SÉLÉNITE NEUTRE
NaOjSeOL
Le sel anhydre ne cristallise pas par le refroidissement des dissolutions saturées. On l’obtient sous forme de petits grains cristallins, en évaporant la disso-
lution vers 60 degrés (Nilson). Sa saveur ressemble à celle du borax. 11 est très soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool.
Les dissolutions sirupeuses de sélénite neutre abandonnent l’hydrate :
NaO,Se0 2 + 5 HO,
cristallisé en petites aiguilles ou en grands prismes quadrangulaires (Nilson).
BISÉLÉNITE DE SOUDE.
Na0,H0,2Se0 2 .
Ce sel est anhydre. Il cristallise en gros grains ou en prismes radiés, inaltérables à l’air. Sous l’action de la chaleur, il perd son eau, puis fond en un liquide jaune clair qui, par le refroidissement, devient blanc et cristallin et prend une structure rayonnée. Au rouge sombre, le second équivalent d’acide sélénieux se volatilise et le résidu a la composition du sélénite neutre (Berzelius).
Pour obtenir des cristaux de bisélénite, il faut évaporer ses dissolutions à consistance sirupeuse, puis les abandonner quelque temps dans un endroit frais.
SESQUISÉLÉNITE DE SOUDE.
2 NaO,3 SeO 2 .
Sacc a obtenu ce composé en sursaturant légèrement avec du carbonate de soude une dissolution concentrée d’acide sélénieux. La liqueur évaporée à consistance sirupeuse, puis exposée dans le vide, donne bientôt de magnifiques cristaux. Desséchés à 90 degrés, ils s’effleurissent légèrement et se teintent en rose.
TÉTRASÉLÉNITE DE SOUDE.
Na0,S0 2 ,3SeH0 3 = Na0,H0,2Se0 2 -f 2(H0,Se0 2 ).
Ce sel cristallise en aiguilles ou en grands prismes (Nilson). Il est insoluble à l’air et fond vers 100 degrés en perdant de l’eau. A une température plus élevée, une partie de l’acide sélénieux se volatilise.
On 1 obtient en dissolvant le bisélénite dans l’acide sélénieux aqueux et abandonnant la liqueur à l’évaporation spontanée.
SÉLÉNIATE DE SOUDE.
SÉLÉNIATE ANHYDRE.
NaO,Se0 3 .
Il cristallise en prismes rhombiques isomorphes avec ceux du sulfate de soude anhydre, et présentant comme celui-ci un maximum de solubilité vers 33 degrés.
On l’obtient cristallisé en évaporant sa dissolution à une température supérieure à 40 degrés.
SÉLÉNIATE HYDRATÉ.
NaO.SeO 3 + 10 HO.
Gros prismes transparents, appartenant au type clinorhombique, isomorphes avec les cristaux de sulfate de soude à 10H0. Leur densité est 1,584. Ils sont très solubles dans l’eau et donnent facilement des dissolutions sursaturées.
Ces cristaux se déposent quand on soumet à l’évaporation spontanée, ou à une température inférieure à 40 degrés, les dissolutions de séléniate de soude.
Quant au séléniate lui-même, on le prépare en faisant détoner un mélange de sélénium et de nitrate de soude, ou en neutralisant l’acide sélénique par une lessive de soude.
TELLURITES DE SOUDE.
On en a décrit quatre : le tellurite neutre, le bitellurite, le tétratellurite et le sulfotellurite.
TELLURITE NEUTRE.
Na0,Te0 2 .
On l’obtient anhydre et cristallisé en fondant un mélange à équivalents égaux d’acide tellureux et de carbonate de soude. Il se dissout lentement dans 1 eau froide, plus rapidement dans l’eau bouillante.
En mêlant celte dissolution avec de l’alcool, il se sépare au bout de plusieurs jours des cristaux volumineux d’un sel hydraté, qui s’effleurit en présence de l’acide sulfurique en formant une masse blanche et terreuse.
BITELLTJRITE ANHYDRE.
Na0,2Te0 2 .
On l’obtient par la voie sèche comme le sel neutre. Il est très fusible et cristallise par le refroidissement. Ses cristaux ne sont pas aussi réguliers que ceux du sel neutre. L’eau bouillante le décompose ; par refroidissement, il se sépare des cristaux de quadritellurite, tandis que le tellurite neutre reste dissous.
QUADRITELLURITE DE SOUDE.
Na0,H0,2Te0 2 + 2TeH0 3 + 2HO.
Écailles nacrées, affectant parfois l’apparence de tables à six pans. L’eau les décompose ; à froid, il se forme du tellurite neutre et de l’aeide tellureux. cristallisé; à chaud, le quadritellurite se dédouble en bitellurite dissous et en acide tellureux qui se dépose. Sous l’action de la chaleur, il se boursoufle encore plus que le borax et que le quadritellurite de potasse, puis fond en un verre limpide.
On obtient le quadritellurite de soude en faisant bouillir l’acide tellureux avec une dissolution de carbonate de soude, filtrant, et laissant refroidir. Il se forme encore quand on fait dissoudre le bitellurite dans l’eau bouillante; le quadritellurite cristallise par le refroidissement de la liqueur.
SULF OTELLURITE DE SOUDE.
3NaS,TeS 2 .
Ce sel est incristallisable. Il se sépare sous la forme d’une masse saline jaune que l’air décompose rapidement, quand on évapore une dissolution de tellurate de soude, préalablement sursaturée d’hydrogène sulfuré.
TELLURATES DE SOUDE.
Ces composés ont été étudiés par Berzelius. On connaît le tellurate neutre, h bitellurate et le quadritellurate.
TELLURATE NEUTRE.
Na0,Te0 3 .
On l’obtient à l’état anhydre en neutralisant l’acide tellurique par la soude caustique. L’acide se dissout d’abord ; mais en ajoutant un excès d’alcali et
SODIUM
chauffant doucement la liqueur, le tellurate neutre se sépare en grains cristallins ou sous forme de croûtes cristallines, presque insolubles dans l’eau.
En précipitant par l’alcool le sel neutre qui reste dissous dans l’eau mère on obtient des cristaux grenus de l’hydrate
NaO,Te0 3 + 2 HO.
Le sel hydraté est très soluble dans l’eau qui l’abandonne, par évaporation au bain-marie, sou s forme d’une masse gommeuse. Par la dessiccation celle-ci se transforme en une poudre de sel anhydre peu soluble.
Calciné au rouge, le tellurate neutre laisse une masse blanche qui ne se dissout ni dans l’eau froide ni dans l’eau chaude, mais qui est soluble dans l’acide nitrique. C’est une troisième modification du tellurate neutre.
BITELLURATE DE SOUDE.
Na0,H0,2Te0 3 + 3 HO.
C’est une poudre blanche, qui se dissout lentement, mais complètement dans l’eau. Cette dissolution, abandonnée à l’évaporation spontanée, se dessèche en une masse limpide, gommeuse et fendillée, qui devient opalescente à chaud et se détache des parois des vases. Quand on élève la température de façon à déshydrater complètement la masse, le bitellurate prend une couleur jaune citron et se transforme en quadritellurate et en tellurate neutre ; des lavages à l’eau froide permettent d’éliminer ce dernier, et d’isoler le quadritellurate hydraté sous sa modification insoluble.
On obtient le bitellurate de soude en faisant dissoudre à chaud l’acide tellurique dans une dissolution de carbonate de soude et sursaturant la liqueur par l’acide acétique. Il se forme un précipité de bitellurate qui se redissout presque aussitôt. On évapore la dissolution au bain-marie, de faço n à obtenir un résidu solide de bitellurate et d’acétate de soude ; on reprend le mélange par l’aleool à 85 degrés pour en extraire l’acétate.
On peut encore mêler 2 équivalents d’acide tellurique avec un peu plus de 1 équivalent de carbonate de soude. En évaporant la liqueur à une douce chaleur, il s’en sépare des gouttes limpides de bitellurate, qui se réunissent en une couche sirupeuse sous la liqueur alcaline.
QUADRITELLURATE DE SOUDE.
On connaît le sel anhydre ainsi que deux modifications de l’hydrate, l’une soluble et l’autre insoluble.
Le sel anhydre est insoluble dans l’eau, l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique, la potasse caustique. Il se forme quand on calcine le tellurate acide (voy. plus haut) ou quand on chauffe l’acide tellureux avec le chlorate de potasse ;
]e quadritellurate jaune reste comme résidu quand on reprend la masse par l’eau.
L’hydrate soluble est une masse claire, gommeuse, peu fendillée, qu’on o btient en dissolvant dans l’eau un mélange de 4 équivalents d’acide tellurique et de 1 équivalent de carbonate de soude, et abandonnant la liqueur à l’évaporation spontané. Sa composition est exprimée par la formule :
NaO,HO,2 TeO 3 + 2TeH0* + HO.
Sous l’action de la chaleur, la masse gommeuse de quadritellurate soluble devient opaque et d’un blanc de lait. Elle a subi alors un changement moléculaire, car l’eau froide ne la redissout que partiellement et avec lenteur, en laissant une poudre blanche qui se reproduit chaque fois qu’on dessèche de nouveau la dissolution au moyen de la chaleur.
Cette poudre blanche constitue la modification de l’hydrate insoluble dans l’eau bouillante. C’est un hydrate du quadritellurate de soude. Quand on le calcine, il perd son eau et se transforme en quadritellurate jaune et anhydre.
AZOTITE DE SOUDE.
NaO , Az0 3 .
Propriétés. — L’azotite de soude cristallise en magnifiques prismes rhomboïdaux par l’évaporation lente de sa dissolution aqueuse. Il est déliquescent et très soluble dans l’eau. Il est presque insoluble dans l’alcool à 94 degrés centésimaux, mais il se dissout assez bien dans l’alcool à 90 degrés. L’alcool absolu ne précipite pas ses dissolutions aqueuses.
Il présente une réaction alcaline. Ses dissolutions absorbent lentement l’oxygène de l’air. Les acides le décomposent de la même manière que l’azotite de potasse.
Les azotites doubles formés par l’union de l’azotite de soude avec les azotiles métalliques sont très instables. Il est, par suite, très difficile de les faire cristalliser (Lang).
M. Fremy n’a pu obtenir de sels sulfazotés de soude analogues aux sels correspondants de potasse. En mêlant des dissolutions de sulfite et d’azotite de soude, ou en faisant passer de l’acide sulfureux dans un azotite de soude alcalin, il ne se forme que des mélanges d’azotite et de sulfite de soude.
Préparation. — On prépare ce sel par plusieurs procédés :
1° La méthode la plus simple consiste à décomposer l’azotate de soude par la chaleur. On reprend la masse refroidie par l’eau, puis on neutralise exactement la dissolution avec de l’acide azotique, et l’on précipite la plus grande partie de l’azotate par une addition d’alcool. La dissolution alcoolique de l’azotite est évaporée à sec; on laisse le résidu tomber en déliquescence à l’air, on décante la partie liquide et on l’évapore dans le vide.
SODIUM
2° Hampe recommande de fondre 5 parties d’azotate de soude avec 6 parties de plomb. On dissout la masse refroidie dans l’eau, on précipite l’oxyde de plomb dissous dans la soude par un courant d’acide carbonique, puis on fait cristalliser. Les eaux mères sont évaporées à sec et l’on reprend le résidu par l’alcool absolu qui dissout le nitrite et l’abandonne par l’évaporation, sous forme d’une poudre blanche cristalline.
3° On peut encore recevoir les vapeurs d’acide hypoazotique dans une lessive de soude. Il se forme ainsi un mélange d’azotite et d’azotate qu’on sépare par l’alcool (Fritsche).
4° M. Etard opère la réduction de l’azotate de soude par le sulfite de soude. Le mélange des deux sels est fondu au rouge dans un creuset. La masse refroidie cède de l’azotite pur à l’alcool.
5° On peut encore décomposer l’azotite d’argent par le chlorure de sodium, l’azotite de baryte par le sulfate de soude, ou enfin l’azotite de plomb par le carbonate de soude.
AZOTATE DE SOUDE NaO.AzO 5 .
Propriétés. — L’azotate de soude forme plusieurs gisements dans l’Amérique du Sud et notamment au Pérou ; le plus important est celui de la province de Tarapaca.
Ce sel est anhydre. Il cristallise dans le système rhomboédrique avec un angle de 106°,30 (Brooke). Ces rhomboèdres sont très voisins de ceux du spath. De Sénarmont avait observé que le nitrate de soude cristallise sur le spath en arêtes s’orientant parallèlement entre elles. On en avait conclu que ces deux composés sont isomorphes. M. Friedel, s’inspirant des expériences de MM. Gernezet Lecoq de Boisbaudran, a pensé que, s’il y a réellement isomorphisme, le spath doit déterminer la cristallisation du nitrate de soude. Or, le contact d’une parcelle de spath ne fait jamais cesser la sursaturation des dissolutions d’azotate de soude, ce qui tend à prouver qu’il n’y a pas isomorphisme entre ces deux composés.
La densité de l’azotate de soude est 2,26 à zéro et 1,878 à son point de fusion (Quincke).
Ce sel est très hygrométrique et tombe en déliquescence dans l’air saturé d’humidité. Il est très soluble dans l’eau, comme l’indique la table suivante due à Mulder :
Températures. —6°
NaAzO 6 dissous dans 100 p. d’eau. 68,80
Températures . 60°
NaAzO 6 dissous dans 100 p. d’eau. 122
m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
Schiff a trouvé les relations suivantes entre la densité et la richesse des dissolutions en azotate de soude :
NaAzO 6 pour 100.. 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Densité. 1,033 1,068 1,103 1,142 1,182 1,224 1,268 1,315 1,366 1,418
Voici les points d’ébullition des dissolutions saturées et leur richesse correspondante, d’après divers savants :
Quantité de NaO.AzO'
Point d’ébullition. dissous dans 100 parties d'eau. Observateurs.
(Mulder).
(Marx).
,... (Maumené).
(Nordenskjôld).
(Legrand).
La dissolution de 75 parties de nitrate de soude dans 100 parties d’eau produit un abaissement de température qui atteint 18°,5, si la température initiale de l’eau était de 13°,2 (Rüdorff).
L’abaissement moléculaire du point de congélation des solutions d’azotate de soude n’est pas proportionnel au poids du sel dissous. Il varie de 0°,366 à 0°,308 par chaque gramme dissous dans 100 parties d’eau, suivant que la concentration varie de 6 à 50 parties d’azotate pour 100 d’eau (Rüdorff, De Coppet). A partir de M=50, l’abaissement moléculaire est à peu près constant, ce qui semble indiquer l’existence du sel anhydre dans les dissolutions concentrées convenablement refroidies (De Coppet).
L’azotate de soude est peu soluble dans l’acide azotique, et la présence de cet acide diminue considérablement sa solubilité dans l’eau ; d’après Schultz, 1 partie du sel se dissout à froid dans 66 parties d’acidefumant, dans 32 parties d’acide ordinaire à 26 degrés, et dans 4 parties du même acide à 123 degrés. Le tableau suivant indique les solubilités comparées de l’azotate de potasse et de l’azotate de soude dans l’acide nitrique.
Quantité d’acide nécessaire pour dissoudre 1 partie de sel :
Acide ordinaire Az0 5 .4HO.
Acide fumant -——■-
AzO'.HO. A 20°. A 123» •
KO.AzQ 5 . 1,4 3,8 1
NaO.AzO 5 . 66,0 32,0 4
100 parties d’alcool à 62 centièmes dissolvent 7,4 parties d’azotate de soude à 19 degrés ; 100 parties d’alcool à 93 centièmes n’en dissolvent plus que 0,93 parties à la même température (Wittstein).
La table suivante, dressée par Schiff, indique la solubilité de l’azotate de soude dans l’alcool de concentrations diverses :
Degré alcoolique. 10° 20° 30° 40° 60° 80°
NaO,Az0 5 dissous dans 100 parties d’alcool. 65,3 48,8 35,5 25,8 11,4 2,8-
SODIUM
M. Gérardin a comparé la solubilité dans l’alcool des azotates de potasse et de soude aux températures de 50 degrés et de 18 degrés, où leur solubilité dans l’eau est la même. Il a constaté que cette identité persiste quand on remplace l’eau par un mélange quelconque d’alcool et d’eau, pourvu que l’écart entre les températures des deux dissolutions demeure constant :
Densité de l’alcool.
Eau.
K0,Az0 5 dissous dans NaO.AzO 3 dissous dans 100 p. à 50». 100 p. a 18».
100 parties d’esprit de bois à 40 centièmes dissolvent 32,3 parties de nitrate de soude (Schiff).
La chaleur spécifique de l’azotate de soude solide rapportée à l’unité de poids est 0,256 (Kopp), 0,278 (Régnault) ; rapportée au poids équivalent, elle est égale à 21,8 ou 23,6.
M. Marignac a trouvé les nombres suivants pour les dissolutions aqueuses des concentrations diverses :