MÉTHODE INDIRECTE
On évapore à siccité la dissolution, à laquelle on a ajouté de l’acide sulfurique en quantité suffisante pour déplaceras acides azotique ou carbonique qui peuvent
être combinés aux alcalis, mais en évitant un trop grand excès. On conduit la calcination avec toutes les précautions indiquées à propos du dosage de la soude à l’état de sulfate. On obtient ainsi un poids P qui représente la somme des deux sulfates. On redissout ces sels dans l’eau et, après acidification par l’acide chlorhydrique, on précipite l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte qu’on pèse; on en déduit le poids P' de l’acide sulfurique combiné aux bases alcalines.
Soient x et y les poids inconnus de la potasse et de la soude, et s, s' les quantités d’acide sulfurique qui leur sont combinées. On a les équations suivantes :
æ+«/ + s + s' = Ps + s' = P'.
x KO^ s ~ SO 3 ’ y NaO s' ~ SO 3-
On en déduit :
Cette méthode ne donne que des résultats approximatifs. Il est, en effet, presque impossible d’obtenir des sulfates rigoureusement neutres. Si l’on désigne par a le petit excès d’acide qui reste combiné aux sulfates, on voit que les nombres P et P' seront tous deux trop forts, précisément de cette quantité a. Il en résulte que les nombres calculés à l’aide des formules précédentes seront, l’un pour la potasse, trop faible de 2,315, a; l’autre, pour la soude, trop fort de 2,315 a (1).
M. Rivot, dans son Traité de docimasie, fait à ce sujet les remarques suivantes :
« En opérant avec les plus grands soins, on ne peut pas, en général, répondre de la neutralité des sulfates, et de l’exactitude de leur pesée, à deux ou trois centigrammes près ; les erreurs commises dans les déterminations des alcalis par le calcul peuvent donc s’élever très aisément à 5 et même à 7 centigrammes, en plus ou en moins, sur l’une ou l’autre base suivant le signe de l’erreur faite dans la pesée des sulfates, et généralement en plus pour la soude, et en moins pour la potasse.
« La méthode que nous venons d’exposer conduirait donc à des résultats très incertains, si l’on cherchait à l’appliquer à des substances qui contiennent l’un des deux alcalis en proportion très faible ; elle ne peut donner quelque approximation que lorsque la potasse et la soude sont toutes les deux en quantité assez, grande. »
Pour remédier à ces causes d’erreur, on a proposé la modification suivante qui permet d’éviter les calculs :
Après avoir pesé les sulfates alcalins, on les redissout dans l’eau, on acidifie
(1) Rivot , Docimasie, t. II, p. 80.
SODIUM
par l’acide azotique et l’on précipite par l’azotate de baryte. Le poids de sulfate de baryte sert à calculer la quantité d’acide sulfurique combiné aux bases alcalines.
On ajoute à la liqueur filtrée un excès d’acide oxalique, on évapore à sec et l’on calcine de façon à transformer d’abord les azotates en oxalates, et ceux-ci en carbonates. Le résidu est repris par l’eau, qui dissout les carbonates alcalins. On traite la liqueur filtrée par l’acide chlorhydrique, et l’on précipite la potasse dans la liqueur acide à l’état de chloroplatinate qu’on pèse. On détermine ainsi directement le poids de la potasse ; la soude est évaluée par différence.
Malheureusement, la transformation des azotates en oxalates est souvent incomplète. D’autre part, il est difficile d’obtenir de l’acide oxalique pur, et le chloroplatinate de potasse n’est pas rigoureusement insoluble, de sorte que les résultats sont toujours trop faibles pour la potasse et que toutes les erreurs sont reportées sur la soude.