‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 3)Chapitre 30 sur 107 · KS 4- SOS,HO = KO,SOS + HS · texte numérisé non relu

KS 4- SOS,HO = KO,SOS + HS

Il est assez difficile d’obtenir une dissolution de monosulfure de potassium qui ne se trouble pas quand on la décompose par un acide; elle contient presque toujours des traces de polysulfure. On peut cependant détruire le polysulfure qui s’y trouve, en agitant la dissolution de monosulfure avec du cuivre ou de l’argent, qui s’emparent de l’excès de soufre et ramènent le polysulfure à l’état de monosulfure (Priwoznik).

M. Berlhelot a montré que la décomposition complète du sulfure par les acides forts est conforme aux prévisions déduites du principe du travail maximum.

Les acides faibles donnent lieu à des phénomènes de partage. La dissolution contient, en effet, de l’acide sulfhydrique libre, du sulfhydrate de sulfure et de l’alcali libre. L’acide antagoniste s’unit avec ce dernier. L’équilibre étant ainsi détruit, il se reforme une certaine quantité d’alcali. Si les composés et les composants restent en présence, on atteint bientôt une certaine limite. Mais en éliminant l’acide sulfhydrique à mesure qu’il est mis en liberté, la décomposition du sulfure peut devenir totale.

Le sulfure de potassium forme des précipités diversement colorés dans la plupart des dissolutions métalliques; aussi l’emploie-t-on fréquemment pour reconnaître et doser les métaux.

Le monosulfure de potassium dissout le fer métallique ou le peroxyde de fer, en prenant une couleur verte intense; cette coloration paraît due à la formation d’un composé particulier très soluble dans l’eau, qui se détruit promptement au contact de l’air. Le monosulfure de sodium se comporte de la même manière (Selmi).

Le monosulfure de potassium brûle dans la vapeur de chlorure de phosphore; il se forme du chlorure de potassium et du sulfure de phosphore. Le perchlorure de phosphore est également décomposé par le monosulfure de potassium. Il y a dégagement de chaleur et formation de chlorure de potassium, de sulfochlorure de phosphore et de persulfure de phosphore (Baudrimont).

Préparation. —On peut obtenir le sulfure de potassium par un grand nombre de procédés. Soit d’abord la voie sèche :

1“ On fait passer un courant d’hydrogène sur du sulfate de potasse chauffé au rouge. Le sulfure de potassium attaquant rapidement la porcelaine, il est toujours mélangé à des silicates, et l’on observe un dégagement notable d’hydrogène sulfuré pendant l’expérience (Berzelius). D’après Bauer, le produit, de couleur jaune, renferme des polysulfures.

2’ On réduit en vase clos le sulfate de potasse par le charbon. Berthier recommande d’employer un peu plus de 4 équivalents de charbon pour 1 équivalent de sulfate, ou d’opérer la réduction dans un creuset brasqué.

D’après Gay-Lussac, au rouge sombre la réduction est incomplète; un cinquième environ du sulfate reste indécomposé ; le produit, mêlé de polysulfure, constitue alors le pyrophore de Gay-Lussac.

Bauer, en chauffant au rouge blanc un mélange de 1 équivalent de sulfate et 5 équivalents de charbon, a obtenu un sulfure d’un rouge brun, qui contient des polysulfures. D’après Wittstock, en employant une quantité insuffisante de charbon, il ne se forme qu’un mélange de polysulfure et de carbonate de potasse. On peut encore réduire le sulfate de potasse au rouge par l’oxyde de carbone. Si l’on fait usage de bisulfate, il se dégage de l’acide carbonique mêlé d’acide sulfureux (Stammer).

3° M. Sabatier a obtenu un sulfure couleur de chair, en calcinant rapidement, dans un courant d’hydrogène, l’hydrate KS,2HO. Mais il se forme ainsi une grande quantité de silicates, dont le poids atteint le cinquième du poids total de la substance.

On prépare le sulfure de potassium par voie humide à l’aide du procédé suivant :

On divise en deux parties une solution de potasse caustique; en saturant l’une de ces parties par l’hydrogène sulfuré, on forme du sulfhydrale de sulfure de potassium :

KO -b 2HS = no + KS.IIS.

On ajoute alors l’autre partie à la première de manière à saturer complètement l’acide sulfhydrique :

KS,HS -1- KO= HO-f 2KS.

Par évaporation de la liqueur dans le vide on obtient des prismes de l’hydrate KS,5HO. On peut encore précipiter la liqueur concentrée par l’alcool absolu. L’hydrate se sépare sous forme d’une couche huileuse, soluble dans un excès d’alcool.

M. Vincent a indiqué le procédé suivant, applicable à la préparation industrielle du sulfocarbonate : On introduit progressivement dans une dissolution bouillante de sulfate de potasse une quantité équivalente de sulfure de baryum. Le sulfate de baryte se dépose par le repos et l’on sépare la dissolution de sulfure de potassium par décantation.

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