fusion est 1,612 (Quincke). La densité du sel gemme est 2,135 (Hunt), 2,195 à 4 degrés (Cli. Deville). De nombreux expérimentateurs ont trouvé d’autres nombres compris entre les limites extrêmes: 2,145 et 2,24.

Le chlorure de sodium est diathermane à un très haut degré. Il décrépite

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quand on le chauffe, phénomène qui est dû à l’évaporation brusque de l’eau d’interposition. Il fond au rouge et possède déjà à cette température une tension de vapeur notable; aussi, d’après Stas, est il impossible de le fondre sans lui faire perdre de son poids.

Le sel marin impur, soumis à la fusion, puis refroidi, se prend en une masse cristalline..Quand il est pur, la surface du culot fondu est entièrement lisse, et présente un grand éclat; si on opère sur de grandes masses, la cassure ellemême n’est plus lamelleuse (Karsten).

Le chlorure de sodium possède une saveur franchement salée. A l’état de pureté, il n’est que faiblement hygroscopique, d’après Stas. Il n’absorbe à l’air humide que 0,5 à 0,6 pour 100 de son poids d’eau, qu’il perd ensuite quand on l’abandonne dans une atmosphère desséchée. Quand il a été fondu il ne change pas de poids à l’air humide (Karsten).

Gay-Lussac est le premier observateur qui ait cherché à déterminer rigoureusement la solulibité du chlorure de sodium dans l’eau, aux diverses températures. Il a trouvé les nombres suivants :

Chlorure dissous

Température. dans 100 parties d’eau,

La ligne de solubilité de ce chlorure, construite d’après ces nombres, n’est pas une ligne droite. Gay-Lussac a trouvé à zéro une solubilité un peu plus forte qu’à 13°,89.

Fuchs a prétendu au contraire que le chlorure de sodium est également soluble dans l’eau froide et dans l’eau chaude, et il affirme que 100 parties d’eau en dissolvent 37 parties. D’après lui, l’erreur de Gay-Lussac proviendrait de ce qu'il a opéré sur du chlorure de sodium mêlé d’un peu de chlorure de magnésium. Ces assertions sont contredites par Poggiale, qui a obtenu des nombres se rapprochant de.ceux qu’a indiqués Gay-Lussac.

Depuis, l’étude de cette question a été reprise par un grand nombre d’expérimentateurs :

Unger a trouvé que 1 partie de sel se dissout dans 2 parties d’eau à —|— 1 degré et dans 2,56 parties d’eau bouillante. D’après Kopp, il est soluble à 25 degrés dans 2,8 parties d’eau, et dans 2,738 à 18»,75 d’après Karsten. Ce savant représente la solubilité du sel marin par la formule suivante:

Récemment, M. Etard a proposé de substituer aux courbes de Gay-Lussac, représentant la quantité de sel qui peut se dissoudre dans 100 parties d’eau, d’autres courbes de solubilité exprimant la quantité de sel anhydre contenue dans 100 parties en poids de la solution. D’après ses expériences, la quantité

SODIUM

de chlorure anhydre contenue dans 100 parties de solution aux diverses températures est donnée par la formule

si 26,4 est la quantité de sel anhydre dissous à zéro. En prenant la solubilité à 120, 140, 160 degrés, laformule continue à s’appliquer ; la solubilité est toujours de 0,0248 pour 100 par chaque degré de température. Au-dessous de 0 la droite de solubilité s’altère, comme l’avait déjà constaté Gay-Lussac, et en prenant les solubilitésà—5, —10, —15, —22 degrés, on constate qu’elles diminuent plus rapidement que ne l’indique la formule ci-dessus. Puis, à—21 degrés, on ne trouve que 28,5 pour 100 de sel dissous au lieu de 26 pour 100. Il est à remarquer que cette perturbation dans la solubilité du sel marin coïncide précisément avec l’existence de l’hydrate défini NaCl,4H0, qui subsiste dans tout l’intervalle de température correspondant à la déformation de la ligne de solubilité.

Enfin, M. de Coppet a publié en 1883 les résultats d’expériences d’une grande précision relatives à la solubilité des chlorures, bromures et iodures alcalins. Gomme Gay-Lussac, il définit la solubilité de ces sels d’après la quantité qui peut s’en dissoudre dans 100 parties d’eau. Il a trouvé que la solubilité du chlorure de sodium est représentée par une ligne droite. Nous donnons ci-dessous le tableau dressé par ce savant, dont les observations confirment les nombres de Gay-Lussac, de Mulder, de Nordenskiold, de Paye et Keightley et de Schiff. Au-dessous de 20 degrés, les observations sont trop peu concordantes pour qu’il soit possible d’en déduire une table de solubilité. A partir de 20 degrés, les nombres théoriques ont été calculés à l’aide de laformule d’interpolation :

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUI

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