‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 2)Chapitre 3 sur 99 · ÉTAT NATUREL · texte numérisé non relu

ÉTAT NATUREL

Les composés du sodium sont très répandus dans la nature. Citons en première ligne le chlorure de sodium qui existe en dissolution dans l’eau de la mer, et à l’état solide sous forme de bancs de sel gemme d’une épaisseur considérable. Puis, viennent, par ordre d’importance : l’azotate de soude, dont les gisements se rencontrent surtout au Chili et au Pérou ; le carbonate, qui sous le nom de natron, trôna ou urao, se dépose spontanément par l’évaporation des eaux de certains lacs d’Égypte, de Perse, du Thibet, dej’lnde et du Fezzan ; le sulfate qu’on trouve à l’état anhydre ( thênardite ) et en dissolution dans un grand nombre d’eaux minérales et dans les eaux de la mer ; le borate qu’on rencontre dans un grand nombre de lacs et d’eaux salines; enfin, le fluorure associé au fluorure d’aluminium qui forme les amas de cryolithe du Groenland.

On a décrit en outre une foule d’espèces minérales moins importantes. Telles sont : la gaylussite (carbonate double de soude et de chaux), la boronatrocalcite et la cryptomorphite (borates doubles de soude et de chaux), la glaubé

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rite (sulfate double de soude et de chaux), la blœdite et la loeweite (sulfates doubles de soude et de magnésie), le phosphate ammoijiaco-sodique, etc.

La soude existe encore dans certains feldspaths tels que Yalbite, Voligoclase, ainsi que dans un grand nombre de silicates : la sodalite, la néphéline, la natrolithe, Yanalcime, le l'apis-lazuli, Yhaüyne. On en trouve de petites quantités dans la plupart des roches. Kuhlmann en a signalé la présence dans tous les calcaires, dans la dolomie, le talc, l’amiante, l’émeraude, l’hématite, etc. Stas l’a rencontré dans tous les marbres.

L’analyse spectrale a montré la diffusion du sodium dans l’air atmosphérique ; Kirchoff et Bunsen ont vu presque toujours apparaître les raies caractéristiques du métal dont les composés imprègnent les poussières charriées par l’atmosphère.

Les cendres de la plupart des plantes cultivées, riches en potasse, sont exemptes de soude. Alors même qu’elles végètent dans des terrains salés, à proximité de la mer, leur cendre ne renferme pas de soude. M. Péligot a démontré que le sel marin qu’on y a trouvé provient non du terrain, mais de l’air ambiant ; il se fixe à la surface de la plante, par suite d’un transport purement mécanique. On doit encore à ce savant une intéressante série d’expériences dans lesquelles des légumineuses étaient arrosées, pendant tout le temps nécessaire à, leur développement, avec de l’eau tenant en dissolution du sel marin ou de l’azotate de soude; les plantes étaient incinérées après la récolte; l’analyse de ces cendres montra qu’aucune d’elles ne renferme de la soude.

M. Péligot n’a pas trouvé de soude dans les cendres du blé, de l’avoine, de la pomme de terre, des bois de chêne et de charme, des feuilles de tabac, de mûrier, de pivoine, de ricin, dans la pariétaire, ni dans les feuilles et les racines du panais. Toutes ces plantes manifestent une sorte de puissance élective qui leur permet d’assimiler la potasse du sol à l’exclusion de la soude.

Il n’en est plus de même pour un certain nombre de plantes marines ou de végétaux qui croissent sur les bords de la mer. Ces plantes appartiennent presque toutes, comme le fait observer M. Péligot, à la famille des Atrivlieees ou des Clmopodées. Aussi, les salins de la betterave, qui fait partie de ce groupe, sont-ils riches en sel de soude.

Les fucus,bien qu’ils vivent au sein de l’eau de mer, dans un milieu très riche en soude, très pauvre en potasse, fournissent des cendres qui renferment plus de potasse que de soude, preuve manifeste de la préférence que les plantes accordent à la potasse. Il est même vraisemblable que la soude des cendres de varechs n’est pas localisée dans les organes mêmes de ces plantes, mais qu’elle provient de l’eau salée absorbée mécaniquement, et emmagasinée dans les canaux séreux de leurs tissus. L’observation suivante de Forchammer montre bien que ces végétaux n’absorbent pas indifféremment les sels contenus en dissolution dans l’eau de mer et que leur choix se porte surtout sur la potasse : le résidu de l’évaporation de l’eau de mer contient environ 5,3 de potasse contre 100 de soude, tandis que, dans les cendres de fucus, ces sels sont dans la proportion de 14,3 à 100.

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