‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 2)Chapitre 32 sur 99 · Ô6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

Ô6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

de AzH 3 qu’on peut mettre en évidence en chauffant la branche du tube qui renferme le sulfure de sodium ; on voit alors se former un sublimé de sulfure d’ammonium (Weyl).

Hydrates. 1° NaS,5 HO. — Ce corps est cristallisé en rhomboèdres aigus, incolores et transparents, présentant la forme d’aiguilles. Finger, qui l’a signalé pour la première fois, lui attribuait la formule NaS,6HO. Il est efflorescent et se dissout facilement dans l’eau. La chaleur de dissolution de 1 équivalent de sel dans 60 à 120 parties d’eau, vers 17 degrés, est égale à — 3 Cal ,3 (Sabatier). C’est un réfrigérant énergique ; la température de l’eau qui sert à le dissoudre peut s’abaisser de -(-22 degrés à— 6 degrés (Finger). Redissous dans l’alcool, cet hydrate donne des cristaux de sulfure à 9 équivalents d’eau.

2° NaS,9 HO. — Gros cristaux, transparents, incolores ou un peu rougeâtres, appartenant au système quadratique (Rammelsberg). Densité : 2,471 (Filhol). Saveur hépatique, puis alcaline et très amère. Ils présentent une réaction alcaline et rougissent le curcuma (Berzelius). La dissolution de 1 équivalent du sel dans 60 à 100 parties d’eau absorbe —8 CaI ,36 (Sabatier).

L’alcool les dissout moins que l’eau et précipite partiellement leur dissolution aqueuse concentrée (Berzelius).

Les cristaux de l’hydrate NaS,9 HO se ternissent à l’air sans tomber en déliquescence. Chauffés dans une cornue, ils perdent leur eau et se transforment en monosulfure anhydre. Leur poudre absorbe énergiquement l’acide carbonique ; quand on les a obtenus par évaporation de la liqueur que fournit le mélange calciné de sulfate et de charbon repris par l’eau, ils renferment un polysulfure sur lequel l’acide carbonique est sans action (Stromeyer).

La dissolution de monosulfure abandonnée dans une atmosphère d’oxygène pur s’altère rapidement sans se colorer et se transforme en hyposulfite de soude et soude caustique d’après l’équation :

2 NaS + O* + HO = NaHO* + NaO ,S 2 0 2 .

A l’air, il se forme du carbonate de potasse et de l’hyposulfite. L’acide carbonique peut même former du carbonate aux dépens du sulfure et avec dégagement d’hydrogène sulfuré :

NaS + CO 2 + HO = NaO, CO 2 + HS.

A l’ébullition, les solutions de sulfure de sodium donnent un dégagement continu d’hydrogène sulfuré ; la présence d’un excès d’alcali ne s’oppose pas à ce phénomène, qui démontre nettement la dissociation du monosulfure par l’eau en sulfhydrate et alcali libre. Les expériences de M. Thomsen ont donné la raison de ce fait ; il a montré que les deux réactions

NaO très dilué + 2 HS=NaS,HS très dilué,

2 NaO très dilué + 2HS=2NaS très dilué,

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dégagent sensiblement la même quantité de chaleur ; ce qui indique que le sulfure neutre n’existe pas dans les liqueurs diluées qui ne renferment que NaS.HS et NaHO 2 .

Dans les liqueurs concentrées, M. Sabatier a trouvé que la réaction de l’alcali sur le sulfhydrate de sulfure donne lieu à une quantité de chaleur sensible qui diminue rapidement à mesure que la proportion d’eau augmente jusqu’à devenir nulle :

Concentration de NaHO*.

+ 9IF0 2 . +0Cal,30

+ 15. -j-0Cal ; 00

+ 20. + 0Cal,00

très dilué. + OC* 1 ,00

On voit, par suite, que dans les liqueurs concentrées, il y a formation d’une certaine dose de sulfure neutre qui paraît correspondre aux salicylates bibasiques et aux alcoolates alcalins, d’après un rapprochement ingénieux de M. Berthelot. Il en résulte qu’on doit envisager l’acide sulfhydrique comme un acide bibasique à fonction mixte analogue aux acides alcools.

Les acides décomposent les solutions de monosulfure en dégageant de l’hydrogène sulfuré :

NaS + SHO* = KSO* + HS.

Le plus souvent la liqueur se trouble par suite de la formation d’un dépôt de soufre, dû à la petite quantité de polysulfure contenu d’ordinaire dans la solution. On peut faire disparaître celte impureté en agitant la liqueur avec des lames de cuivre ou d’argent.

La dissolution de monosulfure n’est décomposée par la chaux à aucune température et à aucun degré de concentration (Kolb). Le carbonate d’ammoniaque la décompose en donnant du carbonate de soude et du sulfhydrate d’ammoniaque. L’addition de bicarbonate de soude en dégage de l’hydrogène sulfuré (Stromeyer). L’alumine donne lieu à une réaction du même ordre et elle s’y dissout à l’état d’aluminate de soude (Wagner). L’oxydule de cuivre la transforme en une lessive de soude, en s’emparant du soufre ; avec le protoxyde de cuivre il y a en outre formation d’hyposulfite ; l’oxyde de fer hydraté exerce une action pareille (Abich, Otto).

Préparation. — Sel anhydre. — On l’obtient par divers procédés fondés soit sur l’emploi de la voie sèche, soit sur la calcination des hydrates précités :

1° Berthier le prépare en chauffant au rouge un mélange de 100 parties de sulfate de soude desséché et de 20 parties de charbon. On obtient ainsi une masse d’une couleur rouge-viande et qui renferme un excès de charbon. Pour la purifier, on la redissout dans l’eau, et l’on évapore de façon à obtenir les cristaux à 9 équivalents d’eau qu’on calcine ensuite avec précaution à l’abri de l’air. Priwoznick recommande de faire bouillir la dissolution avec du cuivre

pour détruire les polysulfures, et de dessécHer l’hydrate dans un courant d’hydrogène. W. Gibbs purifie les cristaux en les faisant dissoudre dans l’alcool à 90 degrés centésimaux.

2° On fait passer un courant d’hydrogène sulfuré sur de la soude caustique grossièrement concassée. Le sulfure couleur de chair se forme ainsi avec un dégagement de chaleur assez considérable pour élever la température de la masse de plus de 100 degrés. L’eau d’hydratation de la soude se sépare et distille d’elle-même sans qu’il soit nécessaire de chauffer (Kircher).

3° On l’obtient encore en calcinant le sulfate de soude dans un courant de. gaz hydrogène tant qu’il se forme de l’eau ; mais, dans ce cas, le sulfure est souillé par les éléments du verre qu’il corrode fortement pendant la calcination (Berzelius).

Hydrates. — 1° L’hydrate NaS-J-5 HO se dépose en aiguilles transparentes quand on fait passer un courant de HS dans une dissolution concentrée de soude caustique, d’une densité de 1,37. Mais ces aiguilles se transforment rapidement en octaèdres de l’hydrate NaS,9 HO. Pour obtenir un produit stable, il faut abandonner longtemps au repos les eaux mères qui ont déjà déposé l’hydrate à 9 équivalents d’eau ; les prismes allongés qui se forment à la longue peuvent être isolés et consèrvés à l’abri de l’air.

Bœttger a obtenu l’hydrate à 5HO, en faisant cristalliser, par refroidissement, une dissolution alcoolique de monosulfure.

2° La méthode la plus simple pour préparer une dissolution de monosulfure de sodium, consiste àpartager une lessive desoude caustique enjdeux|portions égales. On sature complètement la première portion par un courant d’hydrogène sulfuré, et l’on chasse ensuite l’excès de HS, en chauffant la liqueur dans une cornue où l’on fait passer un courant d’hydrogène. On obtient ainsi une dissolution de sulfhydrate de sulfure qu’on ramène à l’état de monosulfure eny mêlant la seconde portion desoude caustique:

NaS,HS + NaHO 2 = 2 NaS' -f H 2 0 2 .

Cette liqueur convenablement concentrée donne de gros prismes quadratiques de l’hydrate NaS,9 HO.

3° Rappelons enfin que leproduit de la calcination du sulfate de soude et du charbon, repris par l’eau, donne une liqueur qui, filtrée et évaporée, abandonne des cristaux de cet hydrate.

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